Dans la bataille qui oppose la Securities and Exchange Commission (SEC) des Ătats-Unis aux gĂ©ants des cryptomonnaies, le rĂ©gulateur ne semble pas prĂȘt Ă baisser les armes. MalgrĂ© la vive rĂ©sistance de Binance et de son ancien PDG Changpeng Zhao, la SEC maintient fermement sa position : dix cryptomonnaies, dont le jeton natif de Binance (BNB), doivent ĂȘtre considĂ©rĂ©es comme des valeurs mobiliĂšres non enregistrĂ©es.
Un bras de fer juridique qui sâĂ©ternise
Ce feuilleton judiciaire, qui dure depuis plus dâun an, a connu un nouveau rebondissement avec la rĂ©ponse de la SEC Ă une requĂȘte de Binance visant Ă rejeter la plainte modifiĂ©e du rĂ©gulateur. Pour la SEC, il est clair que les plateformes dâĂ©change de Binance et Binance.US ont opĂ©rĂ© une bourse de valeurs mobiliĂšres non enregistrĂ©e, en violation de la loi amĂ©ricaine.
Au cĆur de cette affaire se trouve la vente de dix cryptomonnaies sur le marchĂ© secondaire, avec comme intermĂ©diaire la piĂšce BNB de Binance. La SEC sâappuie sur le test de Howey, un critĂšre Ă©tabli par la Cour suprĂȘme des Ătats-Unis en 1946, pour qualifier ces actifs numĂ©riques de valeurs mobiliĂšres.
Une plainte modifiée, mais une position inchangée
Si la juge Amy Berman Jackson avait remis en question le raisonnement initial de la SEC, poussant le rĂ©gulateur Ă dĂ©poser une plainte modifiĂ©e, cela nâa en rien Ă©branlĂ© la dĂ©termination de lâagence. Dans son mĂ©morandum en rĂ©ponse Ă la requĂȘte de Binance, la SEC rĂ©affirme point par point sa position sur chaque Ă©lĂ©ment du test de Howey.
De plus, la SEC ajoute des allĂ©gations sur le statut des cryptomonnaies et du BNB lorsquâils sont vendus sur le marchĂ© secondaire. Pour le rĂ©gulateur, il ne fait aucun doute que Binance a enfreint la loi en vendant des valeurs mobiliĂšres non enregistrĂ©es.
Une industrie sous pression
Cette affaire sâinscrit dans un contexte plus large de rĂ©pression rĂ©glementaire menĂ©e par la SEC Ă lâencontre de lâindustrie des cryptomonnaies. Outre Binance, la plateforme dâĂ©change Coinbase est Ă©galement dans le viseur du rĂ©gulateur pour la vente de 13 jetons considĂ©rĂ©s comme des valeurs mobiliĂšres.
Au total, ce sont 68 cryptomonnaies que la SEC a qualifiĂ© de valeurs mobiliĂšres dans ses diffĂ©rentes poursuites judiciaires jusquâĂ la mi-2023. Une situation qui maintient tout le secteur dans une incertitude juridique pesante.
Lâombre de lâĂšre Trump
Alors que lâindustrie retient son souffle dans lâattente dâune dĂ©cision dans le procĂšs opposant Ripple Ă la SEC, un autre Ă©vĂ©nement pourrait bien rebattre les cartes : lâinvestiture de Donald Trump prĂ©vue pour janvier 2025. Certains y voient un dernier baroud dâhonneur du gouvernement sortant, notamment aprĂšs le rĂ©cent transfert de prĂšs de 2 milliards de dollars en bitcoins saisis lors de lâaffaire Silk Road.
Cette manĆuvre soulĂšve des questions sur les rĂ©elles intentions des autoritĂ©s actuelles vis-Ă -vis du marchĂ© des cryptomonnaies, Ă lâaube dâun potentiel changement de politique sous la nouvelle administration. Une chose est sĂ»re : la bataille rĂ©glementaire autour des cryptoactifs est loin dâĂȘtre terminĂ©e, et Binance semble dĂ©terminĂ© Ă ne pas se laisser faire sans combattre.
