Imaginez un instant : des milliers de milliards de dollars circulent dans l’univers des cryptomonnaies, mais une écrasante majorité de cette richesse semble s’accrocher désespérément à seulement deux noms. Bitcoin et Ethereum. Et si le reste n’était qu’illusion ? C’est en substance le message troublant que vient de livrer l’une des institutions financières les plus respectées au monde.

Le 21 janvier 2026, le Center for Financial Research de Charles Schwab, qui supervise pas moins de 10 000 milliards de dollars d’actifs, a publié une étude qui secoue déjà pas mal de certitudes dans l’écosystème crypto. L’analyse décortique la répartition réelle de la valeur et propose une grille de lecture en trois couches qui pourrait bien redéfinir la manière dont les investisseurs institutionnels et particuliers perçoivent ce marché.

La structure en trois couches qui change tout

Plutôt que de considérer les cryptomonnaies comme une classe d’actifs homogène, les chercheurs de Schwab proposent une segmentation claire et logique : trois niveaux distincts qui composent l’écosystème blockchain.

  • Les réseaux fondateurs (foundational networks) : Bitcoin, Ethereum et quelques rares Layer 1 historiques.
  • Les infrastructures : solutions de scaling, oracles, bridges, indexeurs, etc.
  • Les produits utilisateurs : applications DeFi, NFT marketplaces, stablecoins opérationnels, jeux blockchain, etc.

Cette grille n’est pas théorique. Elle est construite à partir des données concrètes de capitalisation et d’adoption réelle au 31 décembre 2025. Et les chiffres parlent d’eux-mêmes.

Quelques chiffres clés du rapport Schwab fin 2025

  • Capitalisation totale du marché crypto : environ 3 169 milliards de dollars.
  • Part des réseaux fondateurs (surtout BTC + ETH) : 78 % de la valeur totale.
  • Part cumulée des trois couches identifiées : presque 99 % de la capitalisation globale.
  • Nombre de tokens avec plus de 1 million $ de capitalisation et utilisateurs actifs mensuels : plus de 300.

Ces statistiques montrent une réalité brutale : malgré des milliers de projets, la valeur reste extrêmement concentrée au niveau le plus bas de la pile technologique.

Pourquoi Bitcoin et Ethereum captent-ils autant ?

La réponse est simple, mais souvent oubliée : ils sont irremplaçables pour l’instant. Bitcoin reste la réserve de valeur décentralisée par excellence, tandis qu’Ethereum héberge la majorité des smart contracts et des applications décentralisées réellement utilisées.

Les autres blockchains Layer 1 (Solana, BNB Chain, Avalanche, etc.) ont beau afficher des performances impressionnantes sur le papier, elles n’ont pas réussi à détrôner les deux géants en termes de capitalisation sécurisée et de confiance des gros capitaux.

« La valeur dans les cryptomonnaies se concentre massivement dans les réseaux de base. Les infrastructures et les produits, bien qu’essentiels, captent une fraction bien plus faible de la richesse créée. »

Extrait adapté du rapport Charles Schwab – janvier 2026

Cette citation résume parfaitement le diagnostic : les investisseurs paient cher la sécurité, la décentralisation et la liquidité offertes par les deux piliers historiques.

Les infrastructures : le maillon faible ?

Parmi les trois couches, c’est sans doute celle qui intrigue le plus. Les projets d’infrastructure (Layer 2, oracles comme Chainlink, solutions cross-chain, etc.) sont souvent présentés comme les « tuyaux » indispensables de la prochaine génération blockchain.

Pourtant, le rapport Schwab montre qu’ils captent une part étonnamment faible de la valeur totale. Pourquoi ? Parce que beaucoup de ces protocoles restent des facilitateurs et non des destinataires finaux de la valeur.

Exemple concret : un Layer 2 sur Ethereum peut traiter des milliers de transactions, mais la valeur reste majoritairement ancrée sur Ethereum lui-même via le staking ETH ou les frais brûlés. Le Layer 2 crée de l’utilité, mais pas forcément de la capitalisation autonome durable.

Signaux faibles repérés par Schwab sur les infrastructures

  • Moins de protocoles d’infrastructure atteignent les 100 M$ de capitalisation que les produits finaux.
  • Beaucoup dépendent fortement de subventions ou d’émissions de tokens inflationnistes.
  • Adoption réelle mesurée (utilisateurs actifs mensuels) souvent décevante par rapport aux promesses techniques.

Cela ne signifie pas que ces projets sont inutiles, loin de là. Mais ils peinent à transformer l’utilité technique en valeur économique capturée durablement.

Les produits utilisateurs : l’espoir de demain ?

À l’autre extrémité de la chaîne, les applications concrètes (DeFi, stablecoins opérationnels, marketplaces NFT, jeux play-to-earn évolués, etc.) montrent des signes plus encourageants.

Le rapport note que deux fois plus de protocoles produits atteignent la barre symbolique des 100 millions de dollars de capitalisation comparé aux infrastructures. Preuve que lorsque l’utilisateur final perçoit une valeur immédiate, il est prêt à payer.

Les stablecoins occupent une place à part : ils ne sont ni pure infrastructure ni pur produit spéculatif, mais ils absorbent une part croissante de la richesse crypto, surtout institutionnelle.

Bitcoin et Ethereum : fragiles ou indestructibles ?

Le titre du présent article pose la question : Bitcoin et Ethereum sont-ils en état précaire ? La réponse est nuancée.

D’un côté, leur domination reste écrasante et semble même se renforcer en période d’incertitude macro-économique. De l’autre, cette concentration extrême crée un point de fragilité systémique : si l’un des deux piliers vacille durablement (bug critique, régulation hostile majeure, concurrence technologique inattendue), l’onde de choc pourrait être dévastatrice pour l’ensemble du marché.

« Les cryptomonnaies restent des actifs hautement spéculatifs et risqués. Une recherche approfondie est indispensable pour identifier où se trouve réellement la valeur fondamentale. »

Conclusion du rapport Charles Schwab

Les auteurs insistent lourdement sur ce point : malgré les discours triomphalistes, le secteur reste jeune, volatile et sujet à des cycles brutaux.

Que retenir pour 2026 et au-delà ?

Premier enseignement : privilégier les réseaux de base et les produits utilisateurs qui démontrent une adoption réelle plutôt que les infrastructures prometteuses mais encore peu monétisées.

Deuxième enseignement : la diversification intra-crypto ne suffit pas. La vraie diversification passe par une allocation réfléchie entre les trois couches, avec un biais structurel vers le bas de la pile (BTC/ETH + stablecoins solides).

Troisième enseignement : les stablecoins ne sont plus un sujet périphérique. Leur croissance continue pourrait même devenir le principal moteur d’adoption institutionnelle en 2026-2027.

Perspectives Schwab pour les investisseurs sérieux

  • Étudier minutieusement chaque couche avant d’investir.
  • Privilégier les projets avec une vraie proposition de valeur pour l’utilisateur final.
  • Rester extrêmement prudent sur les tokens inflationnistes sans mécanisme de capture de valeur clair.
  • Considérer les stablecoins comme une classe d’actifs à part entière.
  • Accepter que le marché crypto reste dominé par deux mastodontes pour encore plusieurs années.

Le rapport ne se contente pas de décrire l’état actuel ; il invite à repenser entièrement la manière d’aborder les investissements crypto. Fini le « tout miser sur le prochain x100 » ; place à une analyse structurelle et patiente.

Et si la vraie révolution arrivait ailleurs ?

Malgré la domination actuelle, plusieurs signaux faibles pourraient changer la donne à moyen terme :

  • L’émergence de nouvelles blockchains modulaires performantes et réellement décentralisées.
  • La maturité de solutions Layer 2 qui commencent à capturer une part significative des frais.
  • L’intégration massive des stablecoins dans les systèmes financiers traditionnels.
  • Des avancées réglementaires qui légitimeraient certains acteurs institutionnels.

Mais pour l’instant, le verdict de Schwab est sans appel : la valeur est en bas de la pile, et elle n’est pas près de remonter rapidement.

Ce rapport pourrait marquer un tournant dans la maturité de l’analyse crypto. Fini les whitepapers remplis de jargon technique ; place aux bilans froids et aux structures de valeur vérifiables. Les années 2026-2030 s’annoncent passionnantes… et potentiellement impitoyables pour ceux qui n’auront pas compris la leçon.

Et vous, comment positionnez-vous votre portefeuille à la lumière de cette nouvelle grille de lecture ?

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