Imaginez un instant : la gauche radicale et l’extrême droite tombent d’accord sur un seul sujet brûlant en 2026. Pas sur les retraites, pas sur l’immigration, mais sur… le minage de Bitcoin. Cette semaine, une décision discrète prise dans les bureaux feutrés de Bercy a provoqué une onde de choc qui traverse tout l’échiquier politique français. Au cœur du scandale : la cession d’Exaion, la filiale blockchain d’EDF, au géant américain Mara Holdings, assortie d’une clause aussi explosive qu’inattendue.

En échange de l’accord de l’État, Mara s’est vu offrir un cadeau empoisonné pour la concurrence française : EDF s’engage à ne plus miner de Bitcoin ni à exploiter des capacités de calcul haute performance pendant deux longues années. Une mise au placard stratégique qui fait hurler jusqu’aux plus fervents défenseurs de la souveraineté industrielle. Comment en est-on arrivé là ?

Un deal qui sent le soufre géopolitique et énergétique

Exaion n’est pas une petite startup lambda. Créée par EDF, elle incarne depuis plusieurs années l’ambition française de maîtriser à la fois l’énergie bas-carbone et les technologies numériques les plus exigeantes en calcul. Le minage de Bitcoin, souvent décrié pour sa consommation électrique, trouve ici une justification industrielle inattendue : absorber les surplus de production nucléaire lorsque la demande est faible, et s’arrêter net quand le réseau a besoin de toute la puissance disponible.

Ce modèle, déjà largement déployé au Texas ou au Québec, permet de transformer ce que beaucoup considèrent comme un « déchet énergétique » en valeur économique immédiate tout en stabilisant le réseau. La France, avec ses 56 réacteurs et ses capacités excédentaires récurrentes, semblait idéalement placée pour devenir un acteur majeur du minage flexible et décarboné. Et puis… patatras.

La clause qui fâche : deux ans sans minage pour EDF

Dans les documents validés par la Direction générale du Trésor, une clause de non-concurrence d’une durée de 24 mois interdit formellement à EDF et à ses filiales de se lancer dans le minage de Bitcoin ou dans toute activité HPC (High Performance Computing) indépendante. Officiellement, l’objectif est de protéger la valeur de l’investissement réalisé par Mara Holdings, qui rachète 64 % du capital d’Exaion.

Mais pour beaucoup d’observateurs, cette clause va bien au-delà d’une simple protection commerciale. Elle organise ni plus ni moins la neutralisation temporaire du seul acteur industriel français capable de déployer massivement des infrastructures de minage à grande échelle. En clair : pendant deux ans, le marché français du minage décarboné sera de facto réservé à l’américain Mara.

« En empêchant EDF de valoriser ses surplus électriques via Bitcoin, on offre sur un plateau d’argent un avantage concurrentiel colossal à un acteur étranger. C’est une décision incompréhensible. »

Un cadre anonyme d’EDF cité par plusieurs médias spécialisés

Le timing est particulièrement mal choisi. Alors que l’Europe cherche désespérément à sécuriser ses approvisionnements énergétiques et numériques, que la guerre commerciale technologique avec la Chine et les États-Unis s’intensifie, Paris choisit de brider son champion national sur un secteur considéré comme stratégique par Washington, Pékin… et désormais Paris.

Gauche, droite, extrêmes : l’union sacrée anti-Mara

Rarement un dossier technique aura provoqué une telle convergence idéologique. Sur X (ex-Twitter), les posts s’enchaînent à un rythme effréné depuis l’annonce.

  • Jean-Luc Mélenchon évoque carrément l’article 411-6 du Code pénal, celui qui réprime la livraison de procédés industriels à une puissance étrangère lorsque cela porte atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation.
  • Marine Le Pen parle de « forfaiture » et réclame la création immédiate d’un fonds souverain permettant aux Français de devenir actionnaires directs des entreprises stratégiques.
  • Du côté des Républicains, David Lisnard dénonce une « capitulation énergétique » et rappelle que le minage flexible est déjà un outil majeur de décarbonation outre-Atlantique.

Même des figures moins attendues du spectre écologiste montent au créneau, soulignant l’absurdité de bloquer un usage intelligent des surplus nucléaires alors que la France peine à financer la prolongation de ses centrales et la construction de nouveaux réacteurs EPR2.

Ce qui choque le plus les observateurs, c’est la disproportion entre les garde-fous imposés et la concession consentie :

  • Maintien des emplois en France → OK
  • Nomination d’un dirigeant « garant des intérêts nationaux » → OK
  • Mais clause de non-concurrence de deux ans sur le minage et le HPC → jackpot pour Mara

En clair, l’État garde un œil sur l’entreprise, mais empêche son propre champion historique de concurrencer le repreneur américain sur son propre terrain.

Pourquoi le minage flexible est devenu un enjeu géostratégique

Longtemps cantonné à l’image sulfureuse de « machines à cramer du charbon pour faire des bitcoins », le minage a radicalement changé de paradigme ces dernières années. Avec la fermeture progressive des centrales à charbon et l’essor des énergies renouvelables intermittentes, les mineurs sont devenus des clients idéaux pour les producteurs d’électricité : ils achètent massivement quand il y a trop d’offre et s’éteignent quasi instantanément quand la demande explose.

Au Texas, lors des vagues de chaleur de 2023-2025, les mineurs ont fourni jusqu’à 10 % de la flexibilité du réseau ERCOT, évitant plusieurs blackouts. Au Québec, Hydro-Québec a signé des contrats massifs avec des opérateurs de minage pour absorber l’hydroélectricité excédentaire. Partout où l’électricité est abondante et bon marché, Bitcoin mining = stabilisateur de réseau.

La France dispose d’atouts uniques : production nucléaire stable, surplus structurels une grande partie de l’année, réseau très maillé. Bloquer EDF sur ce créneau pendant deux ans, c’est offrir à Mara le temps de déployer ses machines, de signer des contrats d’achat d’électricité de long terme avec d’autres producteurs français, et de verrouiller le marché naissant du minage décarboné hexagonal.

Et maintenant ? Procès en désindustrialisation numérique

Le gouvernement dispose encore de plusieurs leviers : droit de regard renforcé sur la gouvernance, golden share symbolique, clauses de retour à meilleure fortune si Mara venait à revendre rapidement. Mais beaucoup doutent de leur efficacité réelle face à un acteur coté au Nasdaq et soutenu par des fonds américains très puissants.

Certains députés préparent déjà des questions écrites, voire une commission d’enquête. D’autres appellent à renationaliser partiellement Exaion ou à lancer un grand plan « Bitcoin & Nucléaire » public-privé. Une chose est sûre : le dossier ne va pas disparaître des radars médiatiques et politiques de sitôt.

« Bitcoin n’est plus seulement une cryptomonnaie. C’est une infrastructure critique du XXIe siècle. La France vient de décider de ne pas en être maître chez elle. »

Commentaire anonyme d’un ancien conseiller ministériel

Dans un pays où le mot « souveraineté » est prononcé à chaque discours officiel depuis 2022, laisser filer l’un des rares cas d’usage industriel concret alliant énergie décarbonée et technologies de pointe laisse un goût amer. L’union sacrée autour d’Exaion et du minage de Bitcoin pourrait bien marquer un tournant dans la perception collective du sujet.

Leçons à tirer pour l’avenir énergétique et numérique français

Ce scandale révèle plusieurs failles structurelles :

  • Manque cruel d’une doctrine claire sur les usages stratégiques du numérique et de l’énergie
  • Difficulté persistante à valoriser les atouts industriels publics face aux appétits étrangers
  • Absence d’un fonds souverain dédié aux technologies critiques (IA, blockchain, quantique, minage)
  • Trop grande méfiance idéologique vis-à-vis de Bitcoin dans les cercles dirigeants

Pourtant, les solutions existent. Plusieurs pays ont déjà compris l’intérêt stratégique du minage :

  • Le Salvador a fait de Bitcoin une monnaie légale et construit des mines alimentées par géothermie
  • Le Bhoutan mine avec l’hydroélectricité excédentaire et accumule des BTC dans ses réserves
  • Plusieurs États américains considèrent le minage comme une industrie stratégique

La France pourrait s’inspirer de ces modèles sans pour autant tout calquer. Créer un cadre réglementaire clair pour le minage flexible, lancer un appel à projets public-privé associant EDF, Engie, TotalEnergies et des acteurs privés français, conditionner les autorisations à des engagements clairs de relocalisation et de cybersécurité… Les pistes ne manquent pas.

Conclusion : quand Bitcoin devient un sujet de politique intérieure

Qui aurait parié, il y a encore cinq ans, que le minage de Bitcoin provoquerait une union sacrée entre Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen et David Lisnard ? Personne. Et pourtant, nous y sommes.

Cette affaire Exaion-Mara dépasse largement le cadre d’une simple cession d’entreprise. Elle pose la question brutale de la place que la France veut occuper dans le monde numérique et énergétique de demain. Accepte-t-elle de n’être que fournisseur d’électricité bon marché pour des géants étrangers ? Ou décide-t-elle enfin de transformer ses atouts uniques – parc nucléaire, ingénierie de haut niveau, réseau stable – en leadership mondial sur le minage décarboné et flexible ?

Pour l’instant, la réponse donnée par Bercy est sans ambiguïté : pendant deux ans, la France préfère regarder depuis le banc de touche. Reste à savoir si ce choix sera jugé comme une erreur historique… ou comme le prélude à un réveil plus puissant encore.

Une chose est sûre : Bitcoin, jadis moqué comme un gadget libertarien, est entré dans le débat public français par la grande porte. Et il n’est pas près d’en ressortir.

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