Et si le bitcoin n’était plus d’abord un ticket de loterie, mais une pièce de garantie que l’on dépose auprès d’une banque ? Cette question a cessé d’être théorique le 17 septembre, lorsque Jay Jacobs, responsable américain des ETF actions chez BlackRock, a décrit sur le Pomp Podcast un marché dont la volatilité serait tombée vers la zone 35-40, contre près de 80 auparavant. Le propos n’était pas un slogan marketing. Il s’inscrivait dans une conversation plus large sur IBIT, les options, les créations en nature et le désir de certains très gros porteurs d’utiliser leurs parts comme collatéral plutôt que de vendre leur exposition.

Ce Que Blackrock Change Dans Le Récit Du Bitcoin

Anthony Pompliano a formulé le constat à voix haute : le bitcoin serait passé d’une volatilité d’environ 80 à une fourchette 35-40. Jacobs n’a pas désigné un seul coupable. Il a cité les ETP, les options, une liquidité plus profonde et une base d’investisseurs de long terme plus large. Cette accumulation de facteurs, selon lui, a comprimé les à-coups de prix sans effacer le caractère de l’actif.

Le basculement de langage est aussi important que le chiffre. On ne parle plus seulement de « se enrichir vite ». On parle de collatéral, d’emprunts gagés, de couverture et de flexibilité de portefeuille. Chez les institutions, ce vocabulaire n’est jamais anodin. Il signale que l’actif entre dans des processus de crédit, de trésorerie et de gestion des risques.

Les ETF bitcoin servent de plus en plus d’outils financiers pour les gros détenteurs qui cherchent du collatéral, de l’accès aux options et de la souplesse de portefeuille, alors que la volatilité se rapproche de la zone 35-40.

Lecture reformulée des propos de Jay Jacobs

Pourquoi La Volatilité A Pu Se Comprimer

La volatilité n’est pas un thermomètre magique. Elle mesure l’ampleur des variations passées, annualisée, et elle réagit à la liquidité, à la composition des flux et à la présence d’outils de couverture. Quand davantage d’acteurs peuvent acheter, vendre, prêter et se couvrir sans passer uniquement par le marché spot de gré à gré, certains chocs quotidiens s’amortissent.

Jacobs a insisté sur l’absence d’explication unique. Les ETP ont multiplié les portes d’entrée. Les options ont permis des positions plus complexes. Un vivier plus large d’acheteurs stratégiques a fourni une demande moins nerveuse que celle des traders à horizon court. Tout cela, pris ensemble, peut réduire une partie des oscillations. Cela ne les supprime pas.

Ce que l’on peut retenir sans surinterpréter

  • La fourchette 35-40 est un constat de marché, pas une promesse de calme éternel.
  • Les ETP, les options et les détenteurs de long terme agissent ensemble, pas isolément.
  • Le levier et les liquidations peuvent encore amplifier un mouvement violent.
  • BlackRock décrit une financialisation, pas une disparition du risque.

Il faut aussi rappeler une évidence que l’interview n’escamote pas : le bitcoin peut encore connaître des à-coups brutaux. Les dérivés et l’effet de levier restent capables d’accélérer une chute dès que les positions surendettées sont forcées de se dénouer. Une volatilité plus basse en moyenne n’interdit pas des journées extrêmes.

IBIT N’est Plus Seulement Un Véhicule De Détention

Au départ, BlackRock pensait que la garde institutionnelle serait le premier motif pour faire entrer des bitcoins dans une enveloppe ETF. Les conversations clients ont révélé autre chose. Placer l’exposition dans un compte financier classique rend plus simple l’usage de cette richesse dans les marchés du crédit et des dérivés.

Des détenteurs dont une part considérable du patrimoine repose sur le bitcoin veulent parfois de la liquidité pour un bien immobilier, un véhicule ou d’autres dépenses, sans céder leur exposition. Une position en parts d’ETF peut, selon les cas, être donnée en garantie à un prêteur qui accepte ces titres. Les options peuvent servir à se couvrir ou à générer un revenu.

La nuance mécanique est essentielle. IBIT n’accorde pas de prêt immobilier. BlackRock ne garantit pas qu’un investisseur pourra emprunter contre ses parts. C’est la banque, le courtier ou un autre prêteur qui décide s’il prend les parts en garantie, et à quelles conditions. Le produit ouvre une possibilité. Il ne crée pas un droit automatique.

Ce glissement vers le crédit n’est pas isolé. Des établissements traditionnels ont déjà élargi leurs services de prêt gagé, y compris autour d’actifs numériques et de fonds liés au bitcoin. Jacobs décrit cette connexion entre richesse en bitcoin et outils classiques de prêt, de couverture et d’allocation comme une étape de financialisation.

Créations En Nature Et Seuil Du Panier

La structure d’IBIT permet désormais des créations et rachats en nature par les participants autorisés. La SEC a ouvert cette voie pour les ETP crypto en juillet 2025, après une période initiale où les ETF spot américains devaient fonctionner en cash only. Paul Atkins, alors président de l’autorité, avait estimé que les transactions en nature pouvaient rendre les produits moins coûteux et plus efficaces.

En nature ne signifie pas qu’un particulier se présente au siège de BlackRock avec quelques fractions de bitcoin pour obtenir des parts. L’activité de création et de rachat passe par des participants autorisés et des paniers de taille institutionnelle. Les données citées pour IBIT plaçaient un panier de création autour de 1,73 million de dollars au 17 septembre, soit 22,65 BTC. Jacobs avait parlé d’un seuil pratique d’environ 1,5 million, après une baisse sensible par rapport aux niveaux antérieurs.

Ce détail technique a une conséquence concrète. Plus le panier est accessible, plus l’arbitrage entre le marché du fonds et le marché sous-jacent peut se faire avec fluidité. Moins d’écarts persistants, davantage de discipline de prix. Ce n’est pas de la magie. C’est de la plomberie de marché.

Les Chiffres D’IBIT Tels Qu’Ils Étaient Présentés

IBIT restait, de loin, le plus grand ETP crypto de BlackRock. Vers le 17 septembre, le gestionnaire faisait état d’environ 59,87 milliards de dollars d’actifs nets, 1,382 milliard de parts en circulation et des frais de promoteur de 0,25 %. Le fonds suit le CME CF Bitcoin Reference Rate-New York Variant. Ces agrégats ne disent pas si le bitcoin montera demain. Ils disent que l’enveloppe a atteint une taille où elle pèse dans les flux quotidiens.

Une taille de cette ampleur change le quotidien des teneurs de marché. Elle attire des options, des prêts de titres, des stratégies de couverture. Elle attire aussi des regards réglementaires et des comparaisons permanentes avec les fonds concurrents. Le succès d’un ETF n’est jamais seulement un score d’encours. C’est un écosystème qui se greffe autour du ticker.

Du Spot Au Revenu : ETHA, ETHB Et BITA

La stratégie crypto de BlackRock dépasse désormais la simple exposition spot, tout en restant concentrée sur le bitcoin et l’ether. Jacobs a expliqué ce choix par le poids de ces deux actifs dans la capitalisation du marché numérique. La maison n’a pas adopté la logique du catalogue illimité.

Côté ether, ETHA offre l’exposition spot. ETHB, l’iShares Staked Ethereum Trust ETF, combine le prix de l’ether et une part de récompenses de staking. Vers le 10 septembre, les actifs nets dépassaient légèrement le milliard de dollars, avec un taux de récompenses de staking sur 30 jours de 1,54 % et des frais de 0,25 %. Le produit a commencé à se négocier en mars comme premier ETP américain d’ether de BlackRock intégrant le staking.

Pour les investisseurs qui veulent du cash-flow à partir du bitcoin, BlackRock a lancé en juin l’iShares Bitcoin Premium Income ETF, ticker BITA. Certaines notes d’entretien ont parlé de « BIDA », mais le ticker officiel est BITA. Le fonds détient une exposition bitcoin via du BTC spot et IBIT, puis vend principalement des calls sur IBIT pour encaisser des primes. Au lancement, la stratégie visait en général des calls couvrant environ 25 % à 35 % du portefeuille.

La page produit indiquait un taux de distribution de 13,25 % au 9 septembre et des frais de 0,65 %. Un taux de distribution n’est pas un rendement garanti. Il peut varier. Vendre des calls couverts peut produire un revenu mensuel, mais bride une partie de la hausse si le bitcoin s’envole. Jacobs a présenté cette construction comme une réponse à des clients dont les portefeuilles sont organisés autour du flux de trésorerie. Le bitcoin spot ne verse ni coupon ni dividende. Les primes d’options deviennent alors un levier pour créer un revenu distribuable.

Quatre enveloppes, quatre usages

  • IBIT : exposition spot bitcoin dans un cadre ETF large et liquide.
  • ETHA : exposition spot ether, sans la couche de staking du produit frère.
  • ETHB : ether plus une portion de récompenses de validation.
  • BITA : exposition bitcoin partielle plus primes d’options, avec une logique de revenu.

Le Collatéral Change Le Comportement Des Gros Porteurs

Un détenteur concentré n’a pas le même problème qu’un épargnant qui met quelques centaines d’euros sur une application. Quand le bitcoin représente une fraction majeure du patrimoine, vendre pour acheter une maison crée un événement fiscal, un risque de timing et une perte d’exposition. Emprunter contre une position reconnue par un intermédiaire traditionnel peut sembler plus élégant, même si le coût du crédit et les appels de marge existent bel et bien.

C’est précisément ce que Jacobs décrit comme un usage émergent. L’ETF n’invente pas le besoin. Il le rend opérable dans des comptes que les banques savent déjà gérer. Les parts ont un identifiant, une valorisation quotidienne, une liquidité de marché. Pour un comité de crédit, cela ressemble davantage à un titre connu qu’à une clé privée stockée dans un coffre.

Reste le point de vigilance. Accepter des parts comme garantie n’est pas une obligation du système bancaire. Les haircuts, les limites internes, les règles de concentration et les scénarios de stress décident du montant réellement empruntable. Un marché plus calme aide. Il ne force personne à prêter.

Options, Couverture Et Récit Du « Moins De Casino »

Pompliano a demandé si la baisse de volatilité venait de Wall Street, des ETF ou du marché dérivé construit autour de l’actif. Jacobs a renvoyé à un faisceau de causes. Les options, en particulier, donnent des outils pour des positions complexes et pour la gestion du risque. Elles peuvent aussi, paradoxalement, amplifier certains mouvements quand les teneurs de marché se rééquilibrent violemment.

Le récit du « moins de casino » séduit parce qu’il est simple. Il est incomplet. Un marché d’options profond peut lisser des journées ordinaires et durcir des journées extraordinaires. Les liquidations en cascade n’ont pas disparu parce qu’un ETF existe. Elles changent parfois de lieu et d’horaire.

Une volatilité plus basse n’a pas modifié, selon Jacobs, ce que BlackRock considère comme les caractéristiques d’investissement fondamentales du bitcoin.

Synthèse de l’entretien

Dans les périodes où les investisseurs s’inquiètent des États, de l’instabilité géopolitique ou de la dépréciation des monnaies fiduciaires, le bitcoin « devrait bénéficier », a-t-il dit, tout en reconnaissant que ces mêmes conditions peuvent peser sur les actifs conventionnels. C’est une vue d’investissement. Ce n’est pas une loi. Les corrélations bougent d’un cycle à l’autre. Rien n’établit que le bitcoin monte mécaniquement lorsque les actions ou les obligations baissent.

Ce Que La Financialisation Ne Promet Pas

On entend parfois que l’arrivée des institutions « tue » le bitcoin. L’entretien de Jacobs raconte plutôt une absorption partielle dans la finance de portefeuille. L’actif reste spéculatif, cyclique, sensible aux liquidités mondiales. Il gagne des tuyaux : création en nature, options listées, prêts gagés, produits de revenu.

Financialiser, c’est rendre transférable, comparable, finançable. Ce n’est pas rendre inoffensif. Un titre plus facile à nantir peut augmenter l’usage du levier. Un marché d’options plus riche peut attirer des stratégies de vente de volatilité qui marchent jusqu’au jour où elles explosent. La compression observée vers 35-40 peut donc être à la fois un signe de maturité et un combustible pour de futurs déséquilibres.

Les investisseurs particuliers n’ont pas le même accès que les participants autorisés. Ils n’apportent pas 22 bitcoins pour créer un panier. Ils achètent des parts en bourse, paient le spread, subissent le suivi d’indice et les frais. Confondre la plomberie institutionnelle et l’expérience retail est une erreur fréquente.

L’Intelligence Artificielle Entre Dans Le Même Cadre Thématique

L’entretien a glissé du bitcoin vers l’intelligence artificielle. Jacobs a décrit l’adoption de l’IA comme une variable macroéconomique de plus en plus pertinente pour les actions américaines. BlackRock ne la traite pas seulement comme un thème sectoriel technologique. La maison examine la chaîne : utilities, infrastructures électriques, centres de données, semi-conducteurs, développeurs de modèles, logiciels et applications.

Les délais d’offre diffèrent fortement. Jacobs a estimé qu’une nouvelle mine de cuivre peut demander quatre à huit ans avant de produire, et qu’une usine de fabrication de semi-conducteurs peut mettre environ quatre ans à devenir opérationnelle. Ces durées servaient à expliquer un cadre d’investissement, pas à pronostiquer le prix du cuivre ou le rendement d’une valeur IA.

Le gestionnaire propose plusieurs produits pour découper cette chaîne : stratégie IA active, infrastructures et énergie, immobilier de centres de données, expositions liées au cuivre. Jacobs a aussi rappelé que le nombre d’ETF américains oblige l’investisseur à regarder les holdings, la structure, la fiscalité et les dispositifs de tenue de marché, plutôt que le seul nom commercial.

BITA illustre ces écarts de structure. Le fonds utilise une forme de partenariat, ce qui, selon BlackRock, conduit en général à un formulaire fiscal K-1 aux États-Unis. IBIT, bien qu’exposé au même sous-jacent, n’emploie pas la stratégie de calls couverts de BITA. Les documents de juin indiquaient que BITA peut vendre des calls sur environ 25 % à 35 % de l’exposition bitcoin, le reste conservant davantage de sensibilité au prix. La stratégie d’options est gérée activement et peut évoluer.

Comment Lire Un Produit Au-Delà Du Ticker

Le conseil de Jacobs sur la jungle des ETF vaut pour le bitcoin comme pour l’IA. Un nom rassurant ne dit rien de la réplication, des frais, de la politique de prêt de titres, du traitement fiscal ou de la manière dont le teneur de marché intervient aux extrêmes. Deux fonds « bitcoin » peuvent se comporter de façon très différente dès que le sous-jacent s’emballe.

BITA encaisse des primes en cédant une partie de la hausse. ETHB ajoute une couche opérationnelle liée au staking, donc à des choix de validation, de liquidité interne et de calendrier de récompenses. IBIT reste plus proche d’un tracker de prix. Présenter ces trois objets comme interchangeables serait une faute de lecture.

  • Regarder la poche réellement exposée au spot
  • Comprendre la part éventuellement couverte par des options
  • Vérifier les frais et le type de distribution
  • Distinguer création institutionnelle et achat retail

Le Contexte Réglementaire Qui Rend Ces Produits Possibles

Sans le feu vert aux créations en nature pour les ETP crypto, une partie du discours de Jacobs n’aurait pas le même poids. Le passage d’un régime cash only à un régime pouvant livrer l’actif sous-jacent change le coût d’arbitrage et, potentiellement, l’efficacité fiscale pour certains intermédiaires. L’investisseur final ne voit souvent que le ticker. Les professionnels voient le panier.

Cette architecture n’efface pas les débats plus larges sur la garde, la lutte contre le blanchiment, la fiscalité des récompenses de staking ou le traitement des prêts gagés. Elle montre simplement que le régulateur américain a accepté, à partir de 2025, de rapprocher davantage ces produits du fonctionnement habituel des ETF de matières premières.

Ce Que Les Marchés Peuvent En Faire Demain

Si davantage de patrimoine bitcoin bascule dans des enveloppes nantissables, deux dynamiques peuvent coexister. D’un côté, moins de ventes forcées pour financer la vie réelle. De l’autre, plus de dette collatéralisée, donc plus de sensibilité aux appels de marge si le prix recule. La compression de volatilité rend le crédit plus tentant. Elle n’élimine pas le cycle du crédit.

Les produits de revenu comme BITA répondent à une demande réelle de cash-flow. Ils peuvent aussi habituer une clientèle à considérer le bitcoin comme une source de coupon synthétique. Tant que les primes restent généreuses, le récit tient. Si la volatilité reste basse trop longtemps, les primes s’amenuisent. Si elle explose, la partie non couverte souffre et la partie callée plafonne.

Sur l’ether, le staking dans un wrapper ETF pose une question de pédagogie. L’investisseur achète un prix plus une promesse de rendement opérationnel. Ce rendement n’est pas un taux d’État. Il dépend du réseau, de la portion stakée, des frais et de la politique du fonds. Afficher 1,54 % sur trente jours annualisés de manière brute n’autorise aucune extrapolation naïve.

Une Lecture Prudente Des Propos De Jacobs

Jacobs parle depuis une franchise qui vend des expositions. Son diagnostic sur la volatilité s’appuie sur une observation de marché largement commentée, mais il reste une lecture, pas une loi physique. Les causes qu’il énumère sont plausibles. Aucune n’est exclusive. D’autres forces, comme le régime de liquidité mondiale ou le comportement des mineurs, peuvent peser tout autant selon les trimestres.

Le passage du récit « enrichissement rapide » au récit « collatéral » décrit surtout la clientèle que BlackRock rencontre. Il ne décrit pas nécessairement le trader de détail ni le maximaliste qui refuse toute intermédiation. Le marché bitcoin n’est pas un bloc unique. Il est un empilement de cohortes aux horizons incompatibles.

Garder cette hétérogénéité en tête évite deux caricatures. La première consiste à crier à la trahison dès qu’une banque parle de nantissement. La seconde consiste à croire que le bitcoin est devenu une obligation d’entreprise parce qu’un ETF liquide existe. Ni l’une ni l’autre ne résiste aux faits présentés dans l’entretien.

Points De Repère Pour Suivre La Suite

Plusieurs indicateurs diront si le basculement décrit par Jacobs s’approfondit. L’encours d’IBIT et la taille du panier de création. Le développement réel des prêts acceptant des parts d’ETF crypto. L’open interest et le skew des options sur IBIT. Les flux vers BITA lorsque la volatilité reste basse. La collecte d’ETHB si le staking en wrapper séduit au-delà du cercle des initiés.

Il faudra aussi observer ce que font les banques lorsqu’un stress revient. Un collatéral accepté par beau temps peut être repricé brutalement. Les haircuts montent. Les lignes se ferment. C’est dans ces moments-là que l’on saura si la financialisation a rendu le système plus résilient ou simplement plus interconnecté.

À surveiller sans en faire un horoscope

  • Évolution de la volatilité réalisée autour de la zone citée.
  • Conditions concrètes des prêts gagés sur parts d’ETF.
  • Écarts éventuels entre IBIT et le cours spot lors des chocs.
  • Comportement des fonds de revenu si les primes d’options se contractent.

Pourquoi Ce Sujet Déborde Le Seul Cours Du Bitcoin

Derrière un chiffre de volatilité se joue une redéfinition des usages. Un actif que l’on peut nantir, couvrir et insérer dans une poche de revenu n’occupe plus la même case mentale qu’un jeton que l’on stocke en attendant une lune. Cela n’interdit ni les bulles ni les krachs. Cela change la liste des acteurs qui ont un intérêt à ce que le marché fonctionne tous les jours ouvrés.

BlackRock n’est pas le marché. IBIT n’est pas le bitcoin. Jacobs n’est pas un oracle. Mais lorsqu’un gestionnaire de cette taille décrit un passage du récit spéculatif au récit de collatéral, il faut écouter le vocabulaire. Les institutions ne prononcent pas ce mot à la légère. Elles le prononcent quand des comités, des contrats et des lignes de crédit commencent à exister.

La suite dépendra moins d’une phrase de podcast que de la capacité des prêteurs à vivre avec un collatéral encore capable de perdre un tiers de sa valeur en quelques semaines. La zone 35-40 rend cette conversation possible. Elle ne la clôt pas. Entre le calme statistique et la prochaine rupture, il reste toute la distance que les cycles financiers savent si bien rappeler.

Une Conclusion Ouverte Plutôt Qu’Un Verdict

L’entretien du 17 septembre dresse le portrait d’un bitcoin plus branché sur la finance de portefeuille : ETF massifs, options, staking encapsulé, produits de primes, créations en nature, discours de collatéral. La volatilité plus basse est le décor. La vraie intrigue est l’usage. Que feront les gros porteurs de cette nouvelle malléabilité ? Vendront-ils moins ? Emprunteront-ils plus ? Hedgeront-ils mieux, ou se levieront-ils davantage ?

Aucune de ces questions n’a de réponse définitive dans les propos de Jacobs. Elles ont seulement un cadre plus clair. Le bitcoin entre dans des comptes que les institutions savent déjà administrer. Cela peut apaiser certaines journées. Cela peut aussi relier plus étroitement l’actif aux réflexes du crédit. Entre ces deux lectures, le marché tranchera, comme toujours, par les flux plutôt que par les formules.

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