Imaginez un pays qui, il y a quelques années encore, misait tout sur Bitcoin comme monnaie légale, et qui aujourd’hui transforme ses petites entreprises en opportunités d’investissement mondiales grâce à la blockchain. C’est exactement ce que fait El Salvador en ce début 2026 avec un projet ambitieux : attirer 100 millions de dollars d’investissements étrangers vers ses PME via des parts d’entreprise tokenisées. Une initiative qui fait beaucoup parler et qui place le pays une nouvelle fois à l’avant-garde des actifs numériques en Amérique latine.

El Salvador mise gros sur la tokenisation des PME

Le 18 février 2026, l’annonce tombe : une alliance stratégique entre Corporación Infinito (COIN) et la plateforme Stakiny vise à canaliser 100 millions de dollars vers les petites et moyennes entreprises salvadoriennes. Le tout passe par des instruments financiers modernes : des equity tokens, c’est-à-dire des parts sociales d’entreprises représentées sous forme de tokens numériques sur blockchain. Une première dans la région qui pourrait bien redéfinir le financement des PME.

Mais pourquoi un tel engouement maintenant ? El Salvador n’en est pas à son coup d’essai en matière d’innovation crypto. Depuis qu’il a adopté Bitcoin comme monnaie légale en 2021, le pays multiplie les initiatives pour attirer capitaux et talents. Cette fois, l’objectif est clair : connecter les entrepreneurs locaux aux investisseurs internationaux sans passer par les circuits traditionnels souvent longs et coûteux.

Qu’est-ce que la tokenisation d’equity exactement ?

La tokenisation, c’est transformer un actif réel en jeton numérique enregistré sur une blockchain. Dans le cas présent, il s’agit d’equity, autrement dit des parts de capital d’une entreprise privée. Au lieu d’avoir un acte notarié papier ou un registre traditionnel, tout est inscrit de manière immuable sur une chaîne compatible EVM (Ethereum Virtual Machine).

Les avantages sont nombreux : transparence totale, traçabilité des transactions, possibilité de dividendes automatisés, gouvernance simplifiée et même un marché secondaire pour revendre ses parts plus facilement. Fini les longues négociations chez le notaire ou les blocages administratifs : tout se fait en quelques clics via un wallet mobile sécurisé par biométrie.

Les promesses concrètes de la tokenisation pour les PME :

  • Accès à des investisseurs du monde entier sans intermédiaires coûteux
  • Réduction drastique des frais juridiques et administratifs
  • Liquidité accrue : possibilité de vendre ses parts rapidement
  • Distribution automatique des dividendes via smart contracts
  • Meilleure traçabilité pour les audits et la conformité

Cette technologie n’est pas nouvelle, mais elle devient mature grâce à des cadres réglementaires clairs, comme celui mis en place par El Salvador. C’est là que Stakiny entre en scène.

Stakiny : la plateforme au cœur du projet

Stakiny se présente comme le hub incontournable pour la tokenisation d’equity privée. La plateforme, en cours d’autorisation complète par la Commission Nationale des Actifs Numériques (CNAD), propose une infrastructure technique robuste. Elle combine des accords d’actionnaires traditionnels avec des tokens numériques pour gérer en temps réel les tables de capitalisation, les distributions de dividendes, les votes en assemblée et même les échanges secondaires.

Ce qui distingue Stakiny, c’est son approche réglementée. Pas question ici de contourner les lois : tout est supervisé par la CNAD, l’autorité salvadorienne chargée des actifs numériques. Les entreprises passent par une analyse juridique approfondie avant tokenisation. Le résultat ? Des tokens conformes, utilisables par des investisseurs institutionnels comme particuliers.

« Nous voulons faire d’El Salvador le hub régional de la digitalisation des actifs financiers privés. »

Porte-parole de Corporación Infinito

Le partenariat avec COIN, expert en attraction d’investissements étrangers, apporte la touche commerciale. Ensemble, ils espèrent attirer des capitaux institutionnels et privés du monde entier vers des PME salvadoriennes prometteuses.

Le rôle central de la CNAD dans cette révolution

Depuis la loi sur les actifs numériques de 2023, El Salvador dispose d’un cadre clair et attractif. La CNAD joue un rôle de gardien : elle délivre les licences, supervise les opérations et garantit la protection des investisseurs. Stakiny est l’une des premières plateformes à obtenir une approbation pour la tokenisation d’equity réglementée.

Ce cadre stable attire les entreprises et les investisseurs. Contrairement à d’autres pays où la régulation reste floue ou hostile, El Salvador offre sécurité juridique et innovation technologique. Un mélange rare qui explique pourquoi tant de projets blockchain s’y installent.

Le Brésil rêve d’une réserve Bitcoin stratégique

Pendant qu’El Salvador tokenise des PME, le Brésil explore une voie différente. Un projet de loi (RESBit) propose que l’État accumule jusqu’à 1 million de BTC sur cinq ans pour constituer une réserve stratégique. Le texte prévoit aussi la suppression des taxes sur les gains en Bitcoin et la possibilité de payer certains impôts en crypto.

Si ce projet voit le jour, le Brésil deviendrait l’un des plus gros détenteurs publics de Bitcoin au monde. Une stratégie opposée à celle d’El Salvador : là où le petit pays mise sur l’économie réelle via la tokenisation, le géant sud-américain voit Bitcoin comme un actif de réserve comparable à l’or.

Points clés du projet RESBit au Brésil :

  • Acquisition progressive d’au moins 1 million BTC
  • Gestion par la Banque Centrale et le Ministère des Finances
  • Stockage en cold wallets sécurisés
  • Exonération fiscale à 100 % sur les revenus crypto
  • Paiement d’impôts fédéraux possible en Bitcoin

Cette proposition montre que l’Amérique latine reste un laboratoire d’innovation crypto, avec des approches très variées selon les pays.

L’Argentine fait machine arrière sur les wallets salariaux

À l’opposé, l’Argentine a récemment reculé. Une réforme du travail prévoyait de permettre le versement des salaires directement sur des wallets numériques (Mercado Pago, Ualá, Lemon, etc.). Face au lobbying des banques traditionnelles, cette mesure a été retirée.

Pourtant, dans un pays miné par l’inflation chronique et les restrictions bancaires, les wallets crypto et fintech ont explosé. Beaucoup d’Argentins préfèrent conserver leur pouvoir d’achat en stablecoins ou Bitcoin plutôt qu’en pesos. Le blocage de cette réforme illustre les résistances auxquelles se heurtent encore les innovations financières dans certains pays.

Pourquoi ce grand écart en Amérique latine ?

Trois pays, trois stratégies. El Salvador accélère sur la tokenisation et l’inclusion financière via blockchain. Le Brésil envisage Bitcoin comme réserve de valeur nationale. L’Argentine, malgré un écosystème fintech dynamique, reste freinée par les intérêts établis.

Ces différences s’expliquent par le contexte économique et politique de chaque nation. El Salvador, petit pays audacieux, peut expérimenter rapidement. Le Brésil, économie majeure, adopte une approche plus prudente mais ambitieuse. L’Argentine, en crise permanente, oscille entre ouverture et protectionnisme bancaire.

Quels bénéfices pour les PME salvadoriennes ?

Pour les petites entreprises locales, ce projet pourrait changer la donne. Traditionnellement, accéder à des financements importants est compliqué : banques frileuses, taux élevés, garanties exigées. Avec la tokenisation, une PME peut lever des fonds auprès d’investisseurs internationaux en échange de parts tokenisées.

  • Ouverture à des capitaux étrangers sans passer par des VC traditionnels
  • Valorisation plus juste grâce à la transparence blockchain
  • Possibilité de conserver le contrôle tout en levant des fonds
  • Création d’un écosystème local d’investissement numérique
  • Renforcement de l’image d’El Salvador comme hub fintech

Si les 100 millions de dollars sont atteints, cela pourrait créer un effet boule de neige : plus de succès → plus d’investisseurs → plus de projets tokenisés.

Les défis et risques à surveiller

Bien sûr, tout n’est pas rose. La tokenisation d’equity soulève des questions complexes : protection des investisseurs, fiscalité des dividendes, risques de piratage, volatilité si les tokens sont échangés sur des marchés secondaires. La CNAD devra jouer pleinement son rôle de régulateur pour éviter les dérives.

Il y a aussi le risque de concentration : si seuls quelques secteurs (tech, agriculture, tourisme) profitent de ces fonds, d’autres pourraient être laissés pour compte. Enfin, la dépendance à la blockchain pose la question de l’inclusion numérique : tous les entrepreneurs salvadoriens ont-ils accès à ces outils ?

Vers une nouvelle ère pour le financement en Amérique latine ?

Ce projet salvadorien pourrait inspirer d’autres pays. La tokenisation d’actifs réels (immobilier, actions privées, dettes) est en plein essor mondial. En combinant innovation technologique et cadre réglementaire clair, El Salvador se positionne comme leader régional.

Le Brésil avec sa potentielle réserve Bitcoin et l’Argentine avec son écosystème fintech montrent que la région reste un terrain fertile pour les expérimentations crypto. Reste à savoir si ces initiatives survivront aux changements politiques et aux cycles économiques.

Une chose est sûre : en 2026, l’Amérique latine ne regarde plus les cryptomonnaies comme une simple spéculation. Elle les voit comme des outils concrets pour résoudre des problèmes réels : accès au capital, protection contre l’inflation, inclusion financière. Et ça, c’est une vraie révolution.

À suivre de près dans les prochains mois : les premières entreprises tokenisées, les montants réellement levés, et les réactions des marchés internationaux. El Salvador a lancé son pari. À présent, place aux résultats.

Partager

Passionné et dévoué, je navigue sans relâche à travers les nouvelles frontières de la blockchain et des cryptomonnaies. Pour explorer les opportunités de partenariat, contactez-nous.

Laisser une réponse

Exit mobile version