Imaginez un instant : pendant des mois, les plus gros acteurs de la finance traditionnelle se sont rués sur les ETF Ethereum comme des affamés sur un buffet gratuit. Puis, du jour au lendemain… plus rien. Silence radio. Flux entrants proches de zéro, voire négatifs par moments. Nous sommes le 20 février 2026, et le désintérêt institutionnel pour ETH atteint des niveaux rarement observés depuis le bear market de 2022. Que s’est-il passé ? Pourquoi ce brutal retournement de veste ? Et surtout, que peut-on raisonnablement anticiper pour le cours dans les semaines à venir ?

Ethereum face à un mur institutionnel en 2026

Depuis plusieurs semaines, les observateurs attentifs du marché crypto notent une tendance lourde : les capitaux institutionnels, qui avaient massivement soutenu Ethereum entre mi-2025 et octobre 2025, semblent avoir plié bagage. Ce n’est pas une simple baisse d’intérêt passagère, mais un véritable désengagement qui se matérialise dans les chiffres les plus froids : ceux des flux nets sur les ETF spot Ethereum.

Pour bien comprendre l’ampleur du phénomène, remontons un peu dans le temps. L’approbation des ETF Ethereum au comptant, mi-2025, avait déclenché une euphorie comparable à celle vécue par Bitcoin un an et demi plus tôt. Les encours avaient explosé, le prix avait retrouvé son ancien plus haut historique de 2021, et beaucoup pensaient que la maturité institutionnelle d’ETH était enfin actée. Erreur d’appréciation ?

Quelques chiffres qui parlent d’eux-mêmes (données Coinglass au 20 février 2026) :

  • Flux nets hebdomadaires moyens sur les 8 dernières semaines : -12 millions $
  • Entrées nettes depuis le 1er janvier 2026 : +87 millions $ (contre +4,2 milliards $ sur la même période en 2025)
  • Volume moyen quotidien des ETF ETH : inférieur à 180 millions $ (pic à 1,9 milliard $ en septembre 2025)
  • Comparaison avec Bitcoin : les ETF BTC captent encore 6 à 8 fois plus de flux quotidiens

Ces données ne trompent pas : on assiste à une désaffection massive. Mais pourquoi ? Plusieurs facteurs se combinent et créent un cocktail particulièrement indigeste pour les gérants de fonds.

1. La sous-performance chronique face à Bitcoin

Regardons les chiffres sans fard. Sur les six derniers mois, ETH a perdu environ 59 % de sa valeur en dollars, tandis que la paire ETH/BTC s’est dégradée de plus de 30 %. Autrement dit : même quand le marché crypto rebondit un peu, Ethereum fait systématiquement moins bien que Bitcoin.

Pour un investisseur institutionnel qui alloue déjà à BTC via ETF, l’ajout d’ETH dans le portefeuille devient de plus en plus difficile à justifier. Pourquoi prendre un actif qui underperform son concurrent direct de manière aussi régulière et marquée ?

« Quand vous pouvez acheter du Bitcoin avec un narrative clair de ‘or numérique’ et une volatilité moindre ces derniers mois, pourquoi aller chercher la complication avec Ethereum ? »

Commentaire anonyme d’un gérant de fonds multi-stratégie – février 2026

Cette phrase résume assez bien le sentiment dominant dans les salles de marché en ce début d’année 2026.

2. L’absence de catalyseur fondamental clair

En 2025, plusieurs éléments avaient soutenu le récit haussier sur Ethereum : l’arrivée des ETF bien sûr, mais aussi l’essor continu des Layer-2, la croissance explosive des RWA (Real World Assets), les premières intégrations institutionnelles sérieuses du staking via des produits structurés. Aujourd’hui ? Le récit s’essouffle.

Les Layer-2 sont toujours là, mais leur impact sur la valorisation d’ETH reste marginal. Les frais sur le mainnet sont bas… trop bas même pour générer un véritable burn significatif. Quant aux RWA, ils explosent (+315 % d’actifs tokenisés en un an selon certaines sources), mais la majorité de cette activité se passe sur des blockchains plus spécialisées ou sur des sidechains qui ne captent pas directement la valeur sur ETH.

Résultat : l’histoire « Ethereum = ordinateur mondial décentralisé indispensable » ne parvient plus à convaincre les allocateurs institutionnels au même niveau qu’avant.

3. Contexte macroéconomique hostile aux actifs risqués

N’oublions pas le décor général. Même si la Fed a entamé un cycle d’assouplissement en 2025, les taux restent historiquement élevés. Les craintes inflationnistes resurgissent par intermittence. Les marchés actions traditionnels sont chers. Dans cet environnement, les institutionnels privilégient la simplicité et la liquidité.

Bitcoin, perçu comme une réserve de valeur, conserve un statut privilégié. Ethereum, avec sa complexité technique, son narrative plus « tech », ses multiples couches d’infrastructure, apparaît comme un pari plus risqué et moins liquide en période d’incertitude.

Analyse technique : ETH coincé dans une zone critique

Passons maintenant au graphique. Le constat est sans appel : depuis début décembre 2025, Ethereum évolue dans une large zone de consolidation entre 1 850 $ et 2 100 $. À plusieurs reprises, le cours a tenté de s’extraire par le haut… sans succès.

La résistance horizontale autour des 2 100 $ fait office de plafond implacable depuis plus de deux mois. À chaque tentative de cassure, les vendeurs reviennent en force, souvent accompagnés d’un chandelier de rejet très marqué (shooting star, bearish engulfing, etc.).

Niveaux techniques clés à surveiller (timeframe daily – 20 février 2026) :

  • Résistance majeure : 2 100 $ – 2 130 $ (zone de rejet répétée + EMA 50 daily)
  • Résistance intermédiaire : 2 350 $ (ancien support devenu résistance)
  • Support immédiat : 1 850 $ – 1 900 $ (bas de range + confluence EMA)
  • Support critique : 1 700 $ – 1 720 $ (zone de liquidité + 0.618 retracement Fibonacci du dernier mouvement haussier majeur)
  • Support extrême : 1 400 $ – 1 500 $ (plus bas de 2025)

Actuellement, les moyennes mobiles exponentielles courtes (EMA 9 et EMA 18) sont orientées à la baisse et font office de résistance dynamique. Le RSI journalier oscille autour de 42-45, zone neutre sans divergence haussière visible pour le moment.

Scénario principal : poursuite de la consolidation puis test des 1 700 $ ?

Le scénario le plus probable à court et moyen terme reste celui d’une poursuite de la faiblesse. Tant que la zone des 2 100 $ n’est pas clairement franchie avec volume et clôture quotidienne convaincante, la pression baissière domine.

Une cassure sous les 1 850 $ ouvrirait très rapidement la voie vers les 1 700 $. Ce niveau correspond à plusieurs confluences techniques et représente une zone où de nombreux ordres stop-loss et ordres d’achat conditionnels sont probablement placés. Un test de ce support pourrait donc générer un mouvement violent dans les deux sens.

Scénario alternatif : inversion haussière surprise

Pour que le scénario haussier reprenne ses droits, plusieurs conditions devraient être réunies simultanément :

  • Une cassure franche et soutenue des 2 100 $ – 2 130 $
  • Un retour marqué des flux institutionnels sur les ETF (au moins +300 M$ sur une semaine)
  • Une amélioration nette du ratio ETH/BTC (retour au-dessus de 0.038 par exemple)
  • Un changement de narratif macro ou crypto (assouplissement monétaire plus agressif, annonce réglementaire favorable, etc.)

Tant que ces éléments ne sont pas alignés, il est prématuré de parier gros sur un rebond significatif.

Que faire en tant qu’investisseur particulier face à ce désamour institutionnel ?

La situation actuelle peut sembler décourageante, mais elle offre aussi des opportunités pour ceux qui savent rester patients et rationnels.

Voici quelques pistes de réflexion, sans constituer bien sûr un conseil en investissement :

  • Attendre un signal clair : ne pas anticiper le retournement. La patience est souvent la meilleure alliée en période de faible conviction institutionnelle.
  • Surveiller les flux ETF quotidiennement : un retour soudain et massif des capitaux serait le signal le plus fort possible.
  • Considérer le ratio ETH/BTC : un plancher sur cette paire pourrait précéder un rebond relatif d’ETH.
  • Accumuler par DCA prudent si vous êtes convaincu du projet long terme, mais uniquement avec de l’argent que vous pouvez vous permettre de bloquer longtemps.
  • Diversifier : Bitcoin, stablecoins, ou même certains altcoins plus dynamiques peuvent servir de coussin en attendant un meilleur setup sur ETH.

Conclusion : Ethereum à la croisée des chemins

Février 2026 marque un tournant pour Ethereum. Après des années où il semblait inéluctablement rattraper puis dépasser Bitcoin dans le cœur des institutionnels, ETH se retrouve aujourd’hui relégué au second plan. Les flux taries, la sous-performance technique, l’absence de catalyseur fondamental fort… tout concourt à une phase de désaffection marquée.

Mais les cycles crypto sont faits de surprises. Ce qui semble être une fin de chapitre peut n’être qu’une longue pause avant une nouvelle impulsion. La clé réside dans la capacité d’Ethereum (et de sa communauté) à redonner un récit frais, attractif et surtout rentable aux yeux des capitaux institutionnels.

En attendant, le marché vote avec ses dollars… et pour l’instant, le bulletin de vote est majoritairement défavorable à ETH. À nous d’observer, d’analyser, et surtout de rester disciplinés dans cette période délicate.

Et vous, quel est votre scénario privilégié pour Ethereum dans les prochains mois ?

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