Et si le plus long des hivers crypto venait enfin de prendre fin ? Le 13 octobre 2026, Ki Young Ju, fondateur de CryptoQuant, a publié un message qui a fait basculer le sentiment de milliers d’investisseurs. En changeant un seul mot de la formule qu’il avait utilisée pour enterrer le bull run en mars 2025, il a solennellement déclaré que le bear market bitcoin était terminé. Selon lui, les douze à vingt-quatre prochains mois devraient offrir soit une hausse, soit une évolution latérale. Une annonce qui arrive après des mois de doute, de corrections brutales et d’espoirs avortés.
Un signal on-chain qui change la donne
Le message de Ki Young Ju tient en une ligne, mais il s’appuie sur des données que peu d’analystes suivent avec autant de rigueur. Le graphique partagé sur X retrace l’histoire récente du bitcoin, jalonnée de signaux d’achat et de vente issus du PnL Index. Cet indicateur maison mesure si, dans l’ensemble, les détenteurs de bitcoin sont en gain ou en perte. Lorsque cette rentabilité moyenne repasse au-dessus de sa moyenne mobile sur un an, CryptoQuant considère que le marché a quitté sa phase baissière.
Les précédents signaux d’achat de cet indice sont apparus à proximité des reprises majeures de 2015, 2019 et 2023. Le dernier en date est donc un signal d’achat clair. Pourtant, Ki Young Ju se refuse à fixer le moindre objectif de prix. Sa prévision laisse explicitement la place à un marché latéral aussi bien qu’à un marché haussier. Cette prudence contraste avec l’enthousiasme habituel des annonces de fin de bear market.
Bitcoin bear cycle is over, expecting 12-24 months of bullish or sideways price action.
Ki Young Ju, 13 octobre 2026
Ce qui frappe, c’est la symétrie avec son message de mars 2025. À l’époque, il avait écrit « Bitcoin bull cycle is over ». Dix-huit mois plus tard, il inverse simplement le mot clé. La formule est identique, le retournement de situation aussi. Mais entre-temps, l’analyste a appris à ses dépens que le timing des cycles n’est jamais aussi précis qu’on le croit.
Le précédent de mars 2025 : une erreur qui a marqué
En mars 2025, Ki Young Ju avait anticipé six à douze mois de baisse ou de stagnation. Le bitcoin a pourtant inscrit un nouveau record historique à 126 000 dollars sept mois plus tard. L’analyste a reconnu publiquement son erreur. La vraie correction n’est arrivée qu’en octobre 2025. À partir de là, le bitcoin a perdu près de la moitié de sa valeur, touchant un point bas autour de 60 000 dollars au cours de l’année 2026.
Fin mai 2026, alors que le marché baissier battait son plein, Ki Young Ju cherchait des repères dans les cycles précédents. En 2014, 2018 et 2022, la rentabilité des détenteurs avait reculé pendant environ dix-huit mois après les premières vagues de prises de bénéfices. Partie d’octobre 2025, la baisse pouvait donc logiquement se prolonger jusqu’au début de 2027. Pourtant, les indicateurs ont tourné plus tôt que prévu.
Entre le point bas de 60 000 dollars et la fin septembre 2026, le bitcoin est remonté jusqu’à 87 000 dollars. La rentabilité des détenteurs a suivi. Dès la fin août, l’indicateur de cycle de CryptoQuant est repassé en territoire haussier, une première depuis octobre 2025. Ki Young Ju a alors commencé à parler d’un nouveau cycle, avant de formaliser sa position le 13 octobre.
Les baleines ont pris de l’avance
Pendant que le reste du marché hésitait, les grands portefeuilles suivis par CryptoQuant ont agi. Hors exchanges et pools de minage, ces adresses détiennent désormais 3,03 millions de BTC. C’est leur plus haut niveau depuis novembre 2025. Le rythme de leurs achats n’avait plus été aussi soutenu depuis février.
Ce que révèlent les données CryptoQuant :
- Les gros détenteurs ont augmenté leurs positions de manière significative depuis le point bas.
- Leur accumulation est la plus rapide depuis le début de l’année 2026.
- Le reste du marché, notamment les flux ETF, reste encore hésitant.
« Les gros détenteurs ont bougé. Le reste du marché, pas encore », résume Ki Young Ju dans le dernier rapport de CryptoQuant. Les chiffres des ETF bitcoin américains lui donnent raison. La semaine dernière, ces produits ont enregistré 681 millions de dollars de sorties nettes, leur pire performance depuis fin juin. Pendant ce temps, le bitcoin oscille entre 81 000 et 84 000 dollars depuis plusieurs jours, sans direction claire.
Cette divergence entre l’accumulation des baleines et les flux institutionnels via les ETF illustre parfaitement le décalage typique des débuts de cycle. Les acteurs les plus informés et les plus patients positionnent leurs liquidités pendant que le grand public attend encore des confirmations plus évidentes.
Hausse ou range : deux scénarios possibles
Ki Young Ju ne promet pas la hausse. Sa prévision envisage explicitement un marché latéral sur l’ensemble de la période. Dans ce scénario, un bitcoin acheté aujourd’hui pourrait se retrouver dans la même zone de prix des mois plus tard, après une succession de hausses et de replis. Ce type de phase est souvent plus usant psychologiquement qu’un vrai bear market, car il entretient l’espoir sans offrir de tendance claire.
Si la hausse l’emporte, une correction finira tôt ou tard par suivre. L’histoire récente le rappelle. Après son record de 126 000 dollars en octobre 2025, le bitcoin est retombé à 60 000 dollars en quelques mois. Ces montagnes russes restent stressantes, surtout pour ceux qui ont déjà un capital conséquent engagé.
C’est précisément pourquoi une partie des investisseurs choisit de conserver une exposition au bitcoin tout en encaissant progressivement une partie de ses gains en stablecoins au fil de la hausse. Les bénéfices ainsi pris restent sur la blockchain. Laissés dans un wallet, ces stablecoins ne rapportent rien. Déposés sur des protocoles de prêt DeFi, ils peuvent viser un rendement indépendant de la direction du marché.
Comprendre le PnL Index et sa fiabilité
Le PnL Index de CryptoQuant n’est pas un simple indicateur de prix. Il regarde la rentabilité réelle des détenteurs. Quand la majorité des bitcoins en circulation sont détenus à perte, le marché est généralement en phase de capitulation. Lorsque cette rentabilité moyenne repasse au-dessus de sa moyenne sur un an, cela signifie que suffisamment de participants sont de nouveau en gain pour que la pression vendeuse structurelle diminue.
Cet outil a bien fonctionné lors des sorties de bear market de 2015, 2019 et 2023. Il a en revanche donné un signal trop précoce en 2025, ce qui a conduit Ki Young Ju à enterrer le bull run trop tôt. La leçon est claire : même les meilleurs indicateurs on-chain doivent être interprétés avec une marge d’erreur. Ils donnent des probabilités, pas des certitudes.
Aujourd’hui, le même indicateur vient de basculer à nouveau. La question n’est plus de savoir s’il a raison, mais de comprendre ce que cela implique concrètement pour la gestion d’un portefeuille sur les prochains mois.
Les cycles bitcoin à travers l’histoire
Les cycles de quatre ans liés aux halvings restent une référence, même s’ils ne se déroulent jamais de manière identique. Après le pic de 2013, le marché a mis près de 400 jours à retrouver un vrai momentum. Après 2017, il a fallu attendre plus d’un an. Après 2021, la reprise s’est faite en 2023. Chaque fois, la durée de la phase baissière a oscillé autour de 12 à 18 mois, avec des variations importantes.
Le cycle actuel a commencé sa phase baissière en octobre 2025. Si l’on applique purement les moyennes historiques, le bas aurait dû se situer vers le printemps 2027. Les indicateurs de CryptoQuant ont pourtant basculé dès l’été 2026. Cela ne signifie pas que le modèle des cycles est cassé, mais qu’il évolue avec la maturité du marché, l’arrivée des ETF et la participation croissante des institutions.
La présence massive de capital institutionnel via les ETF change la dynamique. Les flux peuvent être plus rapides, mais aussi plus sensibles aux décisions de la Fed, aux données macroéconomiques et aux rotations sectorielles. Un marché plus mature n’est pas forcément un marché plus prévisible.
Ce que font réellement les baleines
Les adresses détenant plus de 1 000 BTC, hors exchanges, sont souvent considérées comme un baromètre de conviction. Leur accumulation actuelle à 3,03 millions de BTC est un signal fort. Ces acteurs n’achètent généralement pas pour spéculer à court terme. Ils positionnent du capital sur des horizons de plusieurs années.
Leur comportement contraste avec celui des ETF, qui ont connu une semaine de sorties importantes. Cette divergence n’est pas nouvelle. Elle s’observe régulièrement en début de cycle : les holders long terme accumulent pendant que les flux institutionnels restent volatils. Ce n’est souvent que plusieurs mois plus tard que les deux se synchronisent.
Pour l’investisseur individuel, la leçon est double. D’un côté, suivre les baleines peut donner un avantage. De l’autre, ces mêmes baleines peuvent se tromper, ou simplement avoir une tolérance au risque et un horizon de temps très différents. Copier aveuglément leurs mouvements n’est jamais une stratégie en soi.
Gérer le stress d’un marché en transition
Passer d’un bear market à une phase de range ou de hausse progressive n’élimine pas la volatilité. Les corrections de 20 à 30 % restent courantes, même en marché haussier. Pour ceux qui détiennent déjà une exposition significative, ces oscillations peuvent devenir épuisantes.
Une approche de plus en plus utilisée consiste à prendre des bénéfices partiels en stablecoins au fur et à mesure que le prix progresse. Ces stablecoins peuvent ensuite être déployés dans des protocoles de prêt pour générer un rendement, tout en gardant la possibilité de réinvestir en bitcoin si le marché se retourne à la baisse. L’objectif n’est plus seulement de maximiser la performance brute, mais de lisser le parcours psychologique.
Cette méthode ne garantit évidemment pas de meilleurs résultats. Elle permet simplement de ne plus dépendre entièrement d’un scénario unique, qu’il soit haussier ou latéral. Dans un environnement où même les meilleurs analystes se trompent régulièrement, la diversification des approches devient une forme de prudence.
Les limites de toute prévision de cycle
Ki Young Ju lui-même a déjà montré qu’il pouvait se tromper. En mars 2025, son appel de fin de bull market était prématuré. Aujourd’hui, son appel de fin de bear market pourrait l’être aussi, ou au contraire s’avérer juste. Personne ne le saura avant plusieurs mois.
Les indicateurs on-chain sont parmi les outils les plus robustes disponibles, mais ils restent des outils. Ils ne capturent pas les chocs macroéconomiques, les décisions réglementaires soudaines ou les rotations de liquidité vers d’autres actifs. Un événement géopolitique, un resserrement monétaire inattendu ou une crise bancaire peuvent balayer n’importe quel signal technique en quelques jours.
C’est pourquoi la prévision de 12 à 24 mois de hausse ou de range doit être lue comme une probabilité, pas comme une certitude. Le bitcoin a jusqu’à l’automne 2028 pour trancher et dire si Ki Young Ju a, cette fois, enterré le bon cycle.
Que retenir concrètement pour un portefeuille
Le signal de CryptoQuant est un élément parmi d’autres. Il s’ajoute à l’accumulation des baleines, à la structure des cycles historiques et au comportement encore hésitant des flux ETF. Aucun de ces éléments n’est décisif isolément. Ensemble, ils dessinent un environnement où le risque de baisse structurelle semble diminué, sans pour autant garantir une hausse immédiate et durable.
- Le PnL Index est repassé en territoire positif, signal historique de sortie de bear market.
- Les baleines accumulent à un rythme élevé, atteignant 3,03 millions de BTC.
- Les ETF américains ont connu une semaine de sorties importantes, signe que le consensus n’est pas encore haussier.
- La prévision laisse explicitement la place à un marché latéral sur 12 à 24 mois.
- L’historique montre que même les meilleurs signaux peuvent être précoces ou tardifs.
Pour un investisseur de long terme, cela signifie probablement que la phase de capitulation extrême est derrière nous. Cela ne signifie pas que le chemin sera linéaire. Les prochains mois testeront la patience de ceux qui attendent un nouveau bull run explosif, tout comme ils récompenseront peut-être ceux qui acceptent de naviguer dans un marché plus lent et plus chaotique.
Le rôle croissant des données on-chain
L’annonce de Ki Young Ju rappelle à quel point les données on-chain sont devenues centrales dans l’analyse du bitcoin. Contrairement aux marchés traditionnels, où l’information reste souvent opaque, la blockchain offre une transparence quasi totale sur les flux, les profits et pertes latents, et le comportement des grands détenteurs.
CryptoQuant n’est qu’un des acteurs de cet écosystème. Glassnode, Arkham, Dune et d’autres fournissent des perspectives complémentaires. La force de ces outils réside dans leur capacité à détecter des changements de régime avant qu’ils ne deviennent évidents sur les graphiques de prix. Leur faiblesse réside dans le fait que le marché peut rester irrationnel plus longtemps que n’importe quel indicateur ne peut rester solvables.
Utiliser ces données demande donc une discipline. Il faut savoir les interpréter, les croiser avec d’autres sources, et accepter qu’elles ne donnent jamais une réponse définitive. Le message de Ki Young Ju illustre parfaitement cette tension : un signal clair, une prévision nuancée, et une histoire personnelle d’erreurs passées qui rappelle l’humilité nécessaire.
Vers un marché plus mature, mais toujours volatile
L’arrivée des ETF au comptant a transformé le bitcoin. Les flux institutionnels sont désormais visibles, mesurables, et parfois massifs. Cette maturité n’a pas éliminé la volatilité. Elle l’a simplement transformée. Les mouvements de plusieurs dizaines de pour cent en quelques semaines restent possibles, mais ils s’inscrivent désormais dans un cadre plus large d’allocation d’actifs traditionnelle.
Dans ce contexte, les phases de range de 12 à 24 mois ne sont plus aberrantes. Elles correspondent à des périodes pendant lesquelles les institutions digèrent les hausses précédentes, réévaluent leurs allocations, et attendent des catalyseurs macroéconomiques plus clairs. Le retail, lui, oscille entre euphorie et découragement.
Le bitcoin de 2026 n’est plus celui de 2017 ou même de 2021. Il est plus intégré, plus liquide, et plus sensible aux décisions de la Réserve fédérale. Cette évolution rend les analyses purement on-chain moins suffisantes qu’auparavant, même si elles restent indispensables.
Une prévision qui laisse le champ libre
En refusant de fixer un objectif de prix et en intégrant explicitement le scénario latéral, Ki Young Ju se protège d’une nouvelle erreur de timing. Il annonce la fin d’une phase, pas le début d’une autre avec des niveaux précis. Cette approche est plus mature que les appels de bull market à 200 000 ou 250 000 dollars que l’on a vu fleurir à d’autres époques.
Elle force aussi l’investisseur à réfléchir par lui-même. Si le marché peut rester latéral pendant deux ans, alors la gestion de la trésorerie, le rendement des stablecoins, et la capacité à supporter des oscillations sans tendance deviennent aussi importants que le simple fait d’être exposé au bitcoin.
Le message de CryptoQuant n’est donc pas un appel à l’achat immédiat et massif. C’est un changement de régime annoncé, avec toutes les incertitudes que cela comporte. Les 12 à 24 prochains mois diront si ce changement est réel, ou s’il s’agit encore une fois d’un faux départ.
Conclusion : un signal important, pas une certitude
Le 13 octobre 2026, Ki Young Ju a changé un mot et a déclaré le bear market bitcoin terminé. Derrière cette formule simple se cache un travail d’analyse on-chain rigoureux, une reconnaissance des erreurs passées, et une prévision volontairement ouverte. Les baleines ont déjà positionné une partie de leurs liquidités. Les ETF hésitent encore. Le prix oscille dans une zone étroite.
Rien ne garantit que les 12 à 24 prochains mois seront haussiers. Rien ne garantit non plus qu’ils resteront latéraux. Ce qui semble probable, c’est que la phase de destruction de valeur extrême des mois précédents est derrière nous. Pour le reste, le marché tranchera, comme il l’a toujours fait.
Dans cet environnement, la meilleure attitude n’est probablement ni l’euphorie ni le cynisme. C’est une vigilance attentive, une gestion de risque rigoureuse, et la capacité à s’adapter si les signaux évoluent à nouveau. Car si l’histoire des cycles bitcoin a une leçon à offrir, c’est bien celle-ci : même les meilleurs analystes se trompent, et le marché a toujours le dernier mot.
