Imaginez-vous rentrer chez vous un soir d’hiver, dans une petite ville tranquille du sud de la France. Vous ouvrez la porte, et soudain, trois individus encagoulés vous plaquent au sol, arme au poing. Leur objectif ? Pas votre argent liquide ni vos bijoux, mais vos cryptomonnaies. Cette scène digne d’un film noir est pourtant devenue réalité le 5 janvier 2026 à Manosque, dans les Alpes-de-Haute-Provence.

Cet événement choc nous rappelle brutalement que posséder des actifs numériques peut attirer des dangers bien réels, loin des écrans et des blockchains. Même dans des zones rurales, la valeur des cryptos fait désormais covoitée par le crime organisé.

Une agression d’une violence rare pour un butin numérique

Ce lundi soir, vers 19h30, le quartier résidentiel de Chanteprunier à Manosque vit une soirée comme les autres. Jusqu’à ce que trois hommes masqués forcent l’entrée d’une maison. La victime, une femme d’une trentaine d’années, se retrouve seule face à eux.

Rapidement maîtrisée et ligotée, elle subit pendant plus d’une demi-heure des violences physiques et des menaces terrifiantes. Les agresseurs, armés d’un pistolet, exigent un accès précis : les portefeuilles de cryptomonnaies appartenant à son compagnon.

Cette méthode porte un nom dans le milieu crypto : la wrench attack, ou “attaque au marteau” en français. Il s’agit d’utiliser la contrainte physique pour forcer une personne à révéler ses clés privées ou seed phrases, contournant ainsi toutes les protections technologiques.

Les transactions en cryptomonnaies sont irréversibles. Une fois volées, il est presque impossible de récupérer ses fonds, contrairement à un vol bancaire classique.

Le déroulement précis de l’agression

La jeune femme ouvre la porte, pensant peut-être à une visite anodine. Les trois individus surgissent immédiatement. Ils la neutralisent, la menottent ou l’attachent, puis commencent leur pression.

Pendant trente longues minutes, ils fouillent la maison à la recherche d’indices. Leur cible est claire : tout ce qui peut donner accès aux actifs numériques du couple. Finalement, ils repartent avec une clé USB contenant des données sensibles liées aux wallets.

Une fois les malfaiteurs partis, la victime parvient à se libérer seule et alerte immédiatement les secours. Choquée et légèrement blessée, elle fournit aux policiers les premiers éléments pour l’enquête.

Les éléments clés de cette affaire :

  • Agression à domicile par trois individus encagoulés et armés
  • Séquestration d’environ 30 minutes avec violences physiques
  • Objectif exclusif : accès à des portefeuilles cryptomonnaies
  • Butin : une clé USB contenant probablement des seed phrases ou clés privées
  • Enquête confiée à la police judiciaire de Marseille

Pourquoi Manosque ? La question de la cible choisie

Manosque n’est pas Paris, Lyon ou Marseille. Cette ville de 20 000 habitants dans les Alpes-de-Haute-Provence semble loin des grandes criminalités urbaines. Pourtant, les agresseurs savaient exactement où frapper et ce qu’ils cherchaient.

Cela soulève une interrogation majeure : comment ont-ils identifié cette victime ? Possédait-elle ou son compagnon une quantité importante de cryptomonnaies ? Avait-il été imprudent sur les réseaux sociaux ou dans des conversations ?

Dans le monde crypto, on parle souvent d’opsec (operational security). Beaucoup d’investisseurs expérimentés évitent de révéler publiquement leurs avoirs. Mais une simple fuite, un post anodin ou une information vendue peut suffire à attirer l’attention de bandes organisées.

Récemment, d’autres affaires en France ont montré que même des employés du fisc peuvent monnayer des données confidentielles. La discrétion absolue devient un enjeu vital.

L’enquête confiée aux spécialistes du banditisme

Le parquet de Digne-les-Bains n’a pas pris cette affaire à la légère. Compte tenu du caractère organisé et de la technicité du vol, l’enquête a été immédiatement transmise à la Brigade de répression du banditisme de la police judiciaire de Marseille.

Ces enquêteurs chevronnés, habitués aux affaires de grand banditisme, vont désormais tenter de remonter la piste. Analyses techniques, relevés ADN, exploitation de la vidéosurveillance locale : tout sera mis en œuvre.

Les chefs d’accusation sont lourds : vol à main armée en bande organisée, séquestration, association de malfaiteurs. Les peines encourues peuvent aller jusqu’à la réclusion criminelle à perpétuité.

La montée des violences physiques liées aux cryptomonnaies en France

Cet incident à Manosque n’est malheureusement pas isolé. Ces dernières années, la France connaît une augmentation inquiétante des agressions visant spécifiquement les détenteurs de cryptos.

On se souvient du vol d’un million de dollars en crypto à un détenu dans une prison lyonnaise. Ou encore des kidnappings express dans certaines grandes villes. La valeur élevée et l’irréversibilité des transactions font des cryptomonnaies une cible idéale pour les criminels.

Contrairement à l’argent fiat, où les banques peuvent bloquer ou reverser des virements frauduleux, un transfert Bitcoin ou Ethereum est définitif. Une fois les clés privées obtenues sous la contrainte, les fonds disparaissent instantanément vers des wallets anonymes.

  • 2024-2025 : plusieurs cas de home-jacking crypto à Paris et en région parisienne
  • Agressions dans des parkings ou au domicile pour forcer des transferts via mobile
  • Utilisation croissante de la violence pour contourner les sécurités 2FA ou biométriques
  • Implication probable de réseaux organisés, parfois internationaux

Comment se protéger contre les wrench attacks ?

Face à cette menace physique, les solutions purement techniques montrent leurs limites. Aucun mot de passe complexe ne résiste à une arme sur la tempe. Les experts en sécurité recommandent donc des stratégies spécifiques.

La première règle d’or : ne jamais tout stocker au même endroit. Utiliser des portefeuilles multisignature (multisig) exigeant plusieurs validations pour déplacer des fonds. Même sous la contrainte, une seule personne ne peut rien transférer.

Autre approche : les duress wallets ou wallets leurres. Il s’agit de créer un portefeuille visible contenant une petite somme, tandis que les gros avoirs restent cachés ailleurs. En cas d’agression, on donne accès au leurre.

Bonnes pratiques de sécurité physique pour les holders crypto :

  • Utiliser des wallets multisig (2-of-3 ou plus)
  • Séparer physiquement les clés privées ou seed phrases
  • Créer des wallets leurres avec de petites sommes
  • Éviter toute ostentation sur les réseaux sociaux
  • Installer des systèmes de sécurité domicile renforcés
  • Ne jamais ouvrir la porte sans vérification
  • Envisager des assurances spécifiques crypto contre le vol physique

Certaines plateformes proposent désormais des assurances couvrant même les vols sous contrainte. Mais la meilleure protection reste la prévention et la discrétion absolue.

Les implications plus larges pour la communauté crypto française

Cette agression à Manosque marque un tournant. Elle montre que plus aucune région n’est à l’abri. Le département des Alpes-de-Haute-Provence entre malgré lui dans la carte des crimes crypto.

Pour la communauté, c’est un rappel sévère : la décentralisation et la liberté offertes par les cryptomonnaies s’accompagnent de responsabilités accrues. L’auto-custody, vantée comme une force, devient aussi une vulnérabilité quand la sécurité physique est en jeu.

Certains holders choisissent désormais de confier une partie de leurs avoirs à des custodians institutionnels ultra-sécurisés. D’autres migrent vers des solutions plus complexes comme les MPC wallets (multi-party computation).

La possession de cryptomonnaies n’est plus seulement une question technique, mais aussi une question de sécurité personnelle.

Ce fait divers risque aussi d’alimenter le débat public sur la régulation. Les autorités pourraient être tentées de renforcer les obligations de déclaration ou de traçabilité pour mieux lutter contre ces crimes.

Vers une prise de conscience collective ?

Dans les forums et groupes crypto français, l’affaire fait déjà beaucoup réagir. Beaucoup réalisent qu’ils sous-estimaient le risque physique. Des discussions s’engagent sur les meilleures pratiques à adopter.

Des associations comme l’ADAN ou Circle France pourraient organiser des sensibilisations spécifiques. Les exchanges français renforcent aussi leurs messages d’avertissement sur l’opsec.

À long terme, cette vague de violence pourrait paradoxalement accélérer l’adoption de solutions plus sécurisées. Les hardware wallets évoluent, les protocoles multisig se démocratisent, et la communauté apprend dans la douleur.

L’affaire de Manosque, aussi choquante soit-elle, pourrait ainsi servir de catalyseur pour une maturité accrue des détenteurs français de cryptomonnaies. Car dans ce monde décentralisé, la sécurité commence d’abord par soi-même.

(Article mis à jour le 9 janvier 2026 – L’enquête est toujours en cours)

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