Le marché des cryptomonnaies traverse actuellement une période particulièrement mouvementée. Bitcoin, la reine incontestée de cet univers, se négocie environ 40 % sous son record historique, oscillant autour de 75 000 $. Beaucoup d’investisseurs ressentent la peur et la frustration face à cette correction brutale. Pourtant, au milieu de ce climat pessimiste, une voix sérieuse et respectée vient apporter un contrepoint radicalement optimiste.

Le cabinet d’analyse Bernstein, dirigé par l’analyste Gautam Chhugani, publie une note client datée du 4 février 2026 qui fait déjà beaucoup parler. Selon eux, nous ne sommes pas au début d’un nouvel hiver crypto prolongé, mais bien dans une phase de marché baissier à court terme qui devrait s’inverser de manière décisive dès le premier semestre 2026.

Un plancher autour de 60 000 $ avant l’explosion institutionnelle

Les analystes de Bernstein identifient clairement la zone des 60 000 $ comme le point bas probable du cycle actuel. Ce niveau correspond aux sommets du cycle précédent, ce qui en fait un support technique et psychologique majeur. Ils estiment que Bitcoin pourrait toucher ce plancher au cours des prochains mois, avant de construire une base beaucoup plus solide pour repartir à la hausse.

Cette prévision n’est pas sortie de nulle part. Elle s’appuie sur une comparaison historique pertinente entre Bitcoin et l’or, ainsi que sur une lecture fine des flux institutionnels actuels. Examinons les arguments principaux qui soutiennent cette thèse.

La sous-performance de Bitcoin face à l’or : une opportunité cachée ?

En 2025, les banques centrales du monde entier, notamment en Chine et en Inde, ont accumulé de l’or à un rythme inédit. La part de ce métal précieux dans les réserves mondiales a grimpé jusqu’à 29 %, un niveau jamais vu depuis des décennies. Pendant ce temps, la capitalisation boursière de Bitcoin ne représente plus que 4 % de celle de l’or — un ratio au plus bas depuis deux ans.

Pour Bernstein, cette décorrélation temporaire est une aubaine. Historiquement, quand l’or surperforme de manière aussi marquée, Bitcoin finit souvent par rattraper son retard de façon spectaculaire dès que le sentiment change. Le cabinet voit donc dans cette faiblesse relative une opportunité d’entrée rare avant le prochain mouvement haussier majeur.

« La faiblesse actuelle de Bitcoin par rapport à l’or n’est pas structurelle. Elle reflète simplement une phase de consolidation avant que les flux institutionnels ne reprennent le dessus de manière décisive. »

Gautam Chhugani, analyste senior chez Bernstein

Cette citation illustre parfaitement la conviction profonde de l’équipe : la correction en cours n’est pas le signal d’un effondrement durable, mais plutôt le dernier soubresaut avant un pivot historique.

Le cycle institutionnel : la grande différence avec les précédents

Les cycles haussiers passés étaient largement portés par les investisseurs particuliers, les FOMO et les récits viraux sur les réseaux sociaux. Cette fois, le paysage a radicalement changé. Bernstein insiste sur le fait que nous sommes entrés dans un cycle institutionnel pur, avec des dynamiques bien plus solides et pérennes.

Les piliers de cette résilience institutionnelle selon Bernstein :

  • Les ETF Bitcoin spot gèrent aujourd’hui environ 165 milliards de dollars d’actifs sous gestion. Les sorties récentes restent marginales face à cette masse énorme.
  • Des entreprises comme Strategy continuent d’acheter massivement Bitcoin, même en pleine baisse (plus de 3,8 milliards de dollars depuis le début de l’année).
  • Les mineurs ont diversifié leurs revenus vers les infrastructures d’IA et de centres de données, réduisant fortement la pression vendeuse liée à la capitulation minière.
  • Le soutien politique américain évolue rapidement avec la nomination de Kevin Warsh à la Fed et les discussions sérieuses autour d’une Réserve Stratégique de Bitcoin aux États-Unis.

Ces éléments combinés créent une structure de marché bien plus résistante que par le passé. Même en cas de correction supplémentaire, les flux institutionnels devraient limiter la casse et accélérer le rebond une fois le plancher atteint.

Et si les États-Unis adoptaient vraiment Bitcoin comme actif de réserve ?

L’un des points les plus fascinants de la note de Bernstein concerne l’évolution possible du statut de Bitcoin aux yeux des gouvernements. Le cabinet estime qu’il est désormais peu probable que les États-Unis restent passifs si le marché des actifs numériques continue de baisser fortement.

Avec un président pro-crypto, une Fed dirigée par un économiste ouvert aux innovations monétaires, et des discussions ouvertes sur une réserve stratégique nationale de Bitcoin, le contexte politique américain n’a jamais été aussi favorable. Bernstein va même plus loin : un tel scénario pourrait marquer le début d’une ère souveraine pour Bitcoin, où il deviendrait un véritable concurrent de l’or au niveau des bilans étatiques.

Cette perspective change complètement la donne. Au lieu d’un actif spéculatif cyclique, Bitcoin pourrait progressivement devenir un actif de réserve stratégique mondial, avec des implications haussières massives sur le long terme.

Pourquoi les mineurs ne capitulent plus comme avant ?

Autre évolution structurelle majeure : le comportement des mineurs de Bitcoin. Par le passé, lors des phases baissières, les mineurs vendaient massivement leurs BTC pour couvrir leurs coûts énergétiques et leurs dettes, accentuant la pression vendeuse.

Aujourd’hui, la donne est différente. De nombreux acteurs du minage ont investi dans des infrastructures d’intelligence artificielle et de centres de données haute performance. Ces nouvelles sources de revenus leur permettent de tenir beaucoup plus longtemps sans liquider leurs avoirs en Bitcoin.

Résultat : la fameuse « capitulation minière » qui marquait traditionnellement les vrais planchers de marché est beaucoup moins prononcée, voire absente dans le contexte actuel. Cette résilience des mineurs renforce la thèse d’un plancher plus haut et d’un rebond plus rapide que lors des cycles précédents.

Objectif 150 000 $ fin 2026 et 200 000 $ en 2027 ?

Malgré la correction actuelle, Bernstein maintient des cibles ambitieuses : 150 000 $ pour Bitcoin fin 2026, et jusqu’à 200 000 $ au pic du cycle suivant attendu en 2027. Ces niveaux impliquent une multiplication par deux à trois depuis les prix actuels, ce qui reste impressionnant même dans un contexte haussier.

Ces projections reposent sur plusieurs moteurs :

  • Une accélération des flux vers les ETF spot
  • La poursuite des achats corporate (Strategy et autres)
  • Une possible rotation des capitaux depuis l’or vers Bitcoin
  • L’émergence d’un supercycle de tokenisation des actifs réels (RWA)
  • Une normalisation réglementaire et politique favorable aux États-Unis

Si plusieurs de ces catalyseurs se matérialisent simultanément, le scénario d’une forte appréciation devient tout à fait plausible. Bernstein parle même du cycle 2026-2027 comme potentiellement le plus conséquent de l’histoire de Bitcoin.

Que faire face à cette prévision ? Stratégies pour les investisseurs

Face à une telle analyse, plusieurs postures sont envisageables selon votre profil de risque et votre horizon de placement :

  • Stratégie agressive : Accumuler progressivement lors des replis vers la zone 60-70k $, en visant le rebond attendu au second semestre 2026.
  • Stratégie équilibrée : Maintenir une exposition existante tout en profitant des baisses pour renforcer ses positions sans effet de levier excessif.
  • Stratégie prudente : Attendre une confirmation technique du plancher (clôture hebdomadaire au-dessus de 65-68k $ par exemple) avant de revenir sur le marché.

Quelle que soit votre approche, la note de Bernstein rappelle une règle d’or : dans les marchés cycliques comme celui des cryptomonnaies, les moments de plus grande peur sont souvent ceux qui précèdent les plus belles opportunités.

Les risques qui pourraient invalider la thèse

Bien entendu, aucun scénario n’est garanti à 100 %. Bernstein identifie plusieurs risques qui pourraient retarder ou empêcher le retournement attendu :

  • Un durcissement inattendu de la politique monétaire mondiale
  • Une crise systémique plus large affectant les actifs risqués
  • Des retards ou revers dans l’adoption institutionnelle (sorties massives d’ETF par exemple)
  • Une évolution réglementaire défavorable dans les grandes juridictions

Ces éléments doivent rester surveillés de près, car ils pourraient prolonger la phase corrective au-delà du premier semestre 2026.

Conclusion : la fin du bear market ou juste une pause ?

La note de Bernstein apporte un vent d’optimisme dans un marché actuellement dominé par la peur. En qualifiant la baisse actuelle de correction de fin de cycle plutôt que de début d’hiver crypto, les analystes invitent à regarder au-delà du bruit de court terme.

Si leurs prévisions se réalisent, le premier semestre 2026 pourrait marquer un tournant majeur : celui où Bitcoin passe définitivement du statut d’actif spéculatif à celui d’actif de réserve mondial reconnu par les institutions et potentiellement par les États.

Évidemment, rien n’est écrit d’avance dans cet univers volatile. Mais une chose est sûre : quand des acteurs aussi sérieux que Bernstein commencent à parler de « cycle le plus conséquent de l’histoire » au milieu d’une correction de 40 %, il serait dommage de ne pas au moins tendre l’oreille.

Et vous, que pensez-vous de cette prévision ? Êtes-vous plutôt dans le camp des sceptiques ou commencez-vous à envisager que le pire soit déjà derrière nous ?

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