Imaginez un instant : le PDG d’une des plus grandes plateformes d’échange crypto au monde déclare haut et fort que son entreprise est mal comprise par les géants de la finance traditionnelle. C’est exactement ce qu’a fait Brian Armstrong, patron de Coinbase, dans une récente prise de parole qui a secoué la communauté. Alors que les chiffres de croissance impressionnent, Wall Street semble hésiter. Pourquoi un tel fossé persiste-t-il en 2026 ?

Le cri du cœur de Brian Armstrong face au scepticisme

Dans un message publié sur X après une session questions-réponses avec des analystes, Brian Armstrong n’a pas mâché ses mots. Il estime que Coinbase souffre d’un malentendu persistant de la part des analystes financiers traditionnels. Selon lui, ce n’est pas un hasard : la crypto représente une menace directe pour les modèles économiques établis depuis des décennies.

Le dirigeant compare la situation à un dilemme de l’innovateur classique. Les institutions financières les plus avancées commencent à intégrer les actifs numériques, tandis que d’autres restent sur la défensive, craignant pour leur survie. Ce clivage interne à Wall Street explique, selon Armstrong, pourquoi Coinbase est souvent sous-évalué.

« La crypto perturbe directement Wall Street, il est donc logique que certains à Wall Street ne comprennent pas la crypto ou Coinbase. »

Brian Armstrong, PDG de Coinbase

Cette déclaration intervient dans un contexte où les résultats financiers de Coinbase pour 2025 ont pourtant de quoi impressionner. Le volume d’échanges total a bondi de 156 % sur un an, la part de marché dans le trading crypto a doublé, et les actifs sous garde ont triplé en trois ans. Difficile de parler d’échec avec de tels chiffres.

Une adoption institutionnelle en pleine accélération

Armstrong met en avant un point clé : environ la moitié des grandes institutions financières mondiales se tournent désormais vers les actifs numériques. Cinq banques classées parmi les GSIB (Global Systemically Important Banks) collaborent déjà avec Coinbase. Ce chiffre n’est pas anodin : il montre que les acteurs les plus puissants du système financier traditionnel commencent à franchir le pas.

Avec l’amélioration de la clarté réglementaire, notamment aux États-Unis, cette tendance ne fait que s’accentuer. Les recrutements de talents spécialisés en crypto se multiplient dans les grandes banques. Pendant ce temps, les retardataires risquent de se retrouver dépassés, comme l’ont été les compagnies de taxis face à Uber ou les hôtels face à Airbnb.

Ce que les chiffres de Coinbase révèlent vraiment :

  • Volume d’échanges total multiplié par plus de 2,5 en un an
  • Part de marché doublée dans le trading crypto mondial
  • Actifs sous garde triplés en trois ans
  • 12 produits générant chacun plus de 100 millions de dollars de revenus annualisés
  • Records historiques pour les abonnements Coinbase One et les soldes USDC

Ces données montrent une entreprise qui ne se contente plus d’être une simple plateforme d’échange. Coinbase se positionne comme une infrastructure essentielle pour l’avenir de la finance, capable de diversifier ses revenus bien au-delà des simples frais de transaction.

Les critiques acerbes de la communauté crypto

Malgré ces arguments solides, la publication d’Armstrong a suscité de vives réactions sur X. Certains utilisateurs n’ont pas hésité à remettre en cause la sincérité du PDG. L’un des reproches les plus récurrents concerne les ventes répétées d’actions Coinbase par Armstrong lui-même.

« Pourquoi devrais-je conserver des actions si le PDG les vend sans arrêt ? » s’interroge un contributeur. D’autres pointent du doigt des choix stratégiques jugés discutables : la sécurité des clients, la vente des frais de séquenceur sur Base au lieu de les réinvestir dans l’écosystème Ethereum, ou encore un manque supposé de conviction sur ETH.

« Vous vendez sans cesse vos actions. Pourquoi croirais-je que c’est sous-évalué alors que vous semblez vouloir vous en débarrasser le plus vite possible ? »

Un utilisateur X critique

Ces critiques soulignent une tension classique dans l’univers crypto : les dirigeants doivent-ils incarner personnellement la conviction qu’ils vendent aux investisseurs ? Pour beaucoup, les ventes massives d’actions par un PDG sont un signal d’alarme, même quand les fondamentaux de l’entreprise paraissent solides.

Derrière les chiffres GAAP : la vraie rentabilité opérationnelle

Armstrong a également tenu à clarifier un point technique souvent source de confusion. Les résultats nets selon les normes GAAP incluent les gains et pertes non réalisés sur les cryptos détenues par Coinbase. Ces variations comptables peuvent masquer la performance réelle.

En ajustant ces éléments, le bénéfice opérationnel du dernier trimestre reste positif, même dans un marché baissier. C’est un argument important pour démontrer que l’entreprise n’est plus aussi dépendante des cycles haussiers du Bitcoin qu’auparavant.

Les piliers de la diversification selon Coinbase :

  • Revenus issus des stablecoins (notamment USDC)
  • Abonnements premium (Coinbase One)
  • Produits institutionnels et services de garde
  • Trading de nouveaux actifs (or, argent, prédiction markets)
  • Intégration progressive de la DeFi et des DEX

Cette stratégie de diversification porte ses fruits : les revenus récurrents augmentent, rendant Coinbase plus résilient face à la volatilité des prix crypto.

Un positionnement stratégique pour 2026 et au-delà

En conclusion de son message, Brian Armstrong invite les investisseurs à adopter une vision long terme. « Pour générer de l’alpha, il faut être tôt et avoir raison », affirme-t-il. Selon lui, Coinbase reste sous-évalué car les analystes traditionnels ne perçoivent pas encore pleinement la transformation structurelle en cours dans la finance mondiale.

La tokenisation des actifs réels, l’adoption massive des stablecoins, l’essor des infrastructures layer-2 comme Base : tous ces éléments positionnent Coinbase comme un acteur central de la prochaine décennie financière. Reste à savoir si Wall Street finira par reconnaître cette réalité ou si le fossé se creusera encore davantage.

Ce débat dépasse largement Coinbase. Il illustre le choc entre deux mondes : l’ancienne finance centralisée et la nouvelle économie décentralisée. Les mois à venir diront qui sortira gagnant de cette confrontation historique.

En attendant, une chose est sûre : les déclarations de Brian Armstrong ont remis le projecteur sur une question essentielle. Coinbase est-elle vraiment mal comprise, ou est-ce Wall Street qui refuse encore de voir l’inévitable ?

La réponse, comme souvent en crypto, se trouve probablement quelque part entre les deux.

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