Imaginez un instant : une seule entreprise décide, en quelques semaines seulement, de verrouiller plus de 3,3 milliards de dollars en Ethereum sur le réseau. Pas pour spéculer à court terme, non. Pour générer des rendements, renforcer sa position stratégique et, peut-être, devenir l’un des plus gros acteurs institutionnels de l’écosystème. C’est exactement ce que vient de réaliser Bitmine sous la houlette de Tom Lee.
Le 10 janvier 2026, la société a une nouvelle fois fait parler d’elle en déposant 86 400 ETH, soit environ 266,3 millions de dollars au cours du jour, dans des contrats de staking. Une opération qui porte désormais le total staké par Bitmine à plus de 1,08 million d’ETH. Une ascension fulgurante qui interroge autant qu’elle fascine la communauté crypto.
L’étonnante métamorphose de Bitmine
Il y a encore quelques mois, Bitmine était connue principalement comme une société spécialisée dans le minage de Bitcoin. Puis, le 30 juin 2025, tout a basculé. Tom Lee, le célèbre analyste et cofondateur de Fundstrat Global Advisors, prend la présidence du conseil d’administration. Quelques jours plus tard, l’entreprise annonce un virage à 180 degrés : exit le minage BTC, bienvenue dans la gestion de trésorerie Ethereum.
Depuis cette date charnière, Bitmine n’a cessé d’accumuler de l’ETH. D’abord timidement, puis à un rythme de plus en plus soutenu. Aujourd’hui, la société détient environ 4,14 millions d’ETH, ce qui représente déjà plus de 3,4 % de l’offre totale en circulation. Objectif affiché ? Atteindre les 5 % dans les prochains trimestres.
« Nous voulons devenir le plus grand détenteur institutionnel “fresh money” d’Ethereum au monde. »
Tom Lee, président de Bitmine
Cette déclaration n’est pas une simple promesse marketing. Les chiffres parlent d’eux-mêmes.
Une accélération impressionnante depuis fin décembre 2025
Tout a réellement commencé le 26 décembre 2025. Ce jour-là, Bitmine dépose ses premiers 74 880 ETH dans le staking, pour une valeur d’environ 219 millions de dollars. Une entrée remarquée, mais qui n’était encore qu’un amuse-bouche.
Puis, en seulement 48 heures (du 26 au 28 décembre), la société stake 342 560 ETH supplémentaires, soit près d’un milliard de dollars. Le rythme est déjà effréné. Mais ce n’était que le début.
- 4 janvier 2026 → 659 219 ETH stakés (valeur ~2,1 milliards $)
- 6 janvier → + environ 450 000 ETH stakés en valeur (~1,46 milliard $)
- 8 janvier → + 99 800 ETH (~344 millions $)
- 10 janvier → + 86 400 ETH (~266 millions $)
En moins de trois semaines, Bitmine a donc injecté plus de 2 milliards de dollars supplémentaires dans le staking Ethereum. Une cadence qui laisse pantois même les observateurs les plus aguerris du marché.
Chiffres clés au 11 janvier 2026 :
- ETH stakés : 1 080 512
- Valeur totale stakée : ~3,33 milliards $
- ETH total détenus : ~4,14 millions
- Part de l’offre totale : ~3,43 %
- Rendement annuel estimé : ~3,12 %
- Récompenses potentielles annuelles : ~33 700 ETH
Pourquoi staker autant et aussi vite ?
La question mérite d’être posée. Accumuler de l’ETH, c’est une chose. Mais verrouiller plus du quart de ses avoirs dans des contrats de staking en si peu de temps en est une autre. Plusieurs explications se croisent.
D’abord, la volonté de générer du rendement passif. À un rendement annuel moyen de 3,12 %, les 1,08 million d’ETH stakés pourraient rapporter environ 33 700 ETH par an, soit plus de 100 millions de dollars au cours actuel. C’est loin d’être négligeable pour une trésorerie institutionnelle.
Ensuite, le staking permet à Bitmine de renforcer sa crédibilité au sein de l’écosystème Ethereum. En devenant un acteur majeur du consensus (via le staking), l’entreprise s’inscrit durablement dans l’infrastructure du réseau. Une position stratégique qui pourrait lui ouvrir des portes auprès des développeurs, des projets DeFi et des institutions.
Enfin, et c’est sans doute l’élément le plus fascinant : cette stratégie semble répondre à une vision très long terme. Tom Lee répète depuis des mois que l’Ethereum est sous-évalué par rapport à son potentiel économique réel. Accumuler massivement, puis verrouiller une partie significative de ces avoirs, c’est afficher une conviction extrêmement forte sur l’avenir du réseau.
Les implications pour l’écosystème Ethereum
Quand une seule entité contrôle plus de 3,4 % de l’offre totale et que plus du quart de ses avoirs est staké, cela ne passe pas inaperçu.
D’un côté, cela renforce la sécurité économique du réseau : plus il y a d’ETH stakés, plus il devient coûteux d’attaquer la chaîne (notamment via une attaque à 51 % ou 33 % dans le cadre de la finalité Casper).
D’un autre côté, certains observateurs commencent à s’inquiéter d’une concentration accrue. Si Bitmine continue sur cette lancée et atteint réellement les 5 % de l’offre totale, elle deviendra l’un des plus gros validateurs individuels du réseau. Une situation qui, sans être illégale, pose question en termes de décentralisation.
« Plus on concentre le staking, plus on crée des points de centralisation potentiels, même si c’est fait de bonne foi. »
Un validateur anonyme sur X
Il est toutefois important de rappeler que Bitmine n’est pas (encore) dans le top 10 des plus gros stakers individuels. Les pools de staking comme Lido, Rocket Pool ou les exchanges centralisés (Coinbase, Binance, Kraken…) restent largement devant en termes de parts de stake total.
Tom Lee : le catalyseur de cette révolution de trésorerie
Difficile de parler de Bitmine sans évoquer longuement Tom Lee. L’ancien stratège vedette de JPMorgan puis de Fundstrat est devenu, depuis 2025, l’une des voix les plus influentes du secteur crypto traditionnel.
Ses prises de position très haussières sur Bitcoin depuis des années sont bien connues. Mais depuis son arrivée chez Bitmine, c’est Ethereum qui semble être au centre de ses attentions. Il n’hésite plus à affirmer que l’ETH pourrait devenir « l’actif de réserve du futur internet financier ».
Son charisme, sa crédibilité auprès des institutionnels et sa capacité à lever des fonds massifs ont clairement joué un rôle déterminant dans la rapidité de cette accumulation.
Les grandes étapes clés de Tom Lee chez Bitmine :
- 30 juin 2025 : nommé président
- Juillet 2025 : 2e levée de 500 M$ annoncée
- Mi-août 2025 : 1,15 M ETH détenus (~4,9 milliards $)
- Décembre 2025 : passage des 4 millions d’ETH
- Fin décembre 2025 : démarrage du staking massif
- Janvier 2026 : accélération fulgurante du staking
Quel avenir pour cette stratégie ?
La question que tout le monde se pose désormais est simple : jusqu’où ira Bitmine ?
Si la société maintient le rythme actuel, elle pourrait théoriquement atteindre les 5 % de l’offre totale d’ici la fin 2026 ou le premier semestre 2027, selon l’évolution du prix et des levées de fonds supplémentaires.
Mais plusieurs éléments pourraient venir ralentir (ou accélérer) cette trajectoire :
- L’évolution du cours de l’ETH (une hausse forte ralentirait mécaniquement l’accumulation en nombre de tokens)
- Les conditions de marché global (bear market = opportunité d’achat massive / bull market = difficulté à acheter sans faire monter le prix)
- Les réactions réglementaires (certains pays pourraient regarder d’un œil plus attentif une concentration aussi importante)
- La concurrence d’autres acteurs institutionnels qui pourraient adopter une stratégie similaire
- Les évolutions techniques d’Ethereum (changements au niveau du staking, des rendements, des retraits, etc.)
Quoi qu’il arrive, Bitmine est en train d’écrire une page importante de l’histoire de l’adoption institutionnelle d’Ethereum. Une page qui se lit à plusieurs milliards de dollars.
Ce que ça change pour l’investisseur particulier
Vous n’êtes pas (encore) une société levant des centaines de millions pour acheter de l’ETH ? Pas de panique. Cette actualité n’est pas sans conséquences pour les investisseurs retail.
D’abord, elle envoie un signal fort de confiance institutionnelle. Quand un acteur du calibre de Tom Lee décide de miser plusieurs milliards sur Ethereum, cela rassure forcément une partie du marché.
Ensuite, plus d’ETH stakés = moins d’ETH liquide sur le marché à court terme. Cela peut créer une pression haussière sur le prix, surtout si la demande reste soutenue (ETF, adoption DeFi, etc.).
Enfin, cela rappelle une réalité parfois oubliée : dans la course à l’accumulation d’ETH, les acteurs institutionnels ont clairement pris une longueur d’avance depuis mi-2025. Les petits porteurs devront être de plus en plus stratégiques s’ils veulent conserver une part significative dans le futur paysage de l’écosystème.
Conclusion : un pari historique en cours
Bitmine ne fait pas que staker de l’Ethereum. Elle est en train de tenter l’une des plus grosses expériences de trésorerie crypto de l’histoire récente.
Entre conviction profonde sur la valeur future d’Ethereum, recherche de rendement passif, volonté de s’inscrire comme acteur stratégique du réseau et pari institutionnel massif, tous les ingrédients sont réunis pour que cette stratégie marque durablement les esprits.
Reste à savoir si le marché, la régulation et l’évolution technique d’Ethereum donneront raison à Tom Lee et à son équipe. Mais une chose est certaine : en ce début 2026, impossible d’ignorer Bitmine et son impressionnante marche en avant.
À suivre… très attentivement.

