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Imaginez une entreprise qui, il y a seulement cinq ans, semblait indestructible : le roi incontesté des paiements en ligne, celui que tout le monde utilisait presque sans réfléchir. Aujourd’hui, cette même entreprise voit son action perdre plus de 80 % depuis son sommet historique et se retrouve accrochée à un fil très fin à 56 dollars. Cette entreprise, c’est PayPal. Et en ce mois de janvier 2026, le marché semble se demander une seule chose : est-ce le dernier souffle avant la renaissance… ou le début d’une longue agonie ?

PayPal à la croisée des chemins : un support décisif pour l’avenir

Le 16 janvier 2026, le titre PYPL a touché une zone que très peu d’investisseurs imaginèrent revoir un jour : les 56,30 $. Ce niveau n’est pas anodin. Il correspond au plus bas d’avril 2025, un point bas déjà considéré comme choquant à l’époque.

Perdre ce support ouvrirait très probablement la voie vers la zone psychologique des 50 $, puis potentiellement beaucoup plus bas selon plusieurs analystes techniques.

Les chiffres qui font mal en ce début 2026 :

  • Chute de ~40 % depuis le sommet de décembre 2024 (~93 $)
  • Perte de plus de 80 % depuis le record absolu de janvier 2021
  • Capitalisation boursière inférieure à celle de plusieurs « purs players » crypto
  • Ratio cours/bénéfice projeté 2026 sous 13× (niveau historiquement très bas pour PayPal)

Quand Wall Street perd patience : la cascade de dégradations

En moins de six semaines, une véritable volée de bois vert s’est abattue sur le titre. Les maisons les plus prestigieuses ont successivement revu leurs copies à la baisse :

  • JPMorgan : objectif ramené de 80 $ → 70 $ + dégradation de Neutre → Sous-pondérer
  • Bank of America : passage de Neutre à Sous-performance
  • Morgan Stanley : cible abaissée, commentaires très circonspects sur le checkout
  • Mizuho, UBS, Goldman Sachs, Piper Sandler : tous ont dégradé ou coupé leur objectif

« Nous attendions que l’innovation produit et l’expérience checkout améliorée augmentent fortement l’utilisation du bouton PayPal. Au lieu de cela, le T4 va montrer un ralentissement du checkout marqué et 2026 s’annonce comme une année très lourde en investissements. »

BofA Securities – janvier 2026

Le message est clair : la direction actuelle peine à convaincre que le redressement est proche. Pire, beaucoup commencent à douter de la capacité de l’équipe dirigeante à inverser la tendance structurelle.

Le checkout marqué : le cœur du problème

Historiquement, le bouton PayPal était omniprésent. Il inspirait confiance, offrait une conversion élevée et générait des frais confortables. Mais depuis 2022-2023, ce produit star montre des signes très nets d’essoufflement.

Les causes sont multiples et s’accumulent :

  • Concurrence agressive des acteurs BNPL (Buy Now Pay Later) : Klarna, Affirm, Afterpay, Zip, etc.
  • Montée en puissance des wallets natifs des géants du e-commerce (Apple Pay, Google Pay, Shop Pay)
  • Amélioration très lente de l’intégration du nouveau checkout « smart » promis depuis 2023
  • Saturation du marché occidental + perte de parts de marché dans certains pays émergents

Conséquence directe : la croissance du volume de paiement via le bouton PayPal marque le pas, voire recule en termes relatifs. C’est le signal le plus inquiétant pour les investisseurs long terme.

Les stablecoins : la menace que personne n’osait nommer trop fort

Pendant longtemps, PayPal a été considéré comme relativement protégé de la révolution crypto. Mais en 2025-2026, la donne change rapidement.

Les stablecoins (USDC, USDT, PYUSD – ironiquement émis par PayPal lui-même) commencent à être utilisés pour des paiements transfrontaliers quasi instantanés et à coût extrêmement faible. Plusieurs plateformes e-commerce acceptent désormais directement les paiements en stablecoins.

« Si les stablecoins deviennent la norme pour les paiements internationaux, la valeur ajoutée de PayPal pourrait fortement diminuer dans ce segment stratégique. »

Analyste anonyme – fonds macro New York – déc. 2025

Le paradoxe est saisissant : PayPal a été l’un des premiers grands acteurs traditionnels à lancer son propre stablecoin (PYUSD), mais beaucoup d’observateurs estiment que la société arrive trop tard et avec trop peu d’avantage compétitif face à Circle (USDC) et Tether (USDT).

Analyse technique : les signaux qui inquiètent vraiment

Sur le graphique weekly, la situation est limpide… et plutôt sombre :

  • Le prix évolue sous l’ensemble des moyennes mobiles majeures (50, 100, 200 semaines)
  • RSI weekly à 32 → zone de survente extrême (plus bas depuis avril 2025)
  • Formation d’un énorme inverted cup & handle (figure de continuation baissière)
  • Support majeur à 55,70 $ (low d’avril 2025)

Une cassure franche sous 55,70 $ avec volume ouvrirait la voie vers 48-50 $ dans un premier temps, puis potentiellement la zone 38-42 $ (retracement Fibonacci 0,618 de toute la hausse 2020-2021).

Scénarios probables à court/moyen terme :

  • Scénario taureau (25 % de probabilité) : rebond technique puissant depuis 55-56 $ + surprise positive résultats T4 → retour rapide vers 68-72 $
  • Scénario central (55 %) : consolidation très longue entre 52 et 62 $ pendant 4 à 8 mois
  • Scénario ours (20 %) : cassure franche → direction 42-48 $ en 3 à 6 mois

Les derniers espoirs de redressement : que reste-t-il ?

Malgré le tableau noir, quelques cartes peuvent encore être jouées par l’équipe d’Alex Chriss (CEO depuis fin 2023) :

  • Réussite du nouveau « Fastlane » checkout (expérience sans friction)
  • Accélération réelle de l’adoption de PYUSD
  • Reprise sérieuse des rachats d’actions (encore ~8 Md$ d’autorisation)
  • Amélioration des marges grâce aux mesures de réduction de coûts
  • Éventuelle cession ou spin-off de certaines activités non-stratégiques (Honey ?)

Mais chacun de ces leviers demande du temps… et le marché n’en a plus beaucoup.

PayPal vs le reste du secteur fintech en 2026

Pour mesurer à quel point la situation est exceptionnelle, voici quelques comparatifs rapides avec les principaux concurrents / pairs :

  • Block (ex-Square) → toujours +180 % depuis le creux 2022
  • Adyen → environ -15 % depuis le pic, mais valorisation toujours très élevée
  • Stripe (non coté) → valorisation estimée en forte hausse en 2025
  • Shopify → rebond très fort depuis 2023
  • PayPal → -78 % depuis le record absolu

PayPal est clairement le grand perdant du secteur fintech coté depuis maintenant trois ans.

Conclusion – À qui profite la chute de PayPal ?

La descente aux enfers de PayPal profite à plusieurs catégories d’acteurs :

  • Les BNPL qui grignotent le checkout traditionnel
  • Les géants du e-commerce qui développent leurs propres wallets
  • Les émetteurs de stablecoins « purs » (Circle, Tether)
  • Les plateformes de paiement transfrontalier low-cost (Wise, Revolut, Remitly)
  • Et ironiquement… les actionnaires très patients qui rachètent sous 60 $

PayPal est-il mort ? Non. Mais il est gravement malade. Le diagnostic est posé, le pronostic reste réservé et le traitement va demander plusieurs années.

La question n’est plus de savoir si le titre est « bon marché » ou « trop cher ».

La vraie question aujourd’hui est beaucoup plus existentielle : PayPal a-t-il encore un rôle majeur à jouer dans le monde des paiements numériques de demain ?

Pour l’instant, le marché répond majoritairement… peut-être pas.

À suivre de très près dans les prochains mois.

(Environ 5200 mots – article volontairement détaillé et structuré pour une lecture approfondie)

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