Imaginez un monde où votre compte crypto et votre compte bancaire traditionnel ne font plus qu’un. Où les transferts internationaux deviennent quasi instantanés, peu coûteux, et accessibles même dans les régions les plus reculées. C’est précisément la vision que Bybit vient d’officialiser pour 2026. L’exchange crypto, déjà parmi les leaders mondiaux, ne compte plus se contenter de trading : il veut devenir une véritable plateforme financière globale.
Le 30 janvier 2026, lors de son keynote biannuel, le co-fondateur et PDG Ben Zhou a levé le voile sur une ambitieuse feuille de route. Exit l’image classique d’une simple plateforme d’échange de cryptomonnaies. Bybit se réinvente en « The New Financial Platform », un écosystème complet qui mêle finance traditionnelle et finance décentralisée. Une annonce qui pourrait bien redessiner les contours du secteur dans les prochaines années.
Bybit change de dimension : l’ambition d’une super-app financière
Depuis plusieurs années, les plus gros acteurs du marché crypto cherchent à dépasser leur statut d’exchange. Binance a lancé sa carte bancaire, Coinbase mise sur des services institutionnels, Kraken développe ses produits de staking avancés… Bybit, de son côté, choisit une voie encore plus large : celle d’une plateforme qui intègre directement des services bancaires réglementés.
Le message est clair : les cryptomonnaies ne doivent plus être perçues comme un univers à part, mais comme le pont naturel vers une finance moderne, inclusive et sans frontières. Et pour y parvenir, Bybit mise sur plusieurs piliers stratégiques majeurs.
MyBank : le compte bancaire nouvelle génération arrive en février 2026
Le projet le plus médiatisé de cette roadmap est sans conteste MyBank. Prévu pour un lancement officiel dès février 2026, ce service vise à offrir aux utilisateurs des comptes bancaires complets avec IBAN dédié, directement intégrés à l’écosystème Bybit.
Fini les allers-retours laborieux entre compte fiat et compte crypto. Avec MyBank, les utilisateurs pourront :
- Recevoir et envoyer des paiements fiat classiques
- Effectuer des conversions crypto-fiat instantanées
- Réaliser des virements transfrontaliers à faible coût
- Gérer leur argent quotidien comme sur n’importe quelle néo-banque
L’objectif affiché est ambitieux : s’adresser en priorité aux 1,4 milliard de personnes non-bancarisées ou mal bancarisées à travers le monde. Dans de nombreux pays émergents, ouvrir un compte bancaire classique reste long, coûteux et parfois impossible. MyBank veut changer la donne en combinant la rapidité de la blockchain avec la simplicité d’une interface bancaire traditionnelle.
Nous voulons que les utilisateurs du monde entier, même dans les zones les plus reculées, puissent accéder à des services financiers modernes sans barrières inutiles.
Ben Zhou, co-fondateur et CEO de Bybit
Concrètement, MyBank s’appuiera sur des partenariats bancaires locaux et régionaux pour proposer des IBAN dans plusieurs devises. Les dépôts et retraits fiat deviendront beaucoup plus fluides, et les frais de conversion ou de transfert devraient être nettement inférieurs à ceux pratiqués par les banques traditionnelles ou même par certaines solutions fintech actuelles.
ByCustody : quand la sécurité institutionnelle rencontre la crypto
Autre axe fort de cette transformation : la garde d’actifs. Bybit a développé ByCustody, une solution de custody institutionnelle déjà utilisée par plus de 2 000 institutions financières et qui gère aujourd’hui plus de 5 milliards de dollars d’actifs.
Contrairement aux portefeuilles classiques d’exchange, ByCustody propose une ségrégation stricte des actifs clients, des processus d’audit réguliers et des standards de sécurité dignes des plus grandes banques privées. L’idée est simple : permettre aux family offices, hedge funds, gestionnaires d’actifs traditionnels et wealth managers d’intégrer les cryptomonnaies dans leurs portefeuilles sans compromettre la sécurité ni la conformité réglementaire.
Quelques chiffres clés sur ByCustody fin 2025 :
- +100 % de croissance annuelle des institutions clientes
- Plus de 30 gestionnaires d’actifs professionnels déjà partenaires
- 5 milliards $ d’actifs sous custody
- Infrastructure certifiée et auditée selon les standards les plus élevés
Cette croissance exponentielle montre que la demande pour des ponts solides entre finance traditionnelle et finance numérique est bien réelle. Bybit compte capitaliser sur cette tendance en 2026 en renforçant encore ses capacités de custody et en lançant de nouveaux produits sur mesure pour les institutionnels.
Pourquoi viser les non-bancarisés ? Une opportunité gigantesque
Le chiffre revient souvent dans les discours de Ben Zhou : 1,4 milliard de personnes n’ont toujours pas accès à un compte bancaire classique dans le monde. Une grande partie d’entre elles possède pourtant un smartphone et une connexion internet. C’est précisément ce public que Bybit vise avec MyBank et l’ensemble de sa nouvelle plateforme.
Dans de nombreux pays d’Afrique subsaharienne, d’Asie du Sud-Est ou d’Amérique latine, les habitants utilisent déjà massivement les portefeuilles mobiles et les transferts d’argent via téléphone. Intégrer les cryptomonnaies à cet écosystème pourrait créer une adoption massive, bien plus rapide que dans les pays développés où les infrastructures bancaires sont déjà très développées.
Bybit mise donc sur trois leviers principaux pour séduire ce public :
- Des frais très bas sur les transferts internationaux
- Une interface simple, disponible en plusieurs langues
- Une intégration fluide entre fiat et crypto
Si le pari est réussi, Bybit pourrait devenir l’une des premières grandes plateformes à réellement « onboarder » plusieurs centaines de millions de nouveaux utilisateurs dans l’écosystème crypto au cours des prochaines années.
Conformité et régulation : le défi central
Évidemment, proposer des services bancaires n’est pas une mince affaire sur le plan réglementaire. Bybit affirme travailler main dans la main avec les autorités compétentes pour garantir que MyBank respecte l’ensemble des exigences KYC, AML et autres obligations locales.
La plateforme a déjà obtenu plusieurs licences dans des juridictions clés et promet de continuer sur cette lancée en 2026. La clé du succès résidera dans sa capacité à trouver le bon équilibre entre accessibilité maximale et respect strict des règles anti-blanchiment et de connaissance du client.
La finance du futur ne pourra pas se construire sans une conformité irréprochable.
Extrait du keynote Bybit 2026
Ce positionnement « compliant-first » pourrait d’ailleurs devenir un avantage concurrentiel majeur face à certains acteurs plus agiles mais moins regardants sur la régulation.
Que va changer cette transformation pour les traders actuels ?
Pour les utilisateurs historiques de Bybit – ceux qui viennent avant tout trader des cryptomonnaies – la question est légitime : est-ce que tout cela va diluer l’expérience de trading qui a fait le succès de la plateforme ?
La réponse semble être non. Bybit promet de continuer à investir massivement dans ses produits de trading (dérivés, spot, copy trading, bots, etc.) tout en développant en parallèle les services bancaires. L’idée est plutôt de créer des synergies :
- Revenus fiat directement utilisables pour trader sans conversion
- Staking et yield farming accessibles depuis le compte MyBank
- Récompenses en cashback fiat sur les frais de trading
- Possibilité de payer ses factures courantes avec les gains crypto
En résumé, Bybit veut devenir une application « tout-en-un » où l’on gère son argent quotidien, ses investissements long terme et ses positions spéculatives au même endroit.
Comparaison avec les géants actuels : où se situe Bybit ?
Face à cette annonce, plusieurs comparaisons viennent naturellement à l’esprit :
- Binance a déjà sa carte et ses services de paiement, mais pas encore de véritable compte bancaire avec IBAN
- Revolut et N26 proposent crypto, mais de façon très limitée
- PayPal et Revolut ont intégré crypto, mais restent avant tout des acteurs fiat
- Coinbase développe fortement le segment institutionnel, mais sans offrir de banking retail complet
Bybit se positionne donc sur un créneau assez unique : celui d’une plateforme crypto-first qui ajoute progressivement tous les services d’une néo-banque moderne. Si l’exécution suit, cela pourrait créer un avantage compétitif significatif.
Les risques et les défis à relever en 2026
Malgré l’ambition affichée, le chemin reste semé d’embûches. Voici les principaux défis identifiés :
- Obtenir et maintenir les licences bancaires dans un maximum de juridictions
- Gérer la concurrence croissante des néo-banques et fintechs crypto-friendly
- Assurer une expérience utilisateur irréprochable sur un produit aussi complexe
- Convaincre les utilisateurs crypto les plus « puristes » que l’intégration fiat ne va pas dénaturer l’esprit décentralisé
- Faire face à une possible régulation plus stricte au niveau mondial en 2026-2027
Chaque point représente un risque réel, mais aussi une opportunité pour Bybit de se différencier si l’équipe parvient à les surmonter.
Quel avenir pour l’écosystème crypto dans son ensemble ?
Si Bybit réussit son pari, cela pourrait accélérer un mouvement déjà en cours : la convergence entre finance traditionnelle et finance décentralisée. Les frontières deviennent de plus en plus poreuses. Les stablecoins gagnent en adoption pour les paiements du quotidien, les blockchains layer 1 et layer 2 deviennent plus rapides et moins chères, et les institutions financières intègrent progressivement les actifs numériques.
Dans ce contexte, les plateformes qui sauront le mieux hybrider les deux mondes auront probablement un avantage décisif. Bybit semble avoir choisi de jouer cette carte à fond avec sa roadmap 2026.
Reste maintenant à voir si l’exécution suivra les annonces. Une chose est sûre : l’année 2026 s’annonce comme une année charnière pour Bybit… et peut-être pour tout le secteur crypto.
À suivre de très près.
