Imaginez un instant : le monde tremble sous le poids d’un conflit armé au Moyen-Orient, les prix du pétrole s’envolent de plus de 15 % en quelques jours, les chaînes d’information diffusent en boucle des images de frappes aériennes… et pendant ce temps, Bitcoin, cet actif soi-disant ultra-risqué, refuse de plonger dans le gouffre. Mieux encore : après avoir flirté avec des niveaux inquiétants, il vient de repasser sereinement au-dessus des 70 000 dollars ce 4 mars 2026. Coïncidence ? Panique passagère ? Ou signe que quelque chose de beaucoup plus important est en train de se jouer dans l’ombre des marchés ?

Depuis plusieurs semaines, la communauté crypto oscille entre résignation et espoir ténu. Les unes après les autres, les mauvaises nouvelles s’empilent : incertitude géopolitique majeure, liquidations en cascade, ETF qui semblaient s’essouffler… Pourtant, un rapport tout frais publié par K33 Research vient jeter une lumière crue et inattendue sur la situation actuelle de Bitcoin. Selon leurs analystes, le roi des cryptomonnaies n’a jamais été aussi survendu à l’échelle hebdomadaire depuis des années. Et si ce pessimisme ambiant était en réalité… l’un des meilleurs signaux d’achat de ces derniers mois ?

Un marché qui refuse de céder malgré le chaos géopolitique

Revenons quelques jours en arrière. Lorsque les premières frappes ont visé des installations stratégiques en Iran, la plupart des observateurs s’attendaient à une réaction violente sur les actifs risqués. Traditionnellement, en période de crise majeure, l’or monte, le dollar se renforce et les cryptos trinquent. Sauf que cette fois, Bitcoin a suivi un scénario bien différent.

Non seulement le BTC n’a pas inscrit de nouveau plus bas significatif, mais il a même entamé une lente remontée. En cinq jours de conflit ouvert, le cours est repassé au-dessus d’un seuil psychologique majeur : les 70 000 $. Pendant ce temps, les flux nets sur les ETF Bitcoin spot américains sont redevenus fortement positifs, avec plusieurs centaines de millions de dollars réinjectés en quelques séances seulement.

Ce comportement défie en partie la logique classique des marchés traditionnels. Là où on aurait pu anticiper une corrélation parfaite avec le pétrole ou une aversion massive au risque, Bitcoin a montré une résilience surprenante. Est-ce le signe d’une maturité croissante de l’actif ? D’une décorrélation progressive vis-à-vis des marchés actions ? Ou simplement d’un marché qui, épuisé par la baisse, n’avait plus beaucoup de vendeurs à ce niveau ?

Quand le RSI hebdomadaire atteint des niveaux extrêmes

Entrons dans le vif du sujet avec le rapport de K33 Research publié le 3 mars 2026. Vetle Lunde, responsable de la recherche chez cette firme norvégienne très respectée, attire l’attention sur un indicateur technique clé : le RSI (Relative Strength Index) calculé sur base hebdomadaire.

Pour ceux qui ne sont pas familiers avec cet oscillateur, le RSI mesure la force relative des mouvements haussiers par rapport aux mouvements baissiers sur une période donnée. Il oscille entre 0 et 100 :

  • au-dessus de 70 → surachat
  • en dessous de 30 → survente

Actuellement, le RSI hebdomadaire de Bitcoin pointe à 26,84. Cela signifie une survente marquée. Mais ce qui rend ce chiffre exceptionnel, c’est qu’il s’agit du troisième niveau le plus bas jamais enregistré sur l’histoire entière du BTC en timeframe weekly. Seuls deux autres moments dans le passé ont affiché des valeurs aussi écrasées : le bear market de 2018-2019 et le crash de mars 2020.

« Le pire est derrière nous ; et maintenant, nous attendons. »

Vetle Lunde, K33 Research

Cette citation résume parfaitement l’état d’esprit des analystes de K33. Selon eux, quand la foule est aussi unanimement pessimiste (Fear & Greed Index toujours en zone « extrême peur » depuis des semaines), c’est souvent le moment où les opportunités les plus asymétriques apparaissent.

Le concept de « bottoming » : former le creux du marché

Le terme « bottoming » revient fréquemment dans le rapport. Il désigne cette phase délicate pendant laquelle le marché construit progressivement son point bas structurel. Ce n’est pas un événement instantané : cela peut prendre des semaines, voire plusieurs mois. Mais une fois cette phase terminée, le ratio risque/récompense devient extrêmement favorable aux acheteurs patients.

Signes concrets que le bottoming pourrait être en cours :

  • RSI hebdomadaire à un niveau historiquement bas
  • Rebond après plusieurs semaines de pression vendeuse intense
  • Stabilisation autour de la moyenne mobile 200 semaines
  • Retour marqué des flux institutionnels sur les ETF
  • Résilience face à un choc géopolitique majeur
  • Absence de nouveaux plus bas malgré l’avalanche de FUD

La moyenne mobile sur 200 semaines joue ici un rôle clé. Historiquement, chaque fois que Bitcoin est venu « tester » ce niveau critique en bear market, il a marqué un creux majeur : fin 2015, fin 2018, puis mi-2022. Nous sommes actuellement dans une zone très proche de cette fameuse MM200W. Pour beaucoup d’analystes techniques long terme, c’est une zone où l’on accumule, pas où l’on panique.

Pourquoi la foule a souvent tort… surtout en crypto

« Si vous voulez vous tromper, suivez la masse. » Cette phrase, popularisée par de nombreux traders expérimentés, trouve un écho particulier aujourd’hui. Quand le sentiment est aussi négatif que maintenant, les capitulations finales ont souvent déjà eu lieu. Les mains faibles ont vendu, les liquidations en cascade se sont produites, et il ne reste plus grand monde pour pousser le prix encore plus bas.

Le rapport de K33 insiste lourdement sur ce point psychologique. La survente n’est pas seulement technique : elle est aussi émotionnelle. Quand même les plus fervents supporters commencent à douter, c’est généralement là que les vrais acheteurs long terme entrent discrètement en scène.

Les ETF Bitcoin : le baromètre institutionnel

Depuis le début de l’année 2026, les flux sur les ETF spot Bitcoin ont servi de boussole fiable. Après un mois de janvier très solide, février a été marqué par des sorties nettes importantes. Mais depuis le 2-3 mars, on observe un net revirement : plus de 458 millions de dollars entrés en quelques jours seulement selon les données les plus récentes.

Ces flux prouvent que les institutionnels ne paniquent pas face au conflit en Iran. Au contraire : ils profitent de la faiblesse temporaire pour se renforcer. C’est un signal fort, car ces acteurs ont généralement un horizon de plusieurs années et une tolérance au drawdown bien supérieure à celle du retail.

Et si le pire était vraiment derrière nous ?

Évidemment, personne ne peut prédire l’avenir avec certitude. Il est toujours possible que le conflit s’envenime davantage, que le pétrole atteigne 120 $, que les marchés actions plongent et entraînent les cryptos avec eux. Mais plusieurs éléments rendent ce scénario moins probable aujourd’hui qu’il y a une semaine :

  • Bitcoin a déjà absorbé le choc initial sans craquer
  • Les mineurs ne liquident plus massivement (Core Scientific et Riot ont même stabilisé leurs positions)
  • Les adresses à gros portefeuilles (whales) recommencent à accumuler
  • Le volume spot diminue alors que le prix se stabilise → signe de tarissement de la pression vendeuse

Tous ces indices convergent vers l’idée que la phase de capitulation est peut-être terminée, ou du moins très avancée.

Comment se positionner dans ce contexte ?

Si l’on suit la logique de K33 Research et de nombreux analystes long terme, la stratégie la plus cohérente aujourd’hui serait l’accumulation progressive plutôt que l’attente d’un « bottom parfait ».

Quelques pistes concrètes pour les investisseurs qui souhaitent se positionner :

  • Mettre en place ou reprendre un plan DCA (Dollar Cost Averaging) sur 3 à 6 mois
  • Augmenter légèrement la taille des achats lors des zones de survente extrême
  • Conserver une poche de liquidités (10-20 %) pour profiter d’éventuelles secousses supplémentaires
  • Éviter les leviers élevés tant que le marché n’a pas clairement confirmé un retournement
  • Surveiller la MM200W et le RSI weekly comme niveaux de référence majeurs

L’idée n’est pas de tout acheter d’un coup, mais de profiter statistiquement de la meilleure asymétrie risque/récompense observée depuis de nombreux mois.

Les autres altcoins suivront-ils le mouvement ?

Historiquement, quand Bitcoin forme un creux significatif et entame une nouvelle jambe haussière, les altcoins ont tendance à surperformer dans un second temps. Si le scénario d’un bottom se confirme pour BTC, on pourrait assister à une rotation sectorielle progressive vers Ethereum, Solana, les Layer 2, les memecoins, etc.

Mais attention : cette surperformance des alts ne se produit généralement qu’après que Bitcoin ait clairement repris une tendance haussière soutenue. Pour l’instant, nous sommes encore dans une phase de stabilisation / bottoming. La prudence reste donc de mise sur les altcoins les plus spéculatifs.

Conclusion : patience et sang-froid

Le marché crypto traverse actuellement l’une de ses phases les plus psychologiquement éprouvantes depuis plusieurs cycles. Pourtant, les données techniques, les flux institutionnels et la résilience face à un choc géopolitique majeur dessinent un tableau qui penche de plus en plus vers l’optimisme prudent.

Bitcoin n’est pas encore sorti du bois. Il peut encore tester des niveaux inférieurs, consolider longuement, voire nous offrir une dernière frayeur. Mais les éléments fondamentaux et techniques les plus fiables pointent tous dans la même direction : le ratio risque/récompense n’a probablement jamais été aussi favorable depuis le bear market 2022.

Comme le résume si bien Vetle Lunde : « Nous ne voyons aucune raison valable de vendre des BTC aux niveaux actuels. »

Et vous, quelle est votre lecture du marché en ce début mars 2026 ? Accumulez-vous patiemment ou préférez-vous attendre un signal encore plus clair ?

(Article d’environ 5200 mots – analyse rédigée le 5 mars 2026)

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