Et si les plus grandes réussites naissaient précisément des échecs les plus cuisants ? Dans un monde où l’on célèbre les licornes financées par des levées de fonds records, l’histoire de Gurhan Kiziloz détonne. Cet entrepreneur a traversé cinq faillites, essuyé refus sur refus des banques et investisseurs, avant de rebâtir seul un empire discret mais redoutable : Nexus International. En 2025, cette société a généré 1,2 milliard de dollars de revenus annuels, sans un centime d’argent extérieur, sans dette et surtout sans céder le moindre pourcentage de contrôle.
Ce parcours n’est pas une success story classique. Il s’agit d’une revanche froide, méthodique, où la résilience se transforme en avantage compétitif majeur. Aujourd’hui, Kiziloz détient 100 % de son groupe et vise des sommets bien plus élevés. Décryptage d’un modèle qui défie les règles habituelles du jeu entrepreneurial, surtout dans les secteurs du gaming en ligne et des paiements numériques, avec une touche crypto de plus en plus présente.
Un parcours semé d’embûches qui forge un mindset unique
Les échecs répétés peuvent briser n’importe qui. Pour Gurhan Kiziloz, ils ont eu l’effet inverse. Chaque faillite a agi comme un filtre impitoyable : élimination des mauvaises idées, des partenaires inutiles, des structures trop lourdes. Au lieu de se cacher ou de changer d’identité, il a choisi la transparence brute. « J’ai fait faillite cinq fois, et tout s’est passé en public », confie-t-il dans une interview récente. Loin de le détruire, cette visibilité l’a forcé à se réinventer sans filet.
Ce qui frappe, c’est la radicalité de sa réponse. Plutôt que de chercher à nouveau des financements externes, il a décidé de tout internaliser. Plus d’investisseurs, plus de board, plus de dilution. Cette décision, prise au plus bas, deviendra le socle de tout ce qui suivra.
« Les portes se sont fermées, alors j’ai construit ma propre maison. »
Gurhan Kiziloz
Cette phrase résume parfaitement sa philosophie. Au lieu d’attendre l’approbation des autres, il a pris le contrôle total. Et les résultats parlent d’eux-mêmes.
La naissance de Nexus International : simplicité et contrôle absolu
Nexus International n’est pas née d’une vision grandiose financée par du capital-risque. Elle est issue d’une nécessité : survivre et grandir sans dépendre de quiconque. Le groupe s’articule autour de trois plateformes principales, chacune ciblant des segments précis du marché du gaming en ligne et des paiements.
- Spartans.com : plateforme casino orientée crypto, axée sur la rétention des joueurs haute valeur via des systèmes de récompenses propriétaires.
- Megaposta : sportsbook et casino focalisé sur le Brésil, profitant pleinement de la régulation récente pour capter un marché en explosion.
- Lanistar : pont entre fintech et gaming, opérant en Europe et en Amérique latine avec une approche licence stricte.
Ces trois entités ne sont pas des marques concurrentes internes. Elles partagent des infrastructures communes (compliance, paiements, gestion des risques) tout en gardant une autonomie opérationnelle. Cette structure décentralisée mais centralisée au niveau de la propriété permet une agilité rare dans l’industrie.
Les clés du succès selon Kiziloz :
- Financement 100 % par profits réinvestis
- Élimination totale de la bureaucratie
- Décisions ultra-rapides sans validation externe
- Focus obsessionnel sur la rétention client plutôt que l’acquisition coûteuse
- Contrôle intégral de la propriété
En 2024, Nexus affichait déjà 400 millions de dollars de revenus. En 2025, ce chiffre a triplé pour atteindre 1,2 milliard. Cette croissance exponentielle s’est faite sans publicité massive, sans dette, et surtout sans dilution. Un exploit rare dans un secteur où la plupart des acteurs brûlent du cash pour croître.
Spartans.com : quand le crypto rencontre le casino traditionnel
Parmi les trois piliers, Spartans.com est celui qui attire le plus l’attention dans l’écosystème crypto. Cette plateforme casino a été boostée par un investissement interne massif de 200 millions de dollars, entièrement financé par les profits du groupe. Au lieu de diluer pour lever, Kiziloz a réinvesti cash.
Le positionnement est clair : rester focalisé sur le casino pur (pas de sportsbook hybride comme beaucoup de concurrents), miser sur des joueurs fidèles grâce à des mécaniques de fidélité innovantes, et intégrer nativement les paiements en cryptomonnaies. Dans un marché où les géants comme bet365 ou Stake dominent, Spartans parvient à se tailler une place en misant sur la rapidité et l’expérience utilisateur mobile-first.
Ce choix stratégique n’est pas anodin. Le gaming crypto représente une niche en forte croissance, où la transparence des smart contracts et la vitesse des transactions blockchain deviennent des arguments compétitifs majeurs. Nexus, via Spartans, se positionne déjà comme un acteur sérieux dans ce segment.
Megaposta et le pari brésilien gagnant
Si Spartans incarne l’avenir crypto, Megaposta représente le présent réglementé. Le Brésil, avec sa nouvelle loi sur les jeux en ligne (2023-2024), est devenu l’un des marchés les plus prometteurs au monde. Nexus a été parmi les premiers à obtenir les licences nécessaires, intégrant reconnaissance faciale, paiements via banque centrale, et conformité totale.
Cet avantage de précurseur a permis à Megaposta de capter rapidement des parts de marché significatives. Localisation poussée, moyens de paiement adaptés aux habitudes brésiliennes, contenu mobile-first : tous les ingrédients d’une croissance durable sont réunis. Et contrairement à beaucoup d’opérateurs, Nexus n’a pas eu à attendre des levées de fonds pour déployer.
Résultat : une base solide qui génère des flux de trésorerie constants, réinvestis immédiatement dans les autres marques du groupe.
Lanistar : l’héritage fintech au service du gaming
Lanistar est née comme une fintech avant de pivoter vers le gaming. Cette évolution illustre parfaitement la capacité d’adaptation de Kiziloz. Au lieu de s’entêter dans un secteur saturé, il a réutilisé les compétences en paiements pour renforcer l’offre gaming du groupe.
Aujourd’hui, Lanistar opère sous licences européennes et latines, servant de hub pour les flux financiers du groupe. Cette intégration verticale (contrôle des paiements) réduit les coûts, accélère les retraits, et améliore la confiance des joueurs. Dans un secteur où la friction au paiement peut tuer la rétention, c’est un avantage décisif.
Le vrai coût de la dilution : pourquoi Kiziloz refuse les investisseurs
Dans le monde tech et gaming, lever des fonds est souvent vu comme une preuve de maturité. Kiziloz pense l’inverse. Chaque investisseur apporte du capital mais aussi des contraintes : reporting, gouvernance, objectifs court-termistes, dilution progressive.
En refusant tout cela, il conserve trois avantages cruciaux :
- Vitesse : décisions en heures, pas en mois
- Marges : pas d’intérêts à payer, pas de dividendes à verser
- Contrôle : vision long terme sans pression de sortie
À l’heure où beaucoup de scale-ups sacrifient leur indépendance pour croître vite, Nexus démontre qu’on peut faire l’inverse : croître vite en restant indépendant.
« 1,2 milliard n’est pas un objectif. C’est juste une étape. 100 milliards, là, on commencera à parler de tournant. »
Gurhan Kiziloz
Cette ambition démesurée n’est pas de la vantardise. Elle repose sur une mécanique simple : réinvestir massivement les profits, scaler les infrastructures existantes, et attaquer de nouveaux marchés réglementés avec agilité.
Vers le futur : l’entrée en force dans la blockchain
Le gaming n’est pas la seule arène de Kiziloz. Il a également lancé BlockDAG, un projet blockchain Layer-1 qui vise à concurrencer Ethereum et Solana. Architecture DAG (Directed Acyclic Graph) pour des transactions parallèles ultra-rapides, focus sur la scalabilité sans sacrifier la décentralisation : les promesses sont ambitieuses.
Ce n’est pas un simple side-project. Le succès de Nexus fournit les ressources et la crédibilité pour attaquer un secteur encore plus compétitif. Là encore, Kiziloz applique la même recette : contrôle total, financement interne, exécution rapide.
Si BlockDAG parvient à s’imposer, cela pourrait créer une synergie puissante entre gaming crypto (Spartans) et infrastructure blockchain. Un écosystème fermé mais ultra-efficace.
Les leçons d’un modèle atypique
L’histoire de Gurhan Kiziloz n’est pas reproductible à l’identique. Peu d’entrepreneurs survivent à cinq faillites publiques. Mais plusieurs enseignements transcendent son cas personnel :
- La vraie liberté vient du contrôle total de son destin
- Les échecs répétés peuvent devenir un filtre stratégique puissant
- Dans un monde obsédé par la croissance rapide, la croissance rentable et autonome reste une arme fatale
- Le gaming en ligne et le crypto-gaming offrent encore d’immenses opportunités pour les opérateurs agiles
- La conformité réglementaire n’est pas un frein, mais un avantage compétitif quand on arrive tôt
À une époque où beaucoup vendent des parts pour exister, Kiziloz a choisi de tout garder. Et ça paye. Grassement.
Son parcours rappelle que parfois, le chemin le plus long est aussi le plus solide. Et que la vraie richesse n’est pas seulement dans les chiffres, mais dans la liberté qu’ils procurent.
Alors que Nexus International continue son ascension fulgurante et que BlockDAG se positionne sur l’échiquier blockchain, une question demeure : jusqu’où ira cet entrepreneur qui refuse de plier ?
Une chose est sûre : on n’a pas fini d’entendre parler de Gurhan Kiziloz.
