Imaginez rentrer chez vous après une longue journée, ouvrir votre porte, et soudain vous retrouver plaqué au sol par des individus masqués qui exigent non pas votre argent liquide ou vos bijoux, mais vos clés privées et l’accès à votre wallet crypto. Cette scène, autrefois digne d’un film d’action futuriste, est malheureusement devenue réalité pour un nombre croissant de personnes en 2025. Les statistiques sont sans appel : les attaques physiques visant spécifiquement les détenteurs de cryptomonnaies ont augmenté de manière spectaculaire.

Ce phénomène, que la communauté anglo-saxonne appelle désormais les « wrench attacks » (littéralement « attaques à la clé à molette »), ne relève plus de cas isolés. Il s’agit d’une tendance lourde qui inquiète même les observateurs les plus aguerris du secteur. Et contre toute attente, c’est en Europe – et plus précisément en France – que cette vague de violence physique liée aux cryptos atteint son paroxysme.

Une explosion mondiale des agressions physiques pour voler des cryptos

L’année 2025 restera marquée dans les annales comme celle où la menace n’était plus seulement numérique. Les hackers traditionnels ont laissé place, dans de nombreux cas, à des criminels bien plus directs et brutaux. Selon le dernier rapport publié par CertiK, une des références mondiales en matière de sécurité blockchain, les incidents violents ont grimpé de 75 % par rapport à l’année précédente.

Cette hausse n’est pas uniforme. Certaines zones géographiques concentrent l’immense majorité des cas. L’Europe, qui représentait déjà un point chaud en 2024, a vu sa part exploser jusqu’à représenter plus de 40 % des incidents recensés à l’échelle planétaire. Un chiffre qui interpelle quand on sait que le continent ne pèse que 7 % de la population mondiale.

Quelques chiffres clés du rapport CertiK 2025 :

  • 72 attaques physiques documentées dans le monde
  • Augmentation globale de 75 % par rapport à 2024
  • Europe = 40 %+ des cas mondiaux
  • 29 incidents rien qu’en Europe
  • 19 de ces 29 cas localisés dans un seul pays

Ces données brutes dessinent déjà un constat inquiétant. Mais quand on zoome sur le pays le plus touché, le tableau devient franchement alarmant.

La France, nouveau champion du monde des « crypto-rapts »

Avec 19 attaques recensées sur les 29 européennes, la France concentre à elle seule 65,5 % des incidents violents du continent. Cela représente plus du quart des cas mondiaux (26,4 %) alors que le pays ne compte qu’environ 0,8 % de la population terrestre. En comparaison, les États-Unis, pourtant souvent montrés du doigt pour leur insécurité, n’ont enregistré que 8 incidents de ce type en 2025.

Comment expliquer un tel écart ? Plusieurs facteurs se combinent :

  • Une adoption crypto relativement élevée par rapport à la moyenne européenne
  • Une forte concentration de portefeuilles « chauds » et de hardware wallets chez les particuliers
  • Une médiatisation importante des plus-values crypto qui attire l’attention des délinquants
  • Une législation très restrictive sur les moyens de défense personnelle
  • Des réseaux criminels organisés qui ont identifié la cible comme particulièrement lucrative et relativement « facile »

Ces éléments cumulés font de la France un terrain de chasse privilégié pour ce nouveau type de criminalité.

« La France a enregistré, à elle seule, le plus grand nombre d’attaques au monde, dépassant même les États-Unis. »

Rapport CertiK – Analyse 2025

Les méthodes employées : de la violence pure à la torture organisée

Les « wrench attacks » ne se résument pas à un simple vol avec violence. Les criminels déploient tout un spectre de méthodes destinées à faire craquer leurs victimes le plus rapidement possible :

  • Vols à main armée directement dans la rue
  • Home-jacking (agression au domicile)
  • Enlèvements de courte ou moyenne durée
  • Extorsion sous la menace de représailles familiales
  • Séquestrations avec demandes de transfert immédiat
  • Actes de torture physiques pour obtenir les seed phrases ou mots de passe
  • Chantage à la diffusion de données personnelles ou intimes

Dans plusieurs cas documentés en 2025, les agresseurs n’hésitaient plus à utiliser des taser, des armes blanches, voire des armes à feu pour faire plier leurs victimes. Le but est simple : obtenir le transfert des fonds avant que la victime ne puisse alerter qui que ce soit ou déplacer ses avoirs vers un wallet sécurisé.

Pourquoi les cryptos attirent-elles autant ces criminels violents ?

Contrairement à l’argent liquide ou aux bijoux, les cryptomonnaies présentent plusieurs caractéristiques qui séduisent particulièrement les délinquants organisés :

  • Valeur potentiellement très élevée dans un format extrêmement compact (quelques grammes pour des millions d’euros)
  • Traçabilité partielle mais possibilité de « mixer » rapidement les fonds via certains services
  • Irreversibilité quasi-totale des transactions une fois validées
  • Absence quasi-complète de recours bancaire immédiat
  • Difficulté pour les forces de l’ordre à intervenir en temps réel sur une blockchain
  • Perception d’anonymat (même si elle est souvent illusoire)

Ces éléments font des cryptos une cible de choix : forte valeur, transfert instantané, peu de chances de récupération.

Profil type d’une victime en 2025 selon CertiK :

  • Homme, 28-45 ans
  • Réside en zone urbaine ou péri-urbaine
  • Très actif sur les réseaux sociaux crypto (Twitter/X, Telegram, Discord)
  • A déjà affiché publiquement des gains importants
  • Possède un ou plusieurs hardware wallets visibles sur photos
  • Ne prend pas ou peu de précautions d’opsec physique

Les cas les plus marquants de l’année 2025 en France

Parmi les 19 cas français documentés, plusieurs ont particulièrement choqué l’opinion publique et la communauté crypto :

  • Janvier 2025 – Paris 16e : un jeune trader de 31 ans enlevé pendant 36 heures, torturé à l’électricité pour obtenir sa seed phrase. Perte estimée : 2,8 millions € en BTC et ETH.
  • Mars 2025 – Lyon : home-jacking violent chez un couple qui venait de poster une photo de leur Ledger sur Twitter. Les agresseurs repartent avec 4 wallets hardware et forcent plusieurs transferts.
  • Juillet 2025 – Nice : tentative d’enlèvement ratée d’un influenceur crypto connu. Les assaillants voulaient le séquestrer jusqu’à ce qu’il transfère ses avoirs. L’homme s’est défendu et a pu s’échapper.
  • Octobre 2025 – Région parisienne : un septuagénaire enlevé chez lui et retenu 48 heures pour une rançon de 1,4 million en USDT. Les ravisseurs avaient suivi ses publications sur les forums crypto depuis plusieurs mois.
  • Décembre 2025 – Marseille : agression au cutter dans un parking souterrain. La victime a été forcée de donner son PIN de téléphone et l’accès à son application wallet mobile.

Ces exemples ne sont pas exhaustifs mais illustrent la diversité et la gravité croissante des méthodes employées.

Comment se protéger concrètement en 2025-2026 ?

Face à cette nouvelle menace, la sécurité ne se limite plus aux 2FA, aux portefeuilles froids et aux multisigs. Il faut désormais adopter une véritable opsec physique. Voici les mesures les plus souvent recommandées par les experts et les victimes qui s’en sont sorties :

  • Ne jamais afficher publiquement ses avoirs, même de façon « humble »
  • Éviter les photos de hardware wallets, même floutées
  • Utiliser des pseudos différents sur les réseaux sociaux et les forums
  • Ne jamais indiquer sa localisation réelle en temps réel
  • Stocker les seed phrases dans des endroits très dispersés et sécurisés (coffres, scellés chez notaire, etc.)
  • Mettre en place des « dead man switches » ou systèmes de leurre
  • Utiliser des wallets « decoy » avec de petites sommes visibles
  • Adopter la règle du « besoin de savoir » même avec ses proches
  • Envisager des solutions de garde institutionnelle pour les gros montants
  • Ne jamais répondre à des DM ou messages privés suspects
  • Installer des caméras et alarmes performantes à domicile

Ces conseils, bien que contraignants, ont prouvé leur efficacité dans de nombreux cas où les criminels ont finalement abandonné face à la complexité de l’attaque.

Vers une prise de conscience collective ?

La communauté crypto française commence doucement à réaliser l’ampleur du problème. Des groupes Telegram et Discord privés se forment pour partager des alertes et des retours d’expérience. Certains influenceurs, autrefois très « open book » sur leurs positions, adoptent désormais un profil beaucoup plus discret.

Côté autorités, les réponses restent timides. Les plaintes sont souvent classées sans suite faute d’enquête poussée sur la blockchain, et les victimes hésitent à porter plainte par peur des représailles ou par honte.

« On protège mieux un wallet avec une bonne opsec physique qu’avec le wallet le plus sécurisé du monde si tout le monde sait que vous en avez un gros. »

Un hodler anonyme français ayant échappé à une tentative en 2025

En attendant des mesures plus fermes de la part des pouvoirs publics, la responsabilité repose principalement sur les épaules des détenteurs eux-mêmes. L’année 2026 s’annonce décisive : soit la communauté s’organise et durcit drastiquement ses pratiques de sécurité physique, soit le phénomène risque de s’amplifier encore avec la hausse probable des cours et l’arrivée de nouveaux investisseurs moins conscients des risques.

Une chose est sûre : en 2026, posséder des cryptomonnaies ne signifie plus seulement maîtriser la technologie blockchain. Cela implique aussi de savoir se protéger dans le monde réel.

Et vous, avez-vous déjà modifié vos habitudes suite à cette vague d’attaques ? Partagez (prudemment) votre ressenti en commentaire.

Partager

Passionné et dévoué, je navigue sans relâche à travers les nouvelles frontières de la blockchain et des cryptomonnaies. Pour explorer les opportunités de partenariat, contactez-nous.

Laisser une réponse

Exit mobile version