Imaginez un pays de plus de 240 millions d’habitants qui décide, du jour au lendemain, de moderniser en profondeur sa manière d’envoyer et de recevoir de l’argent à l’international. Imaginez que ce pays choisisse, non pas une nouvelle banque ou un système SWIFT amélioré, mais un stablecoin émis par un projet crypto soutenu par la famille de l’ancien et futur président américain Donald Trump. C’est exactement ce qui est en train de se passer au Pakistan en ce début d’année 2026.

Le 14 janvier 2026, un protocole d’accord (MoU) a été signé entre les autorités pakistanaises et World Liberty Financial (WLFI), la plateforme DeFi portée par les Trump. Au cœur de cet accord : l’utilisation du stablecoin USD1 pour fluidifier et réduire le coût des paiements transfrontaliers. Une décision qui pourrait bien marquer un tournant dans l’adoption institutionnelle des stablecoins à l’échelle mondiale.

Un partenariat inattendu qui fait parler

Quand on évoque le Pakistan et les cryptomonnaies, on pense souvent aux restrictions passées, aux coupures d’internet lors des périodes électorales ou aux alertes répétées de la banque centrale contre les actifs numériques. Pourtant, depuis plusieurs mois, le vent semble tourner. Le pays a créé une Virtual Assets Regulatory Authority (PVARA) et multiplie les signaux positifs en direction du secteur blockchain.

Ce MoU signé avec WLFI n’est donc pas un coup d’éclat isolé, mais plutôt l’aboutissement d’une stratégie progressive. L’objectif affiché est clair : réduire les frais exorbitants et les délais parfois interminables des transferts internationaux classiques, tout en attirant des investisseurs étrangers dans un écosystème crypto désormais mieux encadré.

Qu’est-ce que l’USD1 exactement ?

USD1 est le stablecoin natif de World Liberty Financial, lancé officiellement en juin 2025. Contrairement à USDT ou USDC qui dominent le marché, USD1 se présente comme un stablecoin « patriotique » américain, adossé à des réserves en dollars et obligations du Trésor US, et surtout soutenu publiquement par Donald Trump et plusieurs membres de sa famille.

En moins d’un an, le projet a déjà généré plus d’un milliard de dollars de revenus et distribué 4 millions de dollars d’USD1 en airdrop à ses premiers investisseurs. WLFI mise sur une communication très agressive et sur l’image de marque Trump pour séduire à la fois les particuliers et, désormais, les États.

« L’utilisation des stablecoins pour les transactions transfrontalières témoigne de l’intérêt croissant que suscite le Pakistan à l’échelle mondiale en tant que marché clé pour les actifs numériques. »

Virtual Assets Regulatory Authority du Pakistan

Cette citation officielle, publiée le jour même de la signature, montre à quel point les autorités pakistanaises veulent se positionner comme un acteur sérieux et ouvert dans la nouvelle économie numérique.

Pourquoi le Pakistan a-t-il choisi USD1 plutôt qu’USDC ou USDT ?

La question mérite d’être posée. Circle (USDC) et Tether (USDT) contrôlent à eux deux plus de 90 % du marché des stablecoins adossés au dollar. Alors pourquoi se tourner vers un nouvel arrivant ?

  • Le soutien politique américain très visible de WLFI, perçu comme un gage de sérieux et de protection géopolitique.
  • Des frais de transaction potentiellement plus compétitifs grâce à l’infrastructure DeFi de WLFI.
  • Une volonté de diversification : ne pas dépendre exclusivement de deux acteurs historiques.
  • Une communication très orientée « souveraineté monétaire » qui plaît aux gouvernements émergents.

Ces éléments combinés ont visiblement convaincu les autorités pakistanaises de franchir le pas. Il ne s’agit pas encore d’une adoption massive, mais d’une phase d’expérimentation et d’étude approfondie. Le MoU prévoit notamment des tests pilotes sur des corridors de paiement précis (remittances depuis le Moyen-Orient et l’Europe notamment).

Les avantages attendus par le Pakistan selon les déclarations officielles :

  • Réduction des coûts de transfert de 30 à 60 % par rapport aux systèmes traditionnels
  • Règlement quasi-instantané (quelques secondes au lieu de 2 à 5 jours)
  • Traçabilité améliorée pour lutter contre le blanchiment
  • Attraction de nouveaux capitaux étrangers dans le cadre de la nouvelle réglementation

WLFI : bien plus qu’un simple stablecoin

World Liberty Financial ne se contente pas d’émettre USD1. Le projet développe un écosystème complet : plateforme DeFi, tokenisation d’actifs réels (RWA), projet de banque fiduciaire fédérale aux États-Unis, partenariats institutionnels…

En janvier 2026, WLTC Holdings LLC (branche de WLFI) a déposé une demande auprès de l’OCC pour créer une banque fiduciaire nationale dédiée aux opérations en dollars numériques. Si cette demande aboutit, USD1 pourrait devenir l’un des rares stablecoins à bénéficier d’un encadrement bancaire fédéral américain.

Cette stratégie multi-fronts explique sans doute pourquoi le Pakistan a choisi ce projet plutôt qu’un acteur plus ancien mais moins « politique ».

Contexte géopolitique et économique : pourquoi maintenant ?

Le Pakistan traverse une période économique difficile : inflation élevée, réserves de change limitées, dépendance forte aux envois de fonds de sa diaspora (environ 30 milliards de dollars par an). Les coûts de ces remittances (souvent 6 à 8 %) représentent une perte sèche considérable pour l’économie nationale.

Parallèlement, le retour de Donald Trump à la Maison Blanche en janvier 2025 a créé un climat beaucoup plus favorable aux cryptomonnaies aux États-Unis. Les déclarations pro-crypto du président, combinées à la création d’une nouvelle majorité au Congrès, ont donné un signal fort aux projets américains comme WLFI.

« Les stablecoins sont en train de devenir une arme de soft power économique pour les États-Unis. »

Commentaire anonyme d’un analyste géopolitique basé à Islamabad

Dans ce contexte, signer avec un projet estampillé Trump peut être perçu comme un moyen de se rapprocher de Washington tout en modernisant son infrastructure financière.

Les risques et les défis à relever

Malgré l’enthousiasme officiel, plusieurs obstacles subsistent :

  • La volatilité résiduelle du marché crypto (même pour un stablecoin)
  • La nécessité de former des milliers de fonctionnaires et d’entreprises aux portefeuilles blockchain
  • Les questions de cybersécurité et de protection des réserves
  • La réaction des partenaires traditionnels (banques correspondantes, SWIFT, FMI)
  • Les éventuelles pressions politiques internes de la part des partis religieux conservateurs

Le Pakistan n’est pas le premier pays à expérimenter les stablecoins pour les paiements internationaux (les Bahamas, les Émirats arabes unis ou Singapour sont déjà très avancés), mais il est sans doute le premier à le faire avec un projet aussi politiquement marqué.

Quel impact sur le marché des stablecoins en 2026 ?

Si le pilote pakistanais réussit, USD1 pourrait rapidement gagner des parts de marché dans d’autres pays émergents ayant des relations privilégiées avec les États-Unis ou cherchant à diversifier leurs options de paiement.

Les analystes estiment que les stablecoins pourraient représenter plus de 40 % des flux transfrontaliers mondiaux d’ici 2030. Un pays comme le Pakistan, avec un volume annuel de remittances très élevé, représente un cas d’école parfait pour accélérer cette transition.

Chiffres clés à retenir (estimations 2026) :

  • Volume annuel des remittances au Pakistan : ~32 milliards $
  • Coût moyen actuel d’un transfert : 6,4 %
  • Économie potentielle avec stablecoins : 1,5 à 2 milliards $ par an
  • Market cap estimée d’USD1 fin 2025 : ~3,2 milliards $
  • Objectif affiché par WLFI pour 2027 : 50 milliards $ de capitalisation

Et la France dans tout ça ?

Si le Pakistan expérimente déjà les stablecoins institutionnels à grande échelle, la France reste très prudente. L’ACPR et l’AMF continuent de classer la plupart des stablecoins comme des actifs à haut risque, et le règlement MiCA (en vigueur depuis fin 2024) impose des exigences très strictes aux émetteurs européens.

Pour l’instant, aucun projet hexagonal n’a annoncé de partenariat d’envergure comparable avec un État. Cela pourrait changer rapidement si les résultats pakistanais s’avèrent concluants et si la pression concurrentielle internationale s’intensifie.

Conclusion : un tournant historique ou un coup de com’ ?

Il est encore trop tôt pour le dire. Mais une chose est sûre : le 14 janvier 2026 restera comme une date importante dans l’histoire de l’adoption des stablecoins par les États-nations.

Le Pakistan, en choisissant un projet crypto américain politiquement très marqué, envoie un message clair : les stablecoins ne sont plus seulement un outil spéculatif pour les particuliers, mais une infrastructure stratégique pour les économies nationales.

Reste maintenant à suivre les résultats concrets des pilotes, l’évolution de la capitalisation d’USD1, les réactions des autres pays de la région et surtout les prochaines annonces de World Liberty Financial. L’année 2026 s’annonce décidément très riche en surprises dans l’univers crypto.

Et vous, que pensez-vous de ce partenariat ? Le stablecoin USD1 a-t-il vraiment une chance de concurrencer USDT et USDC à moyen terme ? N’hésitez pas à partager votre avis en commentaire.

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