Imaginez un instant : un pays de plus de 240 millions d’habitants, longtemps considéré comme prudent voire réticent face aux cryptomonnaies, décide soudain de sauter le pas et signe un partenariat avec l’un des projets les plus médiatisés et politiquement chargés de la planète crypto. C’est exactement ce qui vient de se produire au Pakistan.

Le 14 janvier 2026, une information a secoué la communauté crypto internationale : le gouvernement pakistanais a signé un mémorandum d’entente (MoU) avec World Liberty Financial, le projet stablecoin fortement associé à la famille Trump, pour expérimenter l’intégration du stablecoin USD1 dans son infrastructure de paiements nationaux et transfrontaliers.

Un tournant historique pour le Pakistan et la crypto

Cette annonce n’est pas anodine. Elle marque probablement la première collaboration officielle et publique entre un État souverain et un projet crypto porté par une figure aussi polarisante que l’ancien (et peut-être futur) président américain Donald Trump. Mais au-delà du buzz médiatique, que signifie réellement ce partenariat ?

Les grandes lignes de l’accord

Selon les premières informations confirmées par plusieurs sources proches du dossier, le mémorandum porte sur plusieurs axes stratégiques :

  • L’expérimentation du stablecoin USD1 pour les paiements transfrontaliers
  • L’intégration potentielle dans les systèmes de paiement numériques existants de la State Bank of Pakistan
  • Une coopération technique entre World Liberty Financial et le Pakistan Crypto Council
  • Des travaux conjoints sur la conformité réglementaire et la lutte contre le blanchiment

Une visite du PDG de World Liberty, Zach Witkoff, est d’ailleurs attendue prochainement à Islamabad pour officialiser et détailler les prochaines étapes.

USD1 : le stablecoin qui monte en puissance

Lancé relativement discrètement fin 2024, le stablecoin USD1 a connu une croissance fulgurante tout au long de l’année 2025. À ce jour, sa capitalisation dépasse les 3,4 milliards de dollars, ce qui le place déjà parmi les 10 plus gros stablecoins du marché.

Ses principales caractéristiques techniques :

  • Peg 1:1 avec le dollar américain
  • Émissions principalement sur BNB Smart Chain (plus de 60% de l’offre)
  • Présence significative également sur Ethereum
  • Transparence revendiquée via des audits réguliers
  • Volonté affichée d’obtenir une licence bancaire nationale américaine

« Nous voulons être le stablecoin le plus réglementé et le plus fiable du marché. C’est la seule voie viable à long terme. »

Zach Witkoff, CEO de World Liberty Financial

Le contexte pakistanais : d’une méfiance historique à l’enthousiasme actuel

Il faut se souvenir que jusqu’en 2023-2024, les autorités pakistanaises considéraient les cryptomonnaies comme une menace sérieuse pour la stabilité financière et la souveraineté monétaire. Plusieurs circulaires de la banque centrale interdisaient même aux institutions financières de traiter avec des acteurs crypto.

Le revirement a commencé timidement en 2024 avec la création de la Pakistan Virtual Assets Regulatory Authority (PVARA), puis s’est accéléré en 2025 avec :

  • Octroi de licences d’opération à Binance et HTX
  • Création du Pakistan Crypto Council
  • Annonces répétées d’un projet de réserve stratégique en Bitcoin
  • Lancement de plusieurs projets pilotes de blockchain dans l’administration
  • Discussions ouvertes sur l’exploitation minière de Bitcoin à l’énergie hydraulique

En moins de 18 mois, le Pakistan est passé du statut de pays crypto-hostile à celui d’acteur régional ambitieux qui cherche à rattraper son retard technologique et financier.

Pourquoi World Liberty et USD1 plutôt qu’un autre acteur ?

Plusieurs raisons expliquent ce choix apparemment surprenant :

  1. La dimension politique : l’association avec l’administration Trump (réelle ou supposée) constitue un signal fort dans un contexte géopolitique tendu
  2. La croissance extrêmement rapide d’USD1 qui démontre une traction réelle du marché
  3. La promesse de conformité réglementaire forte, chère aux autorités qui découvrent le secteur
  4. Des conditions commerciales probablement très avantageuses
  5. La volonté de diversifier les partenaires au-delà des géants chinois et américains classiques

Les implications pour les remittances pakistanaises

Avec environ 30 milliards de dollars de remittances annuelles (soit près de 10% du PIB), le Pakistan est l’un des pays les plus dépendants au monde des transferts de fonds de sa diaspora.

Les frais moyens actuels se situent entre 5,5% et 7,2% selon les corridors et les opérateurs. À titre de comparaison, les stablecoins permettent généralement des transferts pour moins de 0,5-1% de frais totaux.

Si seulement 10% des remittances passaient par USD1, cela représenterait une économie annuelle potentielle de plus de 2 milliards de dollars pour les familles pakistanaises. Un enjeu économique et social colossal.

Que va-t-il se passer concrètement dans les prochains mois ?

Selon les informations recueillies, le calendrier prévisionnel serait le suivant :

  • Q1 2026 : Phase pilote limitée à certains corridors de remittances (principalement UAE, Arabie Saoudite, UK)
  • Q2 2026 : Intégration avec les principaux wallets et applications de paiement locaux
  • Mi-2026 : Possible ouverture aux commerçants locaux pour les paiements en stablecoin
  • Fin 2026 : Évaluation complète et décision sur une intégration plus large ou un abandon

Les risques et les critiques qui émergent déjà

Comme pour toute avancée majeure, des voix critiques s’élèvent déjà :

  • Dépendance accrue envers le dollar américain via un acteur privé
  • Risques liés à la forte politisation du projet World Liberty
  • Questions sur la véritable décentralisation du stablecoin
  • Crainte d’une nouvelle forme de colonialisme numérique
  • Problématiques de souveraineté monétaire

« Accepter un stablecoin privé américain comme infrastructure nationale de paiement, c’est une forme moderne de capitulation monétaire. »

Économiste pakistanais anonyme

Ces critiques, bien qu’importantes, semblent pour l’instant minoritaires face à l’enthousiasme des autorités et d’une partie croissante de la population tech-savvy.

Un signal fort pour toute la région ?

Le Pakistan n’est pas un cas isolé. Plusieurs pays de la région regardent attentivement cette expérience :

  • Le Bangladesh qui a déjà lancé son propre stablecoin garanti par l’État
  • L’Inde qui hésite toujours sur la régulation crypto
  • Le Sri Lanka en pleine reconstruction économique
  • L’Afghanistan sous contrôle taliban qui cherche discrètement des solutions alternatives

Si l’expérience pakistanaise est concluante, elle pourrait déclencher un effet domino dans toute l’Asie du Sud.

Conclusion : entre pragmatisme et pari géopolitique

Le choix du Pakistan illustre parfaitement la nouvelle réalité géopolitique et technologique de 2026 : les États, même parmi les plus conservateurs, n’ont plus vraiment le choix. Il faut composer avec les cryptomonnaies et les stablecoins, sous peine de se retrouver marginalisés financièrement.

En optant pour USD1 et World Liberty, le Pakistan fait un pari audacieux : celui d’une coopération pragmatique avec un acteur américain politiquement très marqué, dans l’espoir d’accélérer sa modernisation financière tout en gardant un certain contrôle.

Réussite ou échec retentissant ? L’histoire nous le dira probablement d’ici fin 2026. En attendant, une chose est sûre : le paysage crypto mondial vient de connaître l’une de ses plus importantes inflexions institutionnelles depuis l’approbation des ETF Bitcoin en 2024.

Et vous, que pensez-vous de cette alliance inattendue entre Islamabad et le projet crypto de la famille Trump ?

Partager

Passionné et dévoué, je navigue sans relâche à travers les nouvelles frontières de la blockchain et des cryptomonnaies. Pour explorer les opportunités de partenariat, contactez-nous.

Laisser une réponse

Exit mobile version