Imaginez une cryptomonnaie soutenue par Google, IBM, Boeing, FedEx et une poignée des plus grandes entreprises mondiales… et pourtant incapable de décoller réellement. C’est l’histoire étrange et frustrante d’Hedera et de son token HBAR en ce début d’année 2026. Après un rebond technique timide qui a ramené le cours autour des 0,10 $, beaucoup d’investisseurs se demandent si ce sursaut n’est qu’un sursis avant une chute bien plus violente.

Depuis son sommet historique de novembre 2024 à plus de 0,40 $, HBAR a perdu plus de 75 % de sa valeur. Et contrairement à de nombreux altcoins qui ont profité du bull-run global, Hedera semble coincée dans une spirale descendante dont il est difficile de sortir. Mais pourquoi un réseau aussi techniquement avancé, avec des frais dérisoires et une gouvernance corporate impressionnante, continue-t-il de décevoir à ce point ?

Pourquoi Hedera stagne malgré ses atouts techniques indéniables

Sur le papier, Hedera coche presque toutes les cases d’un blockchain de nouvelle génération prometteur. Certifié ABFT (asynchronous Byzantine Fault Tolerance), capable de plus de 10 000 transactions par seconde validées en quelques secondes, frais fixes infimes, carbone négatif… Peu de réseaux peuvent se targuer d’un tel niveau de performance brute.

Pourtant, quand on regarde les métriques on-chain réelles en février 2026, le constat est cruel : l’adoption concrète reste extrêmement faible par rapport à la concurrence.

Quelques chiffres qui font mal :

  • Total Value Locked (TVL) DeFi sur Hedera : environ 58 millions de dollars
  • Comparaison : Solana ≈ 12 milliards $, Base ≈ 4,8 milliards $, Arbitrum ≈ 3,1 milliards $
  • Offre totale de stablecoins sur Hedera : 68 millions $ (contre plus de 300 milliards $ sur l’ensemble du marché)
  • Actifs tokenisés (RWA) : part de marché proche de 0 % (Ethereum domine avec plus de 17 milliards $)

Ces données montrent clairement le problème principal : Hedera souffre d’un cruel manque d’utilisation réelle et d’effet de réseau. Même si de grandes entreprises siègent au conseil de gouvernance, très peu d’entre elles ont déployé des applications significatives sur le mainnet public.

FedEx rejoint le conseil : symbole fort ou greenwashing ?

L’annonce de l’arrivée de FedEx au conseil de gouvernance a suscité un regain d’intérêt temporaire fin janvier 2026. Beaucoup y ont vu le signal que le géant de la logistique allait réellement utiliser la technologie Hedera pour tracker ses millions de colis chaque jour.

Malheureusement, l’histoire se répète : comme Google, IBM, Boeing ou ServiceNow avant lui, FedEx a surtout rejoint le conseil pour des raisons stratégiques et d’image. À ce jour, aucune application concrète et publique d’envergure n’a été déployée par ces mastodontes sur le réseau Hedera public.

« Rejoindre le conseil de gouvernance est une chose. Construire et déployer massivement des applications sur le réseau en est une autre. Pour l’instant, Hedera reste surtout un consortium d’entreprises qui observent plus qu’elles n’agissent. »

Analyste crypto anonyme – février 2026

La guerre des stablecoins : Hedera hors-jeu

L’un des signaux les plus préoccupants concerne l’univers des stablecoins. Alors que le marché global des stablecoins a explosé pour dépasser les 300 milliards de dollars en 2026, Hedera stagne à seulement 68 millions $ d’offre circulante.

USDC et USDT représentent à eux seuls plus de 95 % du marché, et ils sont massivement déployés sur Ethereum, Tron, Solana, Polygon, Arbitrum, Optimism… mais quasiment pas sur Hedera. Même les initiatives locales comme la stablecoin natif hUSD n’ont jamais décollé.

Pourquoi les stablecoins boudent Hedera ?

  • Manque de liquidité native et de paires de trading importantes
  • Écosystème DeFi trop faible pour générer des rendements attractifs
  • Concurrence écrasante de Tron (frais ultra-bas) et Solana (vitesse + écosystème mature)
  • Perception que Hedera est « trop corporate » et moins « permissionless »

Real World Assets (RWA) : le train déjà parti sans Hedera

La tokenisation des actifs du monde réel est devenue l’un des narratifs les plus puissants de 2025-2026. BlackRock, Franklin Templeton, WisdomTree, Superstate et des dizaines d’autres acteurs institutionnels ont déjà tokenisé des obligations, fonds monétaires, immobilier commercial et même des crédits privés.

Résultat : plus de 24 milliards de dollars d’actifs tokenisés circulent aujourd’hui, dont une très large majorité sur Ethereum. Hedera ? Pratiquement invisible sur ce segment stratégique.

ETF HBAR Canary : inflows à zéro depuis des semaines

Lancé avec beaucoup d’espoir en fin 2025, le Canary HBAR ETF n’a pas réussi à attirer les institutionnels. Depuis le 9 février 2026, zéro inflow n’a été enregistré et les actifs sous gestion ont fondu jusqu’à environ 51 millions de dollars.

Parallèlement, l’open interest sur les contrats futures HBAR continue de s’effriter, signe que les traders spéculatifs perdent progressivement intérêt pour l’actif.

Analyse technique : vers un nouveau plus bas historique ?

Sur le graphique weekly, la tendance de fond reste clairement baissière depuis juillet 2025. HBAR évolue sous l’ensemble de ses moyennes mobiles clés (50, 100 et 200 périodes), sous le nuage Ichimoku et sous la ligne Supertrend.

Le prix bute actuellement sur une zone de support psychologique majeure à 0,10 $, correspondant également au niveau Ultimate Support des Murrey Math Lines. Tant que cette zone n’est pas durablement reconquise, la pression vendeuse reste dominante.

  • Scénario haussier (peu probable à court terme) : cassure confirmée au-dessus de 0,125 $ avec volume + retour au-dessus du nuage Ichimoku weekly → cible intermédiaire 0,18 $/0,22 $
  • Scénario le plus probable : échec à 0,10 $ → retour progressif vers le plus bas annuel à 0,0725 $
  • Scénario catastrophe : invalidation du support annuel → direction l’ancien plancher historique autour de 0,036 $

Que faudrait-il pour inverser réellement la tendance ?

Pour sortir de cette ornière, Hedera devrait réussir plusieurs choses simultanément :

  • Une ou plusieurs très grosses applications d’entreprises du conseil (ex : tracking FedEx en live sur mainnet public)
  • Explosion du TVL DeFi (minimum 1-2 milliards $)
  • Arrivée massive de stablecoins majeurs (USDC/USDT natif avec forte liquidité)
  • Premiers succès significatifs dans la tokenisation RWA
  • Retour de l’intérêt spéculatif retail + forte hausse de l’open interest futures

Malheureusement, aucun de ces catalyseurs ne semble se profiler à court ou moyen terme. La plupart des projets phares de l’écosystème (SaucerSwap, HeliSwap, Stader…) montrent une activité stagnante ou en recul depuis plusieurs mois.

Hedera face à la nouvelle génération de layer-1

Pendant que Hedera stagne, des concurrents plus récents captent toute l’attention : Monad, Hyperliquid, Plasma, Berachain, Initia, Provenance, Movement… Ces nouveaux arrivants promettent des performances similaires (voire supérieures) tout en offrant des tokenomics plus attractifs et un narratif plus « DeFi natif ».

Dans un marché crypto où l’attention et le capital sont rares, Hedera souffre d’un cruel manque de « hype » et de momentum communautaire. Le narratif « entreprise + gouvernance corporate » qui semblait si puissant en 2021-2022 paraît aujourd’hui beaucoup moins sexy face à la vague memecoin/DeFi/RWA actuelle.

Conclusion : vigilance maximale sur HBAR

Hedera dispose toujours d’une technologie de pointe et d’un réseau de partenaires impressionnant. Mais la réalité on-chain est implacable : sans adoption massive et sans explosion des métriques d’utilisation, le prix risque fort de continuer sa lente érosion.

À court terme, la zone des 0,0725 $ constitue le prochain test majeur. Une cassure franche en dessous ouvrirait la voie à un retour vers les plus bas historiques autour de 0,036 $. Dans un tel scénario, même les holders les plus convaincus pourraient commencer à perdre patience.

Comme souvent en crypto : la technologie ne suffit pas. C’est l’adoption réelle et l’effet de réseau qui font la différence sur le long terme. Pour l’instant, Hedera en manque cruellement… et le marché le sanctionne sans pitié.

À suivre de très près dans les semaines qui viennent.

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