Imaginez une entreprise japonaise qui, il y a encore quelques années, gérait tranquillement des hôtels et des investissements classiques, et qui décide du jour au lendemain de transformer sa trésorerie en une véritable montagne de bitcoins. Aujourd’hui, cette société, Metaplanet, détient plus de 35 000 BTC et se retrouve au cœur d’une tempête médiatique. Pourquoi ? Parce que depuis plusieurs mois, le cours de son action cotée à Tokyo évolue en dessous de la valeur réelle de ses avoirs en bitcoin. Les critiques fusent, les doutes s’installent… et le PDG a décidé de répondre sans détour.
Metaplanet au cœur de la controverse Bitcoin
Depuis l’automne 2025, Metaplanet fait face à une situation paradoxale. Alors que le bitcoin continue de faire parler de lui à travers le monde, l’action de l’entreprise japonaise subit une décote importante par rapport à la valeur liquidative de sa trésorerie BTC. Pour beaucoup d’observateurs, c’est incompréhensible. Pour d’autres, c’est le signe que quelque chose cloche dans la communication ou dans la stratégie même de l’entreprise.
Le 20 février 2026, Simon Gerovich, le charismatique CEO de Metaplanet, a publié un long thread sur X pour remettre les pendules à l’heure. Loin de se cacher derrière des communiqués lisses, il a choisi la transparence brute et a répondu point par point aux principales accusations qui circulent depuis des mois.
Une transparence revendiquée comme totale
Le premier reproche récurrent concerne le soi-disant manque de transparence. Certains investisseurs et commentateurs affirment que Metaplanet dissimulerait des informations cruciales sur ses mouvements de bitcoins. Simon Gerovich balaye cette critique d’un revers de main.
Toutes nos adresses Bitcoin sont publiques. N’importe quel actionnaire peut vérifier nos avoirs en temps réel grâce à notre tableau de bord interactif. Parmi les sociétés cotées, nous faisons partie des plus transparentes au monde.
Simon Gerovich – PDG de Metaplanet
Cette affirmation n’est pas une simple promesse marketing. Metaplanet publie effectivement un dashboard accessible à tous où l’on peut suivre les adresses, les soldes, les dates d’acquisition et même les mouvements récents. Une pratique encore rare parmi les entreprises qui adoptent une stratégie treasury Bitcoin.
Ce que propose Metaplanet en matière de transparence :
- Adresses BTC publiques et vérifiables sur la blockchain
- Tableau de bord interactif mis à jour quotidiennement
- Publication immédiate de chaque achat important via communiqués officiels
- Historique complet des transactions depuis le début de la stratégie
- Aucune opération OTC opaque non déclarée
Cette approche tranche avec certaines sociétés qui préfèrent communiquer de façon sporadique ou via des canaux moins traçables. Metaplanet semble avoir fait le choix inverse : assumer totalement sa stratégie et permettre à quiconque de la vérifier.
Les achats de septembre 2025 : le point qui fâche
L’autre grand sujet de discorde concerne les achats réalisés en septembre 2025. À cette période, le bitcoin flirtait avec son plus haut historique (ATH). Plusieurs observateurs ont accusé Metaplanet d’avoir « acheté au plus haut » puis d’avoir gardé le silence. Là encore, Simon Gerovich apporte des éléments très concrets.
Selon le PDG, l’entreprise a réalisé quatre acquisitions distinctes durant ce mois, et chacune d’entre elles a été annoncée immédiatement via les canaux officiels. Il rappelle que la stratégie de Metaplanet n’est pas du trading à court terme, mais bien une accumulation méthodique et de long terme.
Notre but n’est pas de timer le marché. Nous achetons du bitcoin de façon systématique, peu importe le cours, et nous communiquons chaque opération.
Simon Gerovich
Ce discours rappelle évidemment celui de Michael Saylor et de MicroStrategy (rebaptisée Strategy), la société américaine qui a popularisé le concept de Bitcoin treasury à grande échelle. Metaplanet se positionne clairement comme un disciple assumé de cette philosophie : acheter régulièrement, conserver indéfiniment, ignorer la volatilité quotidienne.
Pourquoi la décote persiste malgré tout ?
Malgré cette transparence affichée et cette stratégie assumée, l’action Metaplanet continue de coter en dessous de la valeur de ses bitcoins. Plusieurs hypothèses circulent pour expliquer ce phénomène :
- Décote liée à la liquidité faible – Le titre reste relativement peu échangé à la bourse de Tokyo.
- Prime de risque pays – Le Japon impose des contraintes réglementaires et fiscales différentes des États-Unis.
- Scepticisme sur la dette convertible – Une partie du financement repose sur des emprunts convertibles en actions, ce qui peut diluer les actionnaires.
- Manque de confiance généralisé – Après plusieurs mois de baisse du bitcoin, certains doutent encore de la viabilité du modèle treasury.
- Comparaison défavorable avec Strategy – La maison-mère américaine bénéficie d’une bien meilleure liquidité et d’une communication rodée depuis plus longtemps.
Simon Gerovich ne nie pas la décote, mais il insiste sur le fait qu’elle ne remet pas en cause la solidité intrinsèque de la trésorerie. Selon lui, le marché finira par reconnaître la valeur réelle des actifs détenus.
Metaplanet dans le classement mondial des Bitcoin Treasuries
Avec 35 102 BTC au compteur au 22 février 2026, Metaplanet occupe la quatrième place mondiale parmi les entreprises cotées détenant du bitcoin. Seules trois sociétés font mieux :
- Strategy (ex-MicroStrategy) → 717 131 BTC
- Block Inc. → environ 8 500 BTC (chiffre évolutif)
- Une société minière cotée nord-américaine → environ 45 000 BTC
Ces chiffres montrent que Metaplanet n’est plus un petit acteur marginal. Elle est devenue un sérieux concurrent dans la course aux réserves de bitcoins détenues par des entreprises publiques.
Top 5 Bitcoin Treasuries (cotées en bourse – février 2026)
- 1. Strategy – 717 131 BTC
- 2. Société minière NA – ~45 000 BTC
- 3. Block Inc. – ~8 500 BTC
- 4. Metaplanet – 35 102 BTC
- 5. Autre acteur asiatique – ~20 000 BTC
Cette position renforce la crédibilité de Metaplanet même si, paradoxalement, elle ne se traduit pas encore dans le cours de bourse.
Une stratégie inspirée… mais adaptée au contexte japonais
Metaplanet n’a jamais caché s’inspirer très fortement de Strategy. Simon Gerovich cite d’ailleurs régulièrement Michael Saylor comme une référence. Pourtant, le contexte japonais impose des adaptations importantes :
- Réglementation plus stricte sur les cryptos et les bilans d’entreprise
- Fiscalité différente sur les plus-values latentes
- Accès plus compliqué aux financements obligataires convertibles
- Culture d’entreprise japonaise plus averse au risque que la culture américaine
Ces différences expliquent en partie pourquoi Metaplanet avance plus prudemment que Strategy en termes de levier financier, même si la philosophie reste identique : transformer une trésorerie fiat en réserve stratégique de bitcoin.
Quel avenir pour Metaplanet en 2026 et au-delà ?
La réponse de Simon Gerovich du 20 février 2026 semble avoir calmé une partie des esprits les plus critiques. Mais plusieurs questions restent en suspens :
- La décote va-t-elle se résorber naturellement avec la hausse du bitcoin ?
- Metaplanet va-t-elle continuer à lever de la dette convertible malgré le contexte actuel ?
- Comment réagira le marché japonais si le bitcoin devait entrer dans une nouvelle phase baissière prolongée ?
- L’entreprise envisage-t-elle d’autres classes d’actifs numériques à l’avenir ?
Pour l’instant, le message est clair : Metaplanet reste fidèle à sa stratégie initiale. Pas de vente, pas de trading actif, pas de panique face à la volatilité. Juste une accumulation patiente et transparente.
Nous ne sommes pas là pour spéculer sur les mouvements de court terme. Nous construisons une réserve de valeur pour les décennies à venir.
Simon Gerovich – février 2026
Ce discours résonne particulièrement dans un contexte où de plus en plus d’entreprises, de fonds souverains et même d’États-nations regardent le bitcoin comme une alternative sérieuse aux réserves traditionnelles en dollars ou en or.
Leçons à retenir pour les investisseurs et les entreprises
L’histoire de Metaplanet, avec ses succès et ses controverses actuelles, offre plusieurs enseignements précieux :
- La transparence absolue ne suffit pas toujours à convaincre immédiatement le marché.
- Adopter une stratégie Bitcoin treasury demande une tolérance élevée à la volatilité boursière.
- Le timing des achats importe moins que la discipline sur le long terme.
- Les marchés traditionnels mettent souvent du temps à intégrer la valeur du bitcoin dans les bilans d’entreprise.
- La communication régulière et pédagogique reste un levier puissant face aux FUD.
Metaplanet incarne aujourd’hui l’un des laboratoires les plus intéressants au monde pour observer comment une entreprise non-américaine peut adopter – et adapter – le modèle popularisé par Michael Saylor.
Conclusion : la conviction avant la cotation
À l’heure où ces lignes sont écrites, le bitcoin oscille toujours dans une zone d’incertitude macro-économique. Metaplanet, malgré la décote de son action, continue de grossir ses réserves et de défendre sa vision sans concession. Simon Gerovich l’a répété : la société n’est pas là pour faire du trading, mais pour constituer une réserve de valeur intergénérationnelle.
Que l’on soit convaincu ou sceptique, une chose est sûre : l’expérience Metaplanet continuera d’alimenter les débats sur la place du bitcoin dans les bilans d’entreprise. Et si le marché finit par donner raison à Simon Gerovich et à ses équipes, la décote actuelle pourrait un jour apparaître comme l’une des plus belles opportunités d’investissement du cycle 2025-2026.
Reste à savoir si les investisseurs japonais – et internationaux – sauront faire preuve de la même patience que le PDG de Metaplanet. L’histoire ne fait que commencer.
