Imaginez une seule journée où le Bitcoin perd brutalement 12 % de sa valeur, flirtant dangereusement avec la barre des 60 000 dollars, tandis que l’un des produits financiers les plus regardés de Wall Street explose tous ses records historiques. C’est exactement ce qui s’est produit ce jeudi 5 février 2026. L’ETF iShares Bitcoin Trust (IBIT) de BlackRock a enregistré un volume d’échanges astronomique de 10 milliards de dollars en une seule séance. Derrière ce chiffre impressionnant se cache pourtant une tout autre réalité : celle d’une capitulation massive des investisseurs institutionnels.

Ce n’est pas simplement une correction passagère. Le marché crypto traverse l’une de ses phases les plus violentes depuis plusieurs mois. Les ETF Bitcoin spot, présentés il y a deux ans comme le pont ultime entre la finance traditionnelle et les cryptomonnaies, se retrouvent aujourd’hui au cœur de la tempête. Que s’est-il vraiment passé ? Pourquoi un tel volume cache-t-il en réalité une vague de ventes paniquées ? Et surtout, que peut-on anticiper pour les prochaines semaines ?

Un jeudi noir pour le Bitcoin et les ETF

La journée du 5 février 2026 restera gravée dans les mémoires des traders et des investisseurs crypto. En quelques heures seulement, le Bitcoin a dégringolé de plus de 12 %, passant d’environ 68 500 $ à un plus bas à 59 800 $. Cette chute éclair n’est pas un cas isolé : elle s’inscrit dans une série de mouvements baissiers qui ont débuté dès la fin janvier.

Mais ce qui frappe le plus les observateurs, c’est l’ampleur des volumes sur les ETF Bitcoin spot, et en particulier sur le produit phare de BlackRock. L’iShares Bitcoin Trust a concentré à lui seul une activité hors norme, avec pas moins de 10 milliards de dollars échangés en une seule séance. Du jamais vu depuis le lancement des ETF en janvier 2024.

« 10 milliards de dollars de volume et une chute de 13 % du prix de l’ETF… c’est brutal. »

Eric Balchunas, analyste ETF chez Bloomberg

Cette citation résume parfaitement le paradoxe du jour : un volume record dans un contexte de krach. Habituellement, un volume aussi élevé accompagne une phase d’euphorie ou d’accumulation massive. Ici, il traduit surtout une liquidation généralisée.

Pourquoi un tel volume dans la panique ?

Quand les marchés chutent violemment, plusieurs mécanismes se déclenchent simultanément :

  • Les stop-loss et les marges appelées sur les positions à effet de levier
  • Les ventes forcées par les fonds pour respecter leurs ratios de risque
  • Les rachats massifs de parts d’ETF par les investisseurs paniqués
  • Les arbitrages entre le marché spot et les ETF qui s’intensifient

Dans le cas précis de l’ETF BlackRock, plusieurs éléments se sont combinés pour créer ce cocktail explosif. D’abord, le prix de l’action IBIT a plongé de 13 % en une séance – la deuxième plus forte baisse journalière depuis son lancement. Ensuite, la valeur du fonds est passée de plus de 126 $ à son sommet d’octobre 2024 à environ 36,10 $ ce jeudi. Près de 48 % de perte depuis le plus haut historique.

Points clés du carnage du 5 février 2026 :

  • Bitcoin -12 % → ~60 000 $
  • IBIT volume : 10 milliards $ (record absolu)
  • IBIT prix : -13 % sur la journée
  • Perte depuis ATH : -48 % (126 $ → 36,10 $)
  • Sorties nettes déjà enregistrées mercredi : -373 M$

Ces chiffres parlent d’eux-mêmes. Nous ne sommes plus dans une simple prise de bénéfices. Nous assistons à une véritable phase de capitulation institutionnelle.

La fin de l’euphorie institutionnelle ?

Depuis le lancement des ETF Bitcoin spot en janvier 2024, l’histoire semblait belle. BlackRock, Fidelity, Grayscale et les autres géants de la gestion d’actifs allaient démocratiser l’accès au Bitcoin auprès des family offices, des fonds de pension et des institutionnels les plus conservateurs. Pendant près de deux ans, les flux nets furent massivement positifs.

Mais février 2026 marque un tournant. Pour la première fois depuis le lancement d’IBIT, l’investisseur moyen se retrouve sous l’eau. Autrement dit : le prix actuel du fonds est inférieur au prix d’achat moyen pondéré de la majorité des porteurs de parts. Quand cela arrive sur un produit aussi liquide et aussi médiatisé, la psychologie bascule rapidement.

Bob Elliott, fondateur d’Unlimited Funds, l’explique très clairement : les détenteurs moyens réalisent soudain qu’ils sont en perte latente importante. La peur de perdre encore plus prend le dessus sur la conviction long terme. Résultat : retraits massifs, ventes paniquées, et cerise sur le gâteau, un volume record qui ne traduit pas de l’appétit… mais de la fuite.

Les causes profondes du séisme

Plusieurs facteurs macroéconomiques et sectoriels se sont combinés pour créer cette tempête parfaite :

  • Données macro US décevantes (emploi, inflation, consommation)
  • Craintes grandissantes autour d’une bulle sur l’intelligence artificielle
  • Rotation sectorielle massive hors des actifs risqués
  • Absence totale de catalyseur haussier à court terme
  • Liquidations en cascade sur les marchés dérivés crypto

Le Bitcoin, qui avait été perçu comme une « réserve de valeur » ou un « or numérique » par certains institutionnels, redevient brutalement un actif risqué corrélé aux indices technologiques. Quand le Nasdaq tousse, le BTC éternue… et quand le Nasdaq s’effondre, le BTC peut s’écrouler.

« Il n’y a plus d’acheteurs. Le carnage n’est probablement pas terminé. »

Peter Brandt, trader légendaire

Cette phrase de Peter Brandt, prononcée sur son compte X dans la foulée du krach, résume l’état d’esprit dominant. Le vétéran du trading observe que les supports techniques sautent les uns après les autres sans réelle défense. Le niveau des 60 000 $ est désormais crucial. S’il cède durablement, les analystes techniques pointent rapidement la zone des 50 000–52 000 $ comme prochain aimant magnétique.

BlackRock face au test ultime

Pour BlackRock, ce moment est à la fois une épreuve et une opportunité paradoxale. D’un côté, l’ETF IBIT subit une hémorragie de capitaux et une chute de NAV spectaculaire. De l’autre, le volume record démontre que, même dans la tourmente, le produit reste ultra-liquide et attire toujours l’attention des gros acteurs.

La question que tout le monde se pose est simple : BlackRock va-t-il continuer à racheter du Bitcoin pour créer de nouvelles parts malgré les sorties ? Ou va-t-on assister à une réduction drastique de l’inventaire de BTC détenu par l’ETF ? Pour l’instant, les données montrent que les mécanismes de création/rachat fonctionnent toujours, mais la pression est énorme.

Ce que les chiffres nous disent sur IBIT :

  • Lancement : janvier 2024
  • ATH prix action : ~126 $ (octobre 2024)
  • Prix actuel : ~36,10 $
  • Record volume journée : 10 milliards $ (5 février 2026)
  • Sorties nettes mercredi 4 février : -373 millions $
  • Investisseur moyen désormais en perte latente

Et maintenant ? Scénarios possibles

À court terme, trois scénarios principaux se dessinent :

  • Scénario 1 – Rebond technique rapide : Si le support des 60 000 $ tient et que des acheteurs opportunistes reviennent, on pourrait voir un rebond vers 68–72k$ dans les prochains jours.
  • Scénario 2 – Continuation baissière : Perte des 60 000 $, accélération vers 52–55k$, puis potentiellement test des 48k$ (plus bas de 2025).
  • Scénario 3 – Capitulation finale : Vague de ventes forcées supplémentaires, chute sous les 50k$, et bear market confirmé pour plusieurs mois.

Le scénario 2 semble pour l’instant le plus probable selon la majorité des analystes techniques. Mais personne n’a de boule de cristal. Ce qui est certain, c’est que la psychologie du marché a radicalement changé en quelques semaines.

Leçons à retenir de ce krach éclair

Ce mouvement violent rappelle plusieurs vérités essentielles sur le marché crypto, même en 2026 :

  • Les ETF n’immunisent pas contre la volatilité
  • Les institutionnels ne sont pas plus « rationnels » que les particuliers
  • La corrélation avec les marchés actions tech reste extrêmement forte
  • La liquidité peut être à double tranchant : elle facilite les entrées… et les sorties massives
  • Le narratif « refuge » du Bitcoin s’effrite dès que le risque global augmente

Pour les investisseurs qui ont la chance (ou la malchance) d’être positionnés, la question n’est plus « est-ce que ça va remonter ? » mais plutôt « est-ce que je peux encaisser une baisse supplémentaire de 20–30 % sans paniquer ? ».

Conclusion : la fin d’un cycle ou un gros nettoyage ?

Le record de volume sur l’ETF BlackRock n’est pas un signe de force. C’est le symptôme d’une crise de confiance brutale et d’une redistribution massive des mains faibles vers les mains fortes (ou vers la sortie définitive). Le Bitcoin à 60 000 $ n’est plus une hypothèse lointaine : c’est la réalité d’aujourd’hui.

Ce krach éclair de février 2026 pourrait marquer la fin de la lune de miel entre Wall Street et Bitcoin… ou au contraire devenir le point bas ultime avant une nouvelle phase haussière violente. L’histoire nous a appris que les plus gros creux naissent souvent dans la capitulation la plus totale.

Reste une question lancinante : les institutionnels qui fuient aujourd’hui seront-ils les mêmes qui reviendront acheter à prix cassé demain ? L’avenir nous le dira. En attendant, le marché retient son souffle… et les écranges de trading restent en rouge sang.

(Article d’environ 5 400 mots – mis à jour le 6 février 2026)

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