Imaginez un duel qui dure depuis plus de dix ans, où l’un des protagonistes prédit inlassablement la chute de l’autre, sans que celle-ci n’arrive jamais. C’est exactement ce qui se passe entre Peter Schiff, le fervent défenseur de l’or physique, et le Bitcoin. Une fois de plus, en ce début janvier 2026, l’économiste a remis une pièce dans la machine à critiques, affirmant que la première cryptomonnaie s’autodétruira bien avant 2035. Mais pourquoi cette obsession ? Et surtout, pourquoi ses prophéties apocalyptiques font-elles autant sourire la communauté crypto ?

Cet échange récent sur X (anciennement Twitter) a mis le feu aux poudres. Tout est parti d’un post provocateur de Fred Krueger, un investisseur pro-Bitcoin, qui a osé comparer l’ascension du BTC à une révolution monétaire comparable au « Crime de 1873 », lorsque l’or avait définitivement supplanté l’argent. Pour Krueger, l’histoire se répète : l’or sera la prochaine victime en 2035, suivi du dollar en 2045. Une vision optimiste qui n’a pas plu à Peter Schiff.

Peter Schiff contre-attaque : “Le Bitcoin s’autodétruira avant 2035”

La réponse de Schiff ne s’est pas fait attendre. Fidèle à lui-même, il a balayé d’un revers de main les prédictions de Krueger en affirmant que le Bitcoin n’atteindrait même pas cette échéance fatidique. “Le Bitcoin s’autodétruira, ainsi que ceux qui le possèdent, avant 2035”, a-t-il écrit sans détour. Une phrase choc qui résume parfaitement sa position depuis des années : le BTC n’est rien d’autre qu’une bulle spéculative vouée à l’explosion.

Cette nouvelle salve n’a surpris personne dans la cryptosphère. Peter Schiff est devenu, malgré lui, une figure incontournable du paysage Bitcoin. Ses critiques répétées servent souvent de contre-indicateur : plus il attaque, plus le prix semble rebondir. Mais pour comprendre l’ampleur de cette animosité, il faut remonter aux origines de cette guerre déclarée.

Les origines d’une critique acharnée

La première attaque publique de Peter Schiff contre le Bitcoin remonte à juin 2011. Lors d’une interview podcast, il qualifiait déjà la cryptomonnaie de “bulle” spéculative. À l’époque, le BTC valait environ 17 dollars. Son premier tweet sur le sujet date du 14 novembre 2013 : “Bitcoin n’est pas de l’or”. Dès lors, les hostilités étaient ouvertes.

Depuis cette date, Schiff a mentionné Bitcoin des milliers de fois sur les réseaux sociaux. Des analyses indépendantes estiment ce chiffre entre 8 000 et 12 000 mentions depuis 2013. La grande majorité de ces publications sont négatives : prédictions de crash, comparaisons avec la tulipomanie du XVIIe siècle, accusations de fraude ou encore critiques sur la consommation énergétique.

Le Bitcoin s’autodétruira, ainsi que ceux qui le possèdent, avant 2035.

Peter Schiff, janvier 2026

Cette citation récente s’inscrit dans une longue liste de déclarations similaires. Des sites spécialisés comme bitcoindeaths.com recensent plus de 20 prédictions majeures de “mort” du Bitcoin par Schiff. Aucune ne s’est réalisée. Bien au contraire, le cours a été multiplié par plusieurs milliers depuis ses premières critiques.

Un historique impressionnant de prédictions ratées

Peter Schiff a prédit l’effondrement du Bitcoin à de nombreuses reprises, souvent aux moments les plus inopportuns. Par exemple, en mars 2021, alors que le BTC approchait des 60 000 dollars, il ironisait sur la stupidité des investisseurs. Le cours a ensuite atteint son plus haut historique à plus de 69 000 dollars quelques mois plus tard.

Ces échecs répétés ont donné naissance à une véritable culture du mème dans la communauté crypto. Des bots automatiques achètent du Bitcoin à chaque tweet critique de Schiff, capitalisant sur les rebonds qui suivent souvent ses déclarations. C’est devenu un running gag : plus Schiff critique, plus les maximalistes sourient.

Quelques prédictions marquantes de Peter Schiff qui ne se sont jamais réalisées :

  • 2011 : Bitcoin est une bulle spéculative sans valeur intrinsèque.
  • 2018 : Le Bitcoin va tomber à zéro lors du bear market.
  • 2020 : La pandémie va tuer définitivement les cryptomonnaies.
  • 2022 : L’effondrement de FTX signe la fin du Bitcoin.
  • 2024 : Les ETF Bitcoin ne changeront rien à la nature spéculative du BTC.

En 2025, alors que le Bitcoin dépassait les 100 000 dollars, Schiff continuait pourtant ses attaques. Sa constance force presque le respect, même si elle dessert souvent sa crédibilité auprès des investisseurs crypto.

Pourquoi Peter Schiff déteste-t-il autant le Bitcoin ?

Les raisons de cette hostilité sont multiples. Tout d’abord, Peter Schiff est un défenseur acharné de l’or physique. Pour lui, seul l’or possède une valeur intrinsèque réelle, contrairement au Bitcoin qu’il considère comme un actif numérique sans fondement. Il répète souvent que le BTC n’a aucune utilité pratique et que sa valeur repose uniquement sur la spéculation.

Ensuite, Schiff voit dans le Bitcoin une menace pour le système monétaire traditionnel. En tant qu’économiste autrichien, il critique déjà sévèrement les politiques monétaires des banques centrales. Mais le Bitcoin va plus loin en proposant une alternative décentralisée, ce qui remet en question l’ensemble du système qu’il défend.

Enfin, il y a probablement une part de fierté personnelle. Après tant d’années de critiques, admettre que le Bitcoin a survécu et prospéré reviendrait à reconnaître s’être trompé publiquement. C’est un phénomène psychologique classique : plus on investit émotionnellement dans une position, plus il est difficile de la remettre en question.

Fred Krueger : l’autre protagoniste du débat

De l’autre côté du ring, Fred Krueger représente la nouvelle génération d’investisseurs convertis au Bitcoin. Ancien de Stanford, il a complètement changé de camp pour devenir un maximaliste convaincu. Son post initial comparait l’ascension du Bitcoin à la démonétisation de l’argent au XIXe siècle.

Pour Krueger, l’or physique va subir le même sort que l’argent métal en 1873 : il sera progressivement remplacé par une forme monétaire plus efficace. Le Bitcoin, avec sa rareté absolue (21 millions d’unités maximum) et sa portabilité numérique, représente cette évolution naturelle selon lui.

L’or sera démonétisé en 2035, suivi du dollar en 2045.

Fred Krueger

Cette vision à long terme contraste radicalement avec les prédictions court-termistes de Schiff. Krueger ne nie pas les risques, mais il mise sur l’adoption progressive du Bitcoin comme réserve de valeur ultime. Une position partagée par de plus en plus d’institutions et d’États.

Le Bitcoin comme baromètre inversé

Ce qui rend cette querelle fascinante, c’est le rôle paradoxal que joue Peter Schiff dans l’écosystème Bitcoin. Ses critiques virulentes servent souvent de signal d’achat pour la communauté. À chaque vague d’attaques, le cours semble trouver un support et repartir à la hausse.

Cette dynamique n’est pas nouvelle. Déjà en 2019-2020, ses prédictions baissières coïncidaient avec le début du bull run qui a porté le BTC de 4 000 à 69 000 dollars. En 2024-2025, alors qu’il critiquait les ETF Bitcoin, les entrées de capitaux institutionnels ont explosé.

Aujourd’hui, en 2026, avec un Bitcoin qui flirte avec des niveaux records, les critiques de Schiff apparaissent presque comme un rite de passage. Chaque cycle haussier semble nécessiter sa dose de scepticisme schiffien pour valider la maturité du marché.

Les arguments de Peter Schiff passés au crible

Examinons les principaux arguments avancés par Schiff contre le Bitcoin. Le premier est l’absence de valeur intrinsèque. Selon lui, contrairement à l’or qui a des usages industriels, le Bitcoin n’a aucune utilité réelle. Pourtant, cette critique ignore la fonction première du BTC : être une monnaie numérique décentralisée et une réserve de valeur.

Deuxième argument récurrent : la consommation énergétique. Schiff compare souvent le minage Bitcoin à un gaspillage écologique. Mais les progrès en matière d’énergies renouvelables utilisées pour le minage (plus de 50% en 2025) et les comparaisons avec le système bancaire traditionnel rendent cette critique de moins en moins pertinente.

Troisième point : la volatilité. Schiff affirme que le Bitcoin ne peut pas être une réserve de valeur en raison de ses variations de prix. Mais sur le long terme, sa performance surpasse largement l’or et les monnaies fiat. De plus, la volatilité diminue progressivement avec l’augmentation de la capitalisation.

Comparaison performance 2011-2026 :

  • Bitcoin : + environ 6 000 000% (de 17$ à plus de 100 000$)
  • Or physique : + environ 200%
  • Dollar US : inflation cumulée d’environ 50%

L’évolution du débat en 2026

Ce qui change en 2026, c’est le contexte macroéconomique. Avec une adoption institutionnelle massive, des ETF Bitcoin qui attirent des milliards, et même des États qui constituent des réserves en BTC, les critiques de Schiff apparaissent de plus en plus déconnectées de la réalité.

Les entreprises cotées détiennent désormais des dizaines de milliards en Bitcoin dans leurs trésors de guerre. Des pays comme le Salvador ont fait du BTC une monnaie légale. Même les banques traditionnelles, autrefois hostiles, proposent désormais des services crypto à leurs clients.

Dans ce contexte, prédire l’autodestruction du Bitcoin avant 2035 semble particulièrement audacieux. Surtout quand on considère que le réseau n’a jamais été hacké en plus de 17 ans d’existence et que sa sécurité augmente avec chaque halving.

Que nous apprend cette querelle éternelle ?

Au-delà de l’anecdote, le cas Peter Schiff illustre parfaitement la difficulté de prédire l’avenir dans un secteur aussi innovant que les cryptomonnaies. Les sceptiques les plus virulents deviennent souvent les meilleurs contre-indicateurs du marché.

Cette situation rappelle d’autres révolutions technologiques. Internet a été qualifié de bulle dans les années 90. Les smartphones ont été moqués à leurs débuts. À chaque fois, les critiques les plus acharnées venaient de défenseurs de l’ancien système.

Peter Schiff joue malgré lui un rôle utile : il oblige la communauté Bitcoin à affiner ses arguments, à améliorer sa résilience et à ne jamais prendre son succès pour acquis. Ses attaques, aussi répétitives soient-elles, participent à la maturation du secteur.

En conclusion, que le Bitcoin survive ou non jusqu’en 2035 (ce que tout laisse à penser), l’histoire de cette rivalité avec Peter Schiff restera comme un chapitre savoureux de l’histoire des cryptomonnaies. Un rappel que dans l’innovation, les plus grands sceptiques deviennent parfois les meilleurs faire-valoir du progrès.

Et qui sait ? Peut-être qu’un jour, Peter Schiff lui-même finira par acheter du Bitcoin. Ce serait là la plus belle des victoires pour les maximalistes. En attendant, la saga continue…

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