Imaginez un partenariat qui, en un peu plus d’un an, transforme la façon dont des millions d’utilisateurs gèrent leurs dollars et euros numériques. C’est exactement ce que Circle et Kraken viennent de mettre en lumière. Depuis septembre 2025, les actifs USDC sous garde sur la plateforme ont grimpé de 30 %, tandis que le volume d’échange de l’EURC approche déjà le milliard. Ces chiffres ne sont pas anodins. Ils racontent une histoire plus large : celle des stablecoins qui s’installent durablement au cœur des produits que les traders et les investisseurs utilisent chaque jour.

Un partenariat qui change la donne pour les stablecoins

Le 28 octobre 2026, Circle a publié une étude de cas dédiée à sa collaboration avec Kraken. Le message est clair. L’intégration va bien au-delà d’une simple cotation. Elle touche le funding, le trading, l’infrastructure de portefeuille et l’accès onchain. Résultat : plus de fluidité pour les utilisateurs et une adoption mesurable.

Les deux entreprises avaient officialisé leur accord le 17 septembre 2025. À l’époque, Kraken promettait un accès élargi à l’USDC et l’arrivée de l’EURC, avec des frais de conversion réduits et davantage de possibilités d’utilisation au sein de ses applications. Aujourd’hui, les chiffres confirment que la promesse a été tenue.

Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes

Selon Circle, les actifs USDC sous garde sur Kraken ont progressé de 30 % depuis le lancement de ce partenariat approfondi. Dans le même temps, près d’un milliard d’EURC ont été échangés sur la plateforme depuis son listing. Ces volumes ne sont pas le fruit du hasard. Ils reflètent une demande réelle pour des stablecoins libellés en dollar et en euro, directement intégrés dans l’expérience utilisateur quotidienne.

Les points clés à retenir :

  • Hausse de 30 % des USDC sous garde sur Kraken depuis septembre 2025
  • Près d’un milliard d’EURC échangés depuis le listing
  • 350 millions d’USDC déposés dans les vaults DeFi Earn après le lancement

Ces données montrent que les utilisateurs ne se contentent plus de détenir des stablecoins. Ils les utilisent activement pour trader, financer des positions et générer des rendements onchain sans quitter l’écosystème Kraken.

Une intégration qui va bien au-delà de la cotation

Circle insiste sur un aspect souvent négligé. Les stablecoins gagnent en pertinence lorsqu’ils s’intègrent naturellement aux outils déjà maîtrisés par les clients. Kraken a utilisé l’USDC et l’EURC pour limiter la fragmentation interne de sa plateforme. Les utilisateurs accèdent ainsi plus directement à des services libellés en dollar ou en euro, sans conversions inutiles ni frictions supplémentaires.

Dans son post du 28 octobre, Circle résume l’approche : « Les stablecoins s’installent plus profondément dans les produits que les clients utilisent déjà. » Cette phrase résume parfaitement la stratégie. Il ne s’agit plus seulement d’offrir un actif stable. Il s’agit de le rendre invisible dans le quotidien des traders.

Les stablecoins sont permissionless, programmables et globaux par défaut. Ce partenariat permet d’intégrer les tokens de Circle dans les produits déjà utilisés par les clients de Kraken.

Mark Greenberg, ancien responsable mondial de l’activité grand public de Kraken

Cette vision se traduit concrètement dans plusieurs domaines : trading, funding, infrastructure de portefeuille et accès aux protocoles onchain.

Le rôle central de DeFi Earn

L’un des points les plus marquants de cette collaboration concerne le produit DeFi Earn, lancé par Kraken le 26 janvier 2026. Ce service permet aux clients d’allouer des liquidités et des stablecoins supportés vers des protocoles de prêt onchain, le tout depuis l’interface habituelle de la plateforme.

Concrètement, les fonds peuvent être convertis en USDC avant d’être placés dans des vaults gérés par Veda. Ces vaults alimentent ensuite des protocoles de lending. Circle a indiqué que 350 millions d’USDC avaient déjà été déposés dans ces vaults après le lancement. Un volume conséquent qui illustre l’appétit des utilisateurs pour des rendements onchain accessibles sans complexité technique excessive.

Kraken a nommé Sentora comme gestionnaire de risques. Ce dernier est responsable des allocations, de la gestion des risques et du suivi de la liquidité. Les utilisateurs ont le choix entre plusieurs stratégies : Balanced Yield, Boosted Yield et Advanced Strategies USDC. Chaque option propose un profil de rendement et de risque différent.

Comment fonctionnent les vaults DeFi Earn

Aave Labs a également communiqué sur ce déploiement. Les dépôts USDC transitent par un vault sur le réseau Ink de Kraken, qui fournit ensuite de la liquidité à des marchés de prêt comme Aave. Les intérêts versés par les emprunteurs augmentent la valeur des parts du vault et génèrent des récompenses pour les utilisateurs.

L’avantage principal réside dans la simplicité. Que ce soit sur les applications grand public, professionnelles, mobiles ou via le portefeuille Krak, les clients visualisent leurs soldes et suivent leurs récompenses sans gérer de seed phrases ni signer manuellement les transactions sous-jacentes. Cette abstraction de la complexité technique constitue un levier d’adoption important.

Pour les clients américains, le service est disponible dans 48 États, à l’exception de New York et du Maine, ainsi qu’au Canada et dans l’Espace économique européen. Certaines juridictions restent exclues, notamment le Royaume-Uni, l’Australie et les Émirats arabes unis, selon les informations mises à jour le 15 octobre.

Les mécanismes de dépôt et de récompense

Kraken précise que les dépôts supportés peuvent inclure des liquidités, de l’USDC, de l’USDT, de l’USDG et du Bitcoin. Les actifs sont convertis dans l’actif de base du vault sélectionné avant allocation. Des frais de conversion standards s’appliquent lorsque l’actif déposé diffère de cet actif de base. Le client peut consulter ces frais avant de confirmer l’opération.

Les récompenses s’accumulent de manière continue et sont ajoutées au solde du vault. Pour les vaults USDC, elles sont versées en USDC. Les rendements varient selon les conditions des marchés de prêt, et les frais sont prélevés sur les gains avant affichage du solde. Kraken rappelle également les risques inhérents : défaillances de smart contracts, créances douteuses, volatilité des marchés et liquidité limitée pouvant retarder les retraits.

Points de vigilance pour les utilisateurs de DeFi Earn :

  • Les rendements ne sont jamais garantis et dépendent des conditions de marché
  • Les smart contracts comportent des risques techniques
  • Une liquidité insuffisante peut ralentir les retraits
  • Les frais sont déduits avant l’affichage du solde final

L’essor de l’EURC sur les plateformes d’échange

Le volume d’environ un milliard d’EURC échangés sur Kraken s’inscrit dans une dynamique plus large. Le 18 août, Circle avait déjà annoncé un jalon important : plus de 400 millions d’euros d’EURC en circulation. Au 13 août, le chiffre exact s’élevait à 402,4 millions d’euros.

Dans sa mise à jour d’août, Circle indiquait que l’offre d’EURC avait plus que doublé au cours de l’année précédente. Lancé initialement sur Ethereum en juin 2022, le token a ensuite été émis de manière native sur Avalanche, Stellar, Solana et Base. Fin 2024, environ 80 millions d’euros circulaient. La progression a donc été rapide.

Circle a cité plusieurs plateformes parmi celles qui listent l’EURC : Bitpanda, Bitstamp, Bybit, Coinbase et bien sûr Kraken. L’émetteur met en avant le support des paires EURC/EUR et EURC/USD, ainsi que l’intégration dans des services de garde et de règlement institutionnels fournis par Cobo, Copper et Fireblocks.

L’utilisation de l’USDC et de l’EURC dans le trading sur marge en Europe

Un autre usage intéressant concerne le trading sur marge pour les clients de l’Espace économique européen. Selon une notice de support datée du 20 janvier, les extensions de marge pour les paires cash cotées en dollar utilisent l’USDC, tandis que celles cotées en euro s’appuient sur l’EURC.

Concrètement, pour un ordre BTC/EUR, Kraken convertit automatiquement l’EURC en euros au taux un pour un, sans frais de conversion. Les clients continuent de trader sur le carnet d’ordres cash. Les produits sont convertis si nécessaire pour clôturer l’extension de marge en stablecoin. Cette mécanique simplifie considérablement l’expérience pour les traders européens.

Elle illustre également la capacité des stablecoins à servir d’intermédiaire fluide entre le monde des cryptomonnaies et les devises fiduciaires, sans créer de frictions inutiles.

Le contexte réglementaire européen et les positions de Circle

Dans une soumission de politique datée du 1er octobre, Circle a demandé des évolutions du cadre MiCA concernant l’émission transfrontalière, les actifs de réserve et la reconnaissance des stablecoins régulés à l’étranger. L’émetteur soutient le remplacement des seuils fixes de dépôts bancaires par des exigences basées sur la liquidité des réserves.

Selon les propositions rapportées, Circle souhaite une évaluation par la Commission européenne des cadres réglementaires étrangers, combinée à une décision de l’Autorité bancaire européenne reconnaissant individuellement les émetteurs. La société a cité le cadre de la loi américaine GENIUS Act relatif aux émetteurs étrangers comme modèle possible pour cette reconnaissance.

Ces prises de position montrent que Circle ne se contente pas de développer ses produits. L’entreprise s’implique activement dans les discussions réglementaires qui façonneront l’avenir des stablecoins en Europe et au-delà.

Pourquoi cette collaboration marque un tournant

Plusieurs éléments rendent ce partenariat particulièrement intéressant. Premièrement, il démontre qu’une intégration profonde peut générer une croissance mesurable des volumes et des dépôts. La hausse de 30 % des USDC sous garde n’est pas un effet d’annonce. Elle correspond à une utilisation réelle par les clients.

Deuxièmement, l’arrivée de l’EURC comble un besoin pour les utilisateurs européens. Disposer d’un stablecoin libellé en euro, pleinement intégré dans les produits de trading et de funding, réduit les frictions liées aux conversions et aux risques de change.

Troisièmement, le produit DeFi Earn illustre une tendance plus large : la démocratisation de l’accès aux protocoles de finance décentralisée. En rendant ces rendements accessibles depuis une interface centralisée familière, Kraken abaisse la barrière à l’entrée pour de nombreux utilisateurs qui ne souhaitent pas gérer eux-mêmes la complexité onchain.

Les implications pour les utilisateurs quotidiens

Pour un trader ou un investisseur, ces évolutions se traduisent par une expérience plus fluide. Moins de conversions inutiles, des options de rendement intégrées, des stablecoins disponibles dans les deux principales devises de référence (dollar et euro), et une interface unifiée.

Cela ne signifie pas pour autant que les risques disparaissent. Les stablecoins restent des instruments financiers soumis à des règles de réserve et à des risques de contrepartie. Les produits de lending onchain comportent leurs propres risques techniques et de marché. Kraken le rappelle clairement dans sa documentation.

Cependant, l’approche consistant à intégrer progressivement ces outils dans des environnements plus contrôlés et plus accessibles constitue une évolution notable du secteur.

Une dynamique qui s’inscrit dans un marché plus large

L’actualité des stablecoins ne se limite pas à Circle et Kraken. Le secteur dans son ensemble continue de croître, avec des volumes de trading et des capitalisations qui progressent. Les régulateurs, de leur côté, peaufinent les cadres applicables, que ce soit aux États-Unis ou en Europe.

Dans ce contexte, les partenariats stratégiques entre émetteurs de stablecoins et plateformes d’échange jouent un rôle structurant. Ils déterminent en partie quels tokens deviennent les plus utilisés et comment ils s’intègrent dans les parcours clients.

Circle, en multipliant les collaborations et en élargissant les chaînes de support de l’EURC, positionne clairement ses produits comme des alternatives de référence. Kraken, de son côté, renforce son offre de services autour de ces actifs stables.

Les perspectives à moyen terme

Plusieurs questions restent ouvertes. Comment évoluera la concurrence entre les différents stablecoins, notamment face à des acteurs comme Tether ? Quelle sera la place exacte de l’EURC face à d’autres solutions libellées en euro ? Les volumes de DeFi Earn continueront-ils de croître, ou atteindront-ils un plateau une fois l’effet de nouveauté passé ?

Les réponses dépendront en partie de l’évolution des taux d’intérêt dans la finance traditionnelle, des conditions de liquidité onchain, et des décisions réglementaires à venir. Elles dépendront aussi de la capacité des plateformes à continuer d’améliorer l’expérience utilisateur tout en gérant les risques de manière transparente.

Ce qui apparaît déjà clairement, c’est que l’intégration des stablecoins dans les produits existants constitue un levier d’adoption puissant. Les chiffres publiés par Circle le confirment.

Ce que retiennent les observateurs du marché

Les analystes qui suivent le secteur des stablecoins soulignent généralement plusieurs points. D’abord, la capacité d’un émetteur à s’imposer dépend de plus en plus de la qualité de ses intégrations avec les principales plateformes. Ensuite, la diversification géographique et monétaire (dollar et euro) devient un atout. Enfin, l’accès simplifié aux rendements onchain attire une nouvelle catégorie d’utilisateurs qui n’auraient pas forcément interagi directement avec des protocoles DeFi.

Dans ce paysage, le couple Circle-Kraken offre un cas d’étude intéressant. Les résultats mesurés un an après le début de la collaboration approfondie apportent des éléments concrets plutôt que des projections.

Une leçon pour le reste de l’industrie

Au-delà des chiffres spécifiques à ce partenariat, l’expérience Circle-Kraken rappelle une vérité simple. Les utilisateurs privilégient la simplicité et la fluidité. Lorsqu’un stablecoin devient un outil transparent au sein d’une plateforme qu’ils maîtrisent déjà, son adoption s’accélère.

Les 30 % de croissance des USDC sous garde et le milliard d’EURC échangés ne sont pas seulement des indicateurs de performance. Ils illustrent une tendance de fond : les stablecoins quittent progressivement le statut d’actifs de niche pour devenir des composantes standard de l’infrastructure de trading et de funding.

Cette évolution n’est pas terminée. D’autres intégrations, d’autres produits et d’autres évolutions réglementaires viendront probablement modifier encore le paysage. Mais pour l’instant, le bilan présenté par Circle offre un éclairage concret sur ce que peut produire une collaboration bien conçue entre un émetteur de stablecoins et une plateforme d’échange majeure.

Les prochains mois permettront de vérifier si cette dynamique se maintient et si d’autres acteurs parviennent à reproduire des résultats similaires. En attendant, les utilisateurs de Kraken disposent déjà d’outils plus complets pour gérer leurs liquidités en dollar et en euro, tout en accédant à des opportunités de rendement onchain de manière simplifiée.

Cette combinaison d’accessibilité, de diversification monétaire et d’intégration profonde constitue sans doute l’un des enseignements les plus intéressants de cette annonce du 28 octobre 2026.

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