Imaginez détenir plus grande entreprise détentrice de Bitcoin au monde, avec plus de 250 000 BTC dans ses caisses, déclarer publiquement qu’elle ne touchera à ses bitcoins que si sa survie même est menacée. C’est exactement ce qu’a fait Phong Le, le PDG de MicroStrategy, lors d’une interview choc. Dans un marché qui tremble, cette prise de position fait l’effet d’un roc dans la tempête.
MicroStrategy : « Le Bitcoin n’est pas à vendre, sauf en tout dernier recours »
Alors que le cours du Bitcoin vacille sous les 90 000 $ et que certaines entreprises crypto cotées commencent à tousser, MicroStrategy envoie un message clair : pas question de brader le trésor de guerre numérique. Phong Le l’a répété sans ambiguïté : vendre du BTC serait le tout dernier recours, uniquement si l’entreprise ne pouvait plus lever de capitaux et que son action passait durablement sous sa valeur nette d’actif (mNAV).
Cette déclaration intervient au moment où les regards sont braqués sur les sociétés qui ont misé gros sur Bitcoin. Entre les dividendes à payer et la volatilité ambiante, la pression est maximale. Pourtant, le discours reste d’acier.
Un scénario très précis pour envisager une vente
Phong Le a détaillé les deux conditions cumulatives qui pourraient pousser MicroStrategy à vendre du Bitcoin :
- L’action MicroStrategy cote durablement en dessous de sa valeur nette d’actif par action (mNAV sous 1)
- L’entreprise n’a plus accès aux marchés de capitaux pour lever des fonds
Autrement dit, il faudrait un blackout total du financement externe et une décote abyssale de l’action pour que la vente devienne « mathématiquement cohérente ». Même dans ce cas, le PDG le vit comme une défaite personnelle.
« Je n’ai aucune envie que MicroStrategy devienne la société qui doit vendre du Bitcoin. Mais la discipline financière doit passer avant la fierté. »
Phong Le, PDG de MicroStrategy
Le Bitcoin Yield par action : la métrique sacrée
Depuis que Michael Saylor a passé la main opérationnelle à Phong Le, la stratégie n’a pas bougé d’un iota. L’objectif reste d’augmenter le nombre de bitcoins par action, ce que l’entreprise appelle le Bitcoin Yield per share.
Le mécanisme est bien rodé : tant que l’action cote au-dessus du mNAV, MicroStrategy émet des actions ou de la dette convertible, puis achète immédiatement du BTC. Ce cercle vertueux a permis d’accumuler plus de 250 000 bitcoins en quelques années seulement.
Mais si ce mécanisme se grippe (action sous mNAV + portes du financement fermées), vendre du Bitcoin devient paradoxalement moins dilutif que d’émettre des actions à perte. C’est cette logique froide que Phong Le expose sans fard.
750 à 800 millions de dividendes par an : le vrai éléphant dans la pièce
Le point qui fait le plus tousser les investisseurs ? Les obligations liées aux actions préférentielles émises en 2025. MicroStrategy doit sortir entre 750 et 800 millions de dollars de dividendes chaque année, quoi qu’il arrive.
Phong Le ne nie pas la charge. Au contraire, il l’assume totalement et explique la stratégie : payer ces dividendes grâce aux levées de capitaux réalisées quand l’action est au-dessus du mNAV, tout en prouvant trimestre après trimestre que l’entreprise tient ses promesses, même en bear market.
Plus MicroStrategy montre qu’elle est fiable, plus la prime sur mNAV se maintient, plus il devient facile de lever des fonds pour… acheter encore plus de nouveaux bitcoins. Un cercle vertueux qui repose entièrement sur la confiance.
Scénarios de résistance testés par MicroStrategy
- Prix BTC stable à 90 000 $ → dividendes couverts pendant des décennies
- Prix BTC à 74 000 $ (prix d’achat moyen) → situation toujours tenable
- Crash jusqu’à 25 000 $ → l’entreprise tient encore plusieurs trimestres sans rupture immédiate
Le BTC Credit Dashboard : la transparence comme arme
Pour couper court aux spéculations, MicroStrategy a publié un outil inédit : le BTC Credit Dashboard. Objectif ? Montrer noir sur blanc que même dans les scénarios les plus sombres, l’entreprise reste solvable.
Ce tableau de bord public permet à n’importe qui de vérifier les hypothèses de stress test. Une première dans l’histoire des entreprises Bitcoin cotées. Transparence maximale pour restaurer la confiance.
Bitcoin, actif non souverain et universel
Au-delà des chiffres, Phong Le rappelle pourquoi MicroStrategy a tout misé sur Bitcoin dès 2020 :
« Le Bitcoin est un actif non souverain, à l’offre limitée… Les Australiens, les Américains, les Ukrainiens, les Turcs, les Argentins, les Vietnamiens, les Sud-Coréens : tout le monde aime le Bitcoin. »
Phong Le
Pour lui, l’adoption mondiale dépasse largement les cycles spéculatifs occidentaux. Le Bitcoin n’est plus un pari, c’est une évidence géopolitique et monétaire.
Pourquoi cette position renforce la crédibilité de MicroStrategy
Dans un secteur où certaines entreprises (Coucou Coinbase ou Marathon) ont déjà vendu discrètement du BTC lors des corrections précédentes, la ligne « jamais sauf survie » de MicroStrategy apparaît comme un gage de sérieux.
Les investisseurs institutionnels recherchent avant tout la prévisibilité. Savoir que la première corporate holder mondiale ne paniquera pas au premier trou d’air change la donne.
Et Michael Saylor dans tout ça ?
Même s’il n’est plus PDG exécutif, Michael Saylor reste président exécutif et principal porte-voix. Son ombre plane toujours sur la stratégie. Phong Le le reconnaît volontiers : la vision reste 100 % alignée avec celle du fondateur.
Saylor continue d’ailleurs d’acheter personnellement du Bitcoin chaque semaine, prouvant que la conviction familiale reste intacte à tous les niveaux de l’entreprise.
Ce que cela dit du marché institutionnel en 2025
Nous sommes entrés dans une nouvelle ère. Les entreprises qui détiennent du Bitcoin ne sont plus jugées seulement sur leur stack, mais sur leur capacité à gérer cette trésorerie comme un actif stratégique de long terme.
MicroStrategy fixe la barre très haut : transparence totale, stress tests publics, communication sans langue de bois. Les autres sociétés crypto cotées (Metaplanet, Semler Scientific, etc.) vont devoir s’aligner ou justifier leurs différences.
En définitive, cette sortie de Phong Le n’est pas seulement défensive. C’est un signal fort envoyé à Wall Street : le Bitcoin corporate est là pour rester, et les meilleurs acteurs sont prêts à tout pour protéger leur trésor, même au prix de leur fierté.
Dans un monde où les banques centrales impriment sans limite, où l’inflation ronge les devises, où les crises géopolitiques se multiplient, la position de MicroStrategy apparaît plus que jamais comme une évidence.
Le Bitcoin n’est pas un actif spéculatif pour eux.
C’est la réserve de valeur ultime.
Et ils sont prêts à aller jusqu’au bout pour le prouver.

