Imaginez un instant : le prix du Bitcoin oscille autour des 90 000 dollars, un niveau psychologique majeur, alors que l’économie américaine envoie des signaux de ralentissement. Les demandes d’allocations chômage restent contenues, mais les embauches patinent et un haut responsable de la Fed milite ouvertement pour des baisses de taux agressives. Est-ce le calme avant une nouvelle tempête haussière pour les cryptomonnaies ?
Cette situation, observée en ce début janvier 2026, illustre parfaitement la résilience du Bitcoin face aux turbulences macroéconomiques. Le roi des cryptos refuse de plonger durablement, soutenu par des fondamentaux qui pourraient bientôt s’améliorer sensiblement.
Bitcoin résiste autour des 90 000 $ malgré un contexte économique contrasté
Le 8 janvier 2026, le Bitcoin s’échangeait aux alentours de 90 670 dollars, en légère baisse quotidienne de 0,56 %. Après avoir touché un plus haut hebdomadaire proche des 94 500 dollars, la cryptomonnaie a corrigé de plus de 5 %, sans pour autant casser les supports clés.
Cette stabilité relative intervient alors que les données sur le marché du travail américain dessinent un tableau de refroidissement progressif. Les demandes initiales d’allocations chômage pour la semaine close le 3 janvier se sont élevées à 208 000, un chiffre légèrement supérieur aux 200 000 de la semaine précédente, mais inférieur aux attentes des économistes (210 000).
Ces chiffres traduisent une réalité nuancée : l’économie américaine n’est ni en récession brutale, ni en surchauffe. Elle évolue vers un équilibre de “faibles embauches, faibles licenciements”, où les entreprises hésitent autant à recruter qu’à se séparer de leurs salariés.
Les indicateurs qui montrent un ralentissement sans panique
Les demandes continues d’allocations chômage ont augmenté à 1,91 million, contre 1,86 million précédemment. Cela suggère que les personnes au chômage peinent davantage à retrouver un emploi.
Par ailleurs, le rapport Challenger, Gray & Christmas révèle que les annonces de suppressions de postes ont bondi de 58 % en 2025, atteignant 1,206 million – le niveau le plus élevé depuis cinq ans. Les secteurs technologiques et les agences fédérales concentrent l’essentiel de ces restructurations, souvent liées à l’essor de l’intelligence artificielle.
Les offres d’emploi, quant à elles, ont chuté à leur plus bas niveau depuis quatorze mois en novembre, avec seulement 0,91 poste vacant par chômeur – un ratio au plus faible depuis mars 2021.
Les signaux clés du marché du travail américain en ce début 2026 :
- Demande initiale : 208 000 (attendu 210 000)
- Demande continue : 1,91 million (+50 000)
- Suppressions de postes annoncées 2025 : +58 %
- Offres d’emploi par chômeur : 0,91 (plus bas depuis 2021)
- Prochain rapport NFP attendu : +73 000 emplois, chômage à 4,5 %
Tous les regards se tournent désormais vers le rapport sur l’emploi non agricole (NFP) de vendredi, qui pourrait confirmer ou infirmer ce scénario de ralentissement modéré.
Un responsable de la Fed plaide pour des baisses de taux ambitieuses
Au milieu de ces données mitigées, Stephen Miran, haut responsable de la Réserve fédérale nommé par le président Trump, s’est distingué par son discours particulièrement accommodant.
« Je vise environ un point et demi de baisses. Cela repose largement sur ma vision de l’inflation. L’inflation sous-jacente évolue dans la marge de bruit autour de notre objectif, ce qui est un bon indicateur de la trajectoire globale à moyen terme. »
Stephen Miran, responsable senior de la Fed
Miran espère convaincre ses collègues d’opérer des réductions de 150 points de base au total en 2026, soit potentiellement trois baisses de 50 points de base chacune. Un tel rythme serait nettement plus agressif que les prévisions médianes du “dot plot” qui n’anticipent qu’une seule coupe cette année.
Ce positionnement dovish s’explique par une conviction : l’inflation est sous contrôle et le marché du travail mérite un soutien supplémentaire pour éviter un durcissement excessif des conditions financières.
Pour le Bitcoin et l’ensemble du marché crypto, ces déclarations constituent un signal extrêmement positif. Historiquement, les phases d’assouplissement monétaire massives ont toujours favorisé les actifs risqués, et particulièrement le BTC.
Pourquoi des baisses de taux seraient haussières pour Bitcoin
Des taux d’intérêt plus bas réduisent le coût d’opportunité de détenir des actifs non productifs comme l’or numérique. Ils encouragent également la prise de risque et soutiennent la liquidité globale.
À cela s’ajoutent d’autres facteurs stimulants en 2026 :
- Des remboursements fiscaux moyens en hausse à environ 3 167 dollars par contribuable
- Une politique budgétaire potentiellement expansionniste
- Une croissance continue de la masse monétaire M2
Cette combinaison de liquidités supplémentaires et de conditions monétaires accommodantes crée un environnement idéal pour une reprise haussière des cryptomonnaies.
Les ETF Bitcoin enregistrent des sorties, mais les fondamentaux restent solides
Paradoxalement, les ETF spot Bitcoin ont subi des sorties significatives ces derniers jours : plus de 486 millions de dollars mercredi, après 243 millions la veille.
Ces mouvements reflètent probablement une prise de bénéfices de la part d’investisseurs américains après la forte hausse de fin 2025. Les inflows cumulés atteignent néanmoins 57 milliards de dollars, contre un pic à plus de 65 milliards l’an dernier.
Les actifs sous gestion représentent toujours plus de 118 milliards de dollars, soit environ 6,5 % de la capitalisation totale du Bitcoin – un niveau qui témoigne de l’adoption institutionnelle croissante.
Chiffres clés des ETF Bitcoin spot (janvier 2026) :
- Inflows cumulés : 57 milliards $
- Pic historique : >65 milliards $
- AUM actuel : >118 milliards $
- Part de la capitalisation BTC : 6,5 %
Ces sorties temporaires ne remettent pas en cause la tendance de fond : l’intégration progressive du Bitcoin dans les portefeuilles institutionnels.
Analyse technique : vers une nouvelle impulsion haussière ?
Sur le graphique en données 12 heures, le Bitcoin a tracé une figure d’élargissement ascendant (ascending triangle) depuis novembre. Le prix évolue au-dessus d’une trendline haussière reliant les plus bas successifs, avec une résistance horizontale à 94 516 dollars.
Une sortie par le haut de cette figure ouvrirait la voie à un objectif théorique autour des 103 465 dollars, correspondant au niveau de retracement Fibonacci de 50 % de la correction précédente.
Ce scénario haussier serait conforté par :
- Le maintien au-dessus des moyennes mobiles clés
- Un volume en augmentation sur les rebonds
- Le contexte macroéconomique potentiellement favorable
À l’inverse, une cassure de la trendline diagonale invaliderait cette configuration et pourrait ramener le prix vers les 85 000-80 000 dollars.
Conclusion : un catalyseur majeur en vue
Le Bitcoin démontre une fois de plus sa capacité à tenir des niveaux psychologiques importants même dans un environnement économique incertain. Les données du marché du travail confirment un ralentissement, sans signe de crise imminente.
Le discours accommodant de Stephen Miran, combiné aux perspectives de stimulus fiscaux et monétaires, constitue un cocktail potentiellement explosif pour le prix du BTC.
Si la Fed suit effectivement une trajectoire plus dovish que prévu, 2026 pourrait réserver de belles surprises aux détenteurs de cryptomonnaies. Le niveau des 100 000 dollars, autrefois considéré comme un rêve, apparaît aujourd’hui comme une étape réaliste dans les mois à venir.
En attendant, la prudence reste de mise : le marché crypto reste volatile et les données économiques peuvent réserver des surprises. Mais les signaux actuels penchent clairement du côté haussier à moyen terme.
(Article rédigé le 8 janvier 2026 – les données de prix et macroéconomiques sont susceptibles d’évoluer rapidement)
