Et si la pire année du Bitcoin depuis longtemps n’était finalement que le prélude à l’une des plus spectaculaires remontées de son histoire ?
En ce début 2026, alors que beaucoup d’investisseurs crypto affichent encore des mines crispées après une année 2025 frustrante, un homme semble particulièrement détendu : Arthur Hayes. L’ancien patron de BitMEX, connu pour ses analyses aussi tranchantes que provocatrices, vient de lâcher une bombe métaphorique sur son Substack. Son titre ? Frowny Cloud. Son message ? Préparez vos spatules… la poudreuse arrive.
Quand la neige raconte l’avenir des marchés
Arthur Hayes ne parle pas de météo pour le plaisir. Il utilise la qualité de la neige sur les pistes d’Hokkaido comme une analogie redoutablement efficace pour décrire les différentes phases de liquidité que traversent les marchés financiers.
2025, selon lui, c’était la « neige croûtée » : une couche dure, instable, sur laquelle il était presque impossible de skier correctement. Le Bitcoin a beaucoup souffert de cette configuration. Pendant ce temps, l’or et le Nasdaq, eux, semblaient évoluer sur une autre planète.
Mais 2026 ? Hayes est formel : nous entrons dans la saison de la poudreuse profonde. Et quand la poudre tombe en abondance sur une pente raide… les meilleurs skieurs (et les meilleurs capitaux) prennent énormément de vitesse.
Pourquoi 2025 a été si étrange pour le Bitcoin ?
Pour comprendre l’optimisme radical d’Hayes, il faut d’abord accepter une réalité dérangeante : en 2025, le Bitcoin a été l’un des pires actifs performants parmi les grandes classes d’actifs. Pendant que l’or touchait des records historiques et que le Nasdaq enchaînait les plus hauts, le roi des cryptos semblait coincé dans les limbes entre 85 000 $ et 105 000 $ pendant de très longs mois.
« 2025 a été l’année où le Bitcoin a prouvé qu’il pouvait souffrir plus que n’importe quel autre actif… même quand tout le monde autour de lui semblait s’envoler. »
Arthur Hayes – Frowny Cloud
Cette déconnexion n’était pas un bug. Elle était le symptôme d’une fragmentation profonde de la liquidité mondiale.
L’or : l’actif refuge des États, pas des particuliers
Depuis le gel massif des réserves russes en 2022, puis les mesures similaires contre le Venezuela, une certitude s’est imposée chez de très nombreuses banques centrales : le dollar peut être utilisé comme arme géopolitique.
Résultat : depuis 2023-2024, on observe un mouvement continu et structurel de dé-dollarisation physique. Les pays émergents (et même certains pays développés) vendent discrètement leurs Treasuries américains et achètent de l’or physique.
Les flux d’or les plus significatifs en 2024-2025 :
- Chine : +225 tonnes nettes estimées
- Inde : records historiques d’importations
- Turquie : +148 tonnes en 18 mois
- Pologne : doublement de ses réserves en 3 ans
- Émirats arabes unis : hub de raffinage majeur
Ces achats ne dépendent presque plus des taux d’intérêt ou des anticipations d’inflation retail. Ils répondent à une logique stratégique de long terme. C’est pourquoi l’or a pu monter alors même que la Fed restait relativement restrictive jusqu’à fin 2025.
Nasdaq : la bulle protégée par l’État profond américain
De l’autre côté de l’Atlantique, le Nasdaq a vécu une année 2025 hors normes. La raison ? L’intelligence artificielle est devenue une priorité de sécurité nationale sous l’administration Trump 2.0.
Subventions massives, dérogations réglementaires, contrats juteux avec le Pentagone, facilités d’accès au crédit… Les géants de la tech (Nvidia en tête) ont bénéficié d’un régime dérogatoire qui les a largement protégés des cycles de resserrement monétaire.
Le Nasdaq n’était donc plus vraiment un marché privé soumis aux lois de l’offre et de la demande classique. Il est devenu le reflet de la puissance technologique et militaire de l’État américain.
2026 : le grand retour de la « Run it hot » economy
C’est ici que l’analyse d’Arthur Hayes devient véritablement explosive.
Dès les premières semaines de 2026, plusieurs signaux très clairs montrent que la Fed et l’exécutif américain ont décidé de changer radicalement de braquet en matière de politique monétaire et de crédit.
- Lancement officiel du programme Reserve Management Purchases (RMP)
- Expansion très agressive des facilités de crédit bancaire pilotées par les grandes banques systémiques
- Ordre donné à Fannie Mae et Freddie Mac de racheter massivement des MBS pour faire baisser les taux hypothécaires
- Relâchement visible des conditions prudentielles pour les prêts aux industries stratégiques
Tous ces leviers combinés créent un effet multiplicateur extrêmement puissant sur la masse monétaire disponible pour les actifs risqués.
« Nous passons d’une économie froide et rigide à une économie chaude, très chaude… voire carrément en feu. »
Arthur Hayes
Et quand l’économie tourne « fuck*** hot », les actifs à offre limitée captent généralement la majeure partie du surplus de liquidité créé.
Pourquoi le Bitcoin est l’actif le mieux positionné pour 2026 ?
Contrairement à l’or, le Bitcoin est extrêmement facile à transférer, à fractionner, à utiliser comme collatéral.
Contrairement au Nasdaq, sa performance ne dépend pas directement de décisions politiques discrétionnaires qui peuvent changer du jour au lendemain.
Le Bitcoin est l’actif le plus pur de dépréciation fiduciaire : offre fixe, décentralisé, résistant à la censure, liquide 24/7/365. Dès que les conditions monétaires deviennent véritablement expansionnistes, son élasticité au levier est historiquement très élevée.
Historique des cycles Bitcoin lors des grands assouplissements monétaires :
- 2020-2021 : QE massif → BTC × 20 en 18 mois
- Fin 2019 : Pivot Fed → BTC × 6 en 12 mois
- 2016-2017 : Fin du resserrement → BTC × 30
Le schéma se répète. Quand la Fed et le Trésor américain décident de « run it hot », le Bitcoin devient généralement l’actif qui surperforme tous les autres sur la fin du cycle.
Les proxies Bitcoin déjà en train de se réveiller
Les premiers signaux haussiers ne viennent pas forcément du spot Bitcoin lui-même.
Les sociétés cotées qui fonctionnent comme de véritables options call leveragées sur le Bitcoin montrent déjà des signes très nets de retournement :
- Strategy (ex-MicroStrategy) : valorisation qui commençait à montrer des signes d’épuisement fin 2025
- Metaplanet : le « MicroStrategy japonais » qui a multiplié par 12 en 2024 avant de violemment corriger
- Diverses sociétés minières cotées qui voient leurs primes de NAV revenir à des niveaux plus normaux
Ces véhicules sont extrêmement sensibles à la baisse du coût du capital. Dès que les taux baissent et que le crédit redevient abondant, ils explosent généralement avant le Bitcoin spot.
Et maintenant ? Quelle posture adopter ?
L’erreur classique en ce début de cycle serait de vouloir attendre le « signal parfait ».
Arthur Hayes est très clair : quand la poudreuse commence vraiment à tomber, ceux qui attendent le bon moment pour sauter sur la piste sont souvent ceux qui finissent à regarder les autres s’amuser depuis le télésiège.
La question n’est plus de savoir si la liquidité va arriver en 2026. Elle est déjà là. La question est désormais :
- Combien de temps le marché mettra-t-il à réaliser l’ampleur du changement ?
- Quel multiple de levier les investisseurs retail et institutionnels oseront-ils prendre cette fois-ci ?
- Quelle sera la hauteur de la vague quand la prise de conscience collective arrivera ?
Pour l’instant, les pistes sont encore relativement calmes. Mais les flocons tombent de plus en plus dru. La visibilité diminue. Et la pente est sacrément raide.
Alors, vous attendez quoi pour chausser ?
La saison de la poudreuse 2026 ne fait que commencer…
