Ce vendredi 6 février 2026 restera gravé dans les mémoires des amateurs de cryptomonnaies. Alors que le Bitcoin venait de franchir à la baisse le seuil psychologique des 60 000 dollars pour la première fois depuis seize longs mois, une voix familière et critique s’est élevée sur les plateaux télévisés français. François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, n’a pas mâché ses mots.

Dans une intervention sans détour sur BFM Business, le haut responsable monétaire a rappelé avec une certaine satisfaction contenue ses mises en garde répétées depuis des années. Pour lui, la violente correction que traverse la reine des cryptos n’est pas une surprise : elle est la démonstration concrète de ce qu’il n’a cessé de répéter.

Quand la réalité rattrape les promesses les plus folles

Le marché crypto traverse actuellement l’une de ses phases les plus douloureuses depuis le début de l’année 2026. Après avoir flirté avec des sommets historiques bien au-dessus des 100 000 dollars il y a quelques mois, le Bitcoin a entamé une descente vertigineuse qui a fait perdre patience à de nombreux investisseurs.

Face à cette situation, François Villeroy de Galhau a tenu à remettre les pendules à l’heure. Selon lui, la chute actuelle n’est pas un accident conjoncturel, mais bien la conséquence logique des caractéristiques intrinsèques de l’actif numérique le plus célèbre au monde.

J’ai toujours dit que c’était un actif très volatil et très risqué. Ce qui est en train de se passer montre que les arbres ne montent pas jusqu’au ciel.

François Villeroy de Galhau – Gouverneur de la Banque de France

Cette formule imagée résume parfaitement la pensée du gouverneur. Pour lui, les cycles d’euphorie suivis de phases de désillusion brutale font partie intégrante de l’ADN du Bitcoin depuis sa création en 2009. Rien de nouveau sous le soleil, donc… sauf que le public semble avoir la mémoire courte.

Une critique récurrente mais toujours d’actualité

Depuis son arrivée à la tête de la Banque de France en 2018, François Villeroy de Galhau n’a jamais caché sa méfiance vis-à-vis des cryptomonnaies, et particulièrement du Bitcoin. À chaque flambée spéculative, il rappelle les mêmes arguments : absence de valeur intrinsèque, forte volatilité, utilisation limitée comme moyen de paiement, risques pour les investisseurs particuliers.

Mais cette fois, le contexte est particulier. Après plusieurs années où les institutions financières traditionnelles semblaient se réconcilier avec le Bitcoin – ETF approuvés, allocations par des fonds souverains, déclarations positives de grandes banques –, la correction brutale de 2026 donne de l’eau au moulin des sceptiques les plus farouches.

Les principaux reproches adressés au Bitcoin par le gouverneur depuis plusieurs années :

  • Volatilité extrême incompatible avec une fonction de réserve de valeur stable
  • Absence de contrepartie centrale susceptible de garantir la stabilité
  • Utilisation majoritairement spéculative plutôt qu’opérationnelle
  • Risques importants de pertes totales pour les investisseurs non avertis
  • Potentiel d’effets de contagion limités mais réels sur certains segments

Ces arguments, souvent balayés d’un revers de main par les maximalistes Bitcoin durant les phases haussières, reviennent aujourd’hui sur le devant de la scène avec une force renouvelée.

« Fuyez-les, ce sont soit des incompétents, soit des escrocs »

L’intervention du gouverneur ne s’est pas limitée à un simple constat de volatilité. Il a tenu des propos particulièrement durs à l’encontre de certains intermédiaires financiers qui continuent de présenter le Bitcoin comme un placement sûr ou une alternative crédible aux actifs traditionnels.

Fuyez-les, ce sont soit des incompétents, soit des escrocs.

François Villeroy de Galhau à propos des promoteurs de Bitcoin comme placement sûr

Ces mots forts visent clairement les influenceurs, conseillers en gestion de patrimoine ou plateformes qui minimisent encore les risques pour attirer de nouveaux clients. Dans un contexte où de nombreux particuliers ont investi leurs économies en pensant suivre une tendance inéluctable, cet avertissement résonne particulièrement.

Le gouverneur rappelle que la réglementation française et européenne s’est considérablement durcie ces dernières années, notamment avec MiCA. Pourtant, certains acteurs continuent de naviguer dans les zones grises, promettant des rendements élevés sans risque ou une protection illusoire contre l’inflation.

Pas de risque systémique… pour l’instant

Malgré la sévérité de ses critiques, François Villeroy de Galhau a tenu à rassurer sur un point essentiel : la chute actuelle du Bitcoin ne représente, à ce stade, aucun danger systémique pour l’économie réelle ni pour le système bancaire français ou européen.

Cette précision est importante. Elle signifie que même si des milliers d’investisseurs particuliers subissent des pertes importantes, ces pertes restent contenues et ne menacent pas la stabilité de l’ensemble du système financier. Les banques françaises n’ont pas développé d’exposition significative et directe au Bitcoin, contrairement à ce qui avait pu être observé dans certains établissements américains ou asiatiques par le passé.

Pourquoi la Banque de France considère qu’il n’y a pas de risque systémique :

  • Exposition limitée des banques françaises au Bitcoin et aux cryptos
  • Absence de produits dérivés crypto complexes dans les bilans bancaires
  • Portefeuilles de cryptos majoritairement détenus par des particuliers
  • Faible corrélation persistante entre cryptos et actifs traditionnels en période de stress
  • Dispositifs de sauvegarde et de résolution renforcés depuis 2018

Cette analyse prudente mais rassurante tranche avec certaines déclarations plus alarmistes entendues outre-Atlantique, où certains régulateurs s’inquiètent davantage des liens entre finance traditionnelle et crypto via les ETF et les produits structurés.

Le mythe de la décentralisation absolue mis à mal

Au-delà de la simple volatilité, François Villeroy de Galhau a également profité de son intervention pour revenir sur une idée fondamentale défendue par les partisans du Bitcoin : celle d’une monnaie totalement décentralisée, indépendante des banques centrales et des gouvernements.

Pour le gouverneur, cette vision « libertarienne » ne résiste pas à l’épreuve des faits. Même un actif décentralisé par nature reste soumis aux mouvements de foule, aux manipulations de marché, aux décisions réglementaires et aux évolutions macroéconomiques globales.

La chute brutale du Bitcoin, alors même que les taux directeurs restent élevés et que l’économie mondiale montre des signes de ralentissement, illustre selon lui cette dépendance aux facteurs externes que le Bitcoin ne peut ignorer.

Et maintenant ? Perspectives pour les investisseurs français

Face à cette correction majeure, de nombreux investisseurs français se posent aujourd’hui la même question : faut-il vendre en urgence, attendre un rebond ou couper définitivement les ponts avec cet actif ?

François Villeroy de Galhau ne donne pas de conseil d’investissement – ce n’est pas son rôle – mais son message est clair : ceux qui ont investi dans le Bitcoin l’ont fait en parfaite connaissance des risques extrêmes. Il espère que les pertes restent limitées et que la leçon sera retenue.

Du côté des observateurs du marché, les avis divergent. Certains y voient une simple correction technique dans un marché toujours haussier à long terme. D’autres parlent d’un changement de paradigme plus profond, avec une désaffection durable pour les actifs numériques spéculatifs.

Leçons à tirer de ce nouvel épisode

Quelle que soit l’issue de cette crise, plusieurs enseignements semblent déjà se dégager :

  • La diversification reste la règle d’or même dans l’univers crypto
  • Ne jamais investir plus que ce qu’on est prêt à perdre totalement
  • Se méfier des discours trop simplistes sur les « nouvelles classes d’actifs sans risque »
  • Comprendre que la régulation évolue rapidement et peut changer la donne
  • Accepter que la volatilité fait partie intégrante de cet univers

Ces principes, souvent rappelés mais rarement appliqués avec rigueur, pourraient permettre à certains d’éviter les pires scénarios lors des prochaines phases de marché.

Conclusion : une piqûre de rappel douloureuse mais salutaire ?

En ce début février 2026, le marché crypto vit l’un de ses moments les plus difficiles depuis plusieurs années. La chute du Bitcoin sous les 60 000 dollars marque peut-être la fin d’une euphorie qui aura duré plus longtemps que beaucoup ne l’imaginaient.

L’intervention de François Villeroy de Galhau, aussi sévère soit-elle, a au moins le mérite de la clarté. Elle rappelle que dans le monde de la finance, les promesses de rendements exceptionnels sans risque restent des illusions dangereuses.

Reste à savoir si cette nouvelle leçon sera enfin entendue, ou si le cycle habituel d’oubli et de sur-enthousiasme reprendra de plus belle dès les premiers signes de reprise. L’histoire récente du Bitcoin incite malheureusement à la prudence sur ce point.

Une chose est sûre : les prochains mois seront décisifs pour déterminer si le Bitcoin peut réellement s’imposer comme un actif de réserve de valeur durable… ou s’il restera avant tout un objet de spéculation intense et cyclique.

(Article d’environ 5 400 mots – reformulé, enrichi et structuré pour une lecture agréable et approfondie)

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