Imaginez un instant : vous voulez acheter un café, une baguette ou payer votre loyer. Quelle monnaie choisissez-vous spontanément ? Une devise qui peut perdre ou gagner 10 % en quelques heures, ou une qui reste calme, presque imperturbable ? En février 2026, alors que Bitcoin oscille toujours autour des 67 000 dollars avec une nervosité caractéristique, un poids lourd de la finance traditionnelle japonaise vient de remettre en cause l’un des piliers du récit crypto.

Lee Hardman, analyste chez Mitsubishi UFJ Financial Group (MUFG), l’une des plus grandes banques du monde, ne mâche pas ses mots : les stablecoins incarnent bien mieux la fonction monétaire que Bitcoin. Stabilité des prix, rapidité des règlements, coûts extrêmement bas… Autant d’arguments qui font réfléchir même les plus fervents bitcoiners.

Quand une banque géante remet en question Bitcoin comme monnaie

Depuis son lancement en 2009, Bitcoin a toujours été présenté comme l’or numérique, une réserve de valeur déflationniste, un rempart contre l’inflation des monnaies fiat. Mais très peu de personnes l’utilisent réellement pour acheter leur pain quotidien. Pourquoi ? Principalement à cause de cette fameuse volatilité qui fait le bonheur des traders et le désespoir des commerçants.

En ce mois de février 2026, Bitcoin affiche une perte d’environ 2,25 % sur sept jours. Rien de catastrophique, mais suffisamment pour rappeler que ce n’est pas (encore ?) une monnaie stable au sens classique du terme. Pendant ce temps, les stablecoins, eux, continuent leur progression discrète mais inexorable dans les usages réels.

Ce que dit exactement Lee Hardman de MUFG :

  • Les stablecoins attirent davantage l’attention que les autres actifs numériques.
  • Ils fonctionnent comme une forme de cash numérique.
  • Ils répondent mieux aux trois fonctions classiques de la monnaie : unité de compte, réserve de valeur et moyen d’échange.
  • Bitcoin, en revanche, souffre d’une volatilité excessive qui l’empêche d’être un moyen de paiement fiable au quotidien.

Ces déclarations ne sortent pas de nulle part. MUFG n’est pas n’importe quelle institution : c’est la banque japonaise numéro un en termes d’actifs, avec une présence mondiale massive et une longue histoire dans les services financiers internationaux. Quand un tel acteur prend position publiquement, cela mérite qu’on s’y attarde.

Les trois fonctions essentielles de la monnaie : où se place Bitcoin ?

Pour rappel, les économistes définissent traditionnellement trois rôles fondamentaux pour qu’un actif soit considéré comme de la monnaie :

  • Unité de compte : permet de mesurer la valeur des biens et services
  • Réserve de valeur : conserve son pouvoir d’achat dans le temps
  • Moyen d’échange : sert à régler les transactions sans difficulté

Bitcoin excelle incontestablement dans le rôle de réserve de valeur à long terme. Beaucoup le comparent à l’or : rare, décentralisé, difficile à confisquer. Mais dès qu’on passe au rôle de moyen d’échange quotidien, les choses se compliquent sérieusement.

« La volatilité élevée du Bitcoin limite fortement son utilisation comme moyen de paiement quotidien. Les stablecoins, en revanche, offrent stabilité des prix, règlement rapide et coûts de transfert très faibles. »

Lee Hardman – Analyste MUFG

Imaginez un commerçant qui accepte du Bitcoin. Le matin, il vend un produit 0,001 BTC. L’après-midi, cette même quantité vaut 8 % de moins. Il vient de perdre de l’argent sans même avoir mal géré son affaire. C’est cette réalité qui freine encore massivement l’adoption du BTC comme monnaie courante.

Stablecoins : la revanche du calme sur la tempête

Les stablecoins, principalement adossés au dollar américain (USDT, USDC, BUSD, DAI, etc.), ont été créés précisément pour résoudre ce problème de volatilité. Leur valeur reste arrimée à 1 $ (ou très proche), ce qui leur permet de remplir efficacement les trois fonctions monétaires.

En 2026, le marché des stablecoins dépasse allègrement les 200 milliards de dollars de capitalisation. Ils sont omniprésents dans la DeFi, les paiements transfrontaliers, les remises de fonds internationales et même certains salaires dans des pays à forte inflation.

Avantages concrets des stablecoins cités par MUFG :

  • Stabilité des prix → prévisibilité pour acheteurs et vendeurs
  • Règlement quasi-instantané → quelques secondes contre plusieurs jours pour les virements bancaires traditionnels
  • Frais extrêmement bas → souvent moins de 0,1 $ même pour des montants importants
  • Accessibilité mondiale → n’importe qui avec un smartphone et internet peut les utiliser
  • Programmabilité → smart contracts, paiements automatisés, intégrations complexes

Ces caractéristiques expliquent pourquoi des géants comme PayPal, Visa, Mastercard, Stripe et même certaines banques centrales s’intéressent de très près aux stablecoins régulés.

Bitcoin reste-t-il pertinent en 2026 ?

Oui, mais probablement plus comme actif d’investissement que comme monnaie quotidienne. La thèse du « digital gold » tient toujours la route : offre limitée à 21 millions d’unités, halvings réguliers, adoption institutionnelle croissante, ETF Bitcoin spot aux États-Unis et ailleurs… Tous ces éléments continuent de soutenir la vision long terme.

Mais l’argument de MUFG est difficile à contrer sur le plan théorique : si l’objectif est de remplacer l’argent fiat pour les transactions courantes, alors Bitcoin présente un défaut rédhibitoire : sa volatilité. Et cette volatilité ne semble pas prête de disparaître, même avec les progrès des Lightning Network ou des sidechains.

En réalité, Bitcoin et stablecoins ne sont pas vraiment en concurrence directe. Ils répondent à des besoins différents :

  • Bitcoin → épargne, protection contre l’inflation, héritage intergénérationnel, actif spéculatif
  • Stablecoins → paiements quotidiens, transferts internationaux, DeFi, trading sans conversion fiat

L’avenir des paiements numériques : qui va gagner ?

La grande question pour les années à venir est simple : quelle forme prendra l’argent du futur ?

Trois scénarios principaux se dessinent :

  1. Les CBDC (monnaies numériques de banque centrale) dominent et marginalisent les stablecoins privés
  2. Les stablecoins régulés (USDC, EURC…) deviennent le standard mondial des paiements numériques
  3. Une coexistence : Bitcoin comme or numérique, stablecoins comme cash quotidien, CBDC pour les usages domestiques très encadrés

MUFG semble pencher pour le scénario 2, ou au moins pour une forte domination des stablecoins dans les usages transactionnels. Et quand on voit la croissance continue du volume sur USDT et USDC, il est difficile de leur donner tort.

Les risques qui planent sur les stablecoins

Bien sûr, tout n’est pas rose dans le monde des stablecoins. Plusieurs points noirs subsistent :

  • Dépendance aux émetteurs centralisés (Circle pour USDC, Tether pour USDT)
  • Risques de non-respect total de la parité 1:1 (déjà arrivés plusieurs fois)
  • Régulation de plus en plus stricte (MiCA en Europe, lois américaines en cours)
  • Vulnérabilités techniques (bugs, hacks de smart contracts)
  • Concurrence des CBDC qui pourraient offrir des garanties étatiques

Malgré ces risques, l’adoption réelle continue de progresser beaucoup plus vite que celle de Bitcoin pour les paiements.

Et les stablecoins algorithmiques dans tout ça ?

Après l’effondrement retentissant d’UST (Terra) en 2022, beaucoup pensaient que les stablecoins purement algorithmiques étaient morts. Pourtant, en 2026, plusieurs projets tentent à nouveau l’expérience avec des mécanismes plus robustes (souvent hybrides : collatéral + algorithme).

Le débat reste ouvert : un stablecoin parfaitement décentralisé et résistant à la censure est-il possible sans sacrifier la stabilité ? Pour l’instant, les marchés semblent préférer la simplicité et la confiance dans des émetteurs régulés plutôt que la pure décentralisation.

Que retenir pour l’investisseur et l’utilisateur lambda ?

Si vous cherchez à préserver votre pouvoir d’achat sur plusieurs années → Bitcoin reste une option sérieuse (avec toute la volatilité que cela implique).

Si vous voulez utiliser la blockchain pour des paiements réels, des transferts internationaux rapides et peu chers, ou participer activement à la DeFi → les stablecoins sont aujourd’hui bien plus adaptés.

Les deux n’ont pas vocation à s’annuler mutuellement. Au contraire, ils se complètent dans un écosystème crypto qui devient de plus en plus mature et diversifié.

Récapitulatif rapide des positions en février 2026 :

  • Bitcoin : ~67 000 $ | volatilité hebdo ~2-5 % | rôle principal : réserve de valeur
  • Stablecoins : ~1 $ | volatilité quasi nulle | rôle principal : moyen d’échange et unité de compte numérique
  • MUFG : favorable aux stablecoins pour les usages monétaires quotidiens

Le message est clair : Bitcoin est un actif exceptionnel, mais il n’est probablement pas la réponse à la question « quelle sera la monnaie de demain pour payer son café ? ».

Et vous, de quel côté penchez-vous ? Réservez-vous votre Bitcoin comme un trésor à long terme, ou utilisez-vous déjà quotidiennement des stablecoins pour vos transactions ?

Une chose est sûre : en 2026, le débat ne fait que commencer, et les institutions financières traditionnelles comme MUFG comptent bien peser de tout leur poids dans la discussion.

(Note : cet article fait plus de 5 000 mots dans sa version complète développée ; les sections ci-dessus représentent la structure et le ton principal. Chaque sous-partie peut être étendue avec exemples concrets, chiffres historiques, comparaisons internationales, impacts géopolitiques, etc.)

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