Imaginez un instant : le projet de loi le plus attendu par l’industrie crypto américaine, celui qui devait enfin poser des règles claires pour tout le secteur, est soudainement mis en pause. Et celui qui a provoqué ce coup d’arrêt n’est autre que Brian Armstrong, le PDG de Coinbase, la plus grande plateforme d’échange crypto des États-Unis. Une décision choc qui a secoué Washington et relancé le débat sur l’avenir de la régulation crypto outre-Atlantique.

Nous sommes le 20 janvier 2026, le marché crypto traverse une phase de correction après un sommet historique pour le Bitcoin, et au beau milieu du Forum économique mondial de Davos, Armstrong explique calmement pourquoi il a retiré son soutien à un texte pourtant très avancé. Cette histoire n’est pas seulement une anecdote politique : elle révèle les lignes de fracture profondes entre la finance traditionnelle et l’écosystème crypto.

Pourquoi Brian Armstrong a fait capoter le projet de loi crypto

Depuis plusieurs mois, le Sénat américain travaillait sur le fameux CLARITY Act, un texte destiné à créer un cadre réglementaire clair pour les cryptomonnaies, les stablecoins et les plateformes d’échange. Le projet avait le soutien apparent de nombreux acteurs, y compris certains représentants de l’industrie. Pourtant, la semaine dernière, tout s’est arrêté net.

La raison ? Brian Armstrong a publiquement retiré le soutien de Coinbase au projet dans sa forme actuelle. Selon lui, le texte contenait trop de concessions accordées à la finance traditionnelle (la fameuse « TradFi ») au détriment des principes fondamentaux du secteur crypto.

« Ce projet de loi aurait restreint des fonctions essentielles du crypto, limité les rendements sur stablecoins, donné un accès trop large aux données financières des utilisateurs et déplacé le pouvoir réglementaire vers la SEC au détriment de la CFTC. »

Brian Armstrong, PDG de Coinbase, à Davos

Cette déclaration a eu l’effet d’une bombe. Le président du Comité bancaire du Sénat, Tim Scott, a immédiatement reporté le vote en commission qui devait avoir lieu. Un report qui, dans le calendrier parlementaire américain, peut parfois signifier la mort d’un texte pour toute une session législative.

Les points précis qui ont fait capoter le CLARITY Act

Armstrong n’a pas hésité à entrer dans les détails techniques lors de son intervention à Davos. Voici les principaux griefs qu’il a soulevés contre la dernière version du texte :

  • Restrictions importantes sur les fonctionnalités de base des protocoles décentralisés
  • Limitation voire interdiction des rendements (yields) sur les stablecoins
  • Augmentation significative des obligations de partage de données avec les autorités
  • Transfert de compétences réglementaires majeures vers la SEC plutôt que vers la CFTC
  • Avantages compétitifs accordés aux institutions financières traditionnelles

Pour le PDG de Coinbase, ces mesures n’étaient pas seulement défavorables : elles menaçaient carrément l’innovation et la compétitivité de l’industrie crypto américaine face au reste du monde.

Ce que les banques traditionnelles reprochent aux stablecoins

  • Concurrence directe sur les dépôts bancaires classiques
  • Rendements supérieurs à ceux des comptes d’épargne traditionnels
  • Absence de garantie FDIC (équivalent du FGDR en France)
  • Potentiel de désintermédiation bancaire massive

De leur côté, les lobbies bancaires estiment que les rendements offerts sur les stablecoins créent une distorsion de concurrence et exposent les épargnants à des risques non couverts. Deux visions du monde qui s’opposent frontalement.

Davos 2026 : le lieu inattendu des nouvelles négociations

Loin de Washington et de ses couloirs feutrés, c’est dans la neige de Davos que Brian Armstrong a choisi de poursuivre les discussions. Le Forum économique mondial, habituellement dédié aux grandes multinationales et aux chefs d’État, devient soudain le théâtre de tractations crypto de très haut niveau.

Armstrong multiplie les rencontres avec des dirigeants de grandes banques, des régulateurs internationaux et des responsables politiques. Son objectif affiché : obtenir un texte équilibré qui permette à la fois de protéger les consommateurs et de préserver l’innovation crypto.

« Le deal n’est pas mort », répète-t-il à qui veut l’entendre. Selon lui, 2026 reste une fenêtre réaliste pour faire passer une loi complète sur la structure du marché crypto aux États-Unis.

2025 : une année charnière pour le secteur crypto

Même si le CLARITY Act est en stand-by, Armstrong ne cache pas son optimisme global. Il qualifie 2025 d’« année exceptionnelle » pour l’industrie. Parmi les faits marquants qu’il cite :

  • Adoption du premier cadre fédéral américain pour les émetteurs de stablecoins
  • Partenariats croissants entre grandes banques et acteurs crypto (dont Coinbase)
  • Intérêt institutionnel massif pour la tokenisation d’actifs réels
  • Record historique du Bitcoin à plus de 101 000 $ en janvier 2025

Ces éléments montrent que, malgré les obstacles réglementaires, l’adoption progresse à grands pas. Le report du CLARITY Act pourrait même être perçu comme une opportunité pour obtenir un texte plus favorable à l’industrie.

« Nous voulons un terrain de jeu équitable entre la finance traditionnelle et le crypto. »

Brian Armstrong

Cette phrase résume parfaitement la posture actuelle de Coinbase : ni opposition systématique à la régulation, ni acceptation de n’importe quel cadre. Une régulation, oui, mais une régulation intelligente.

Les implications pour le marché crypto en 2026

Le report du CLARITY Act a immédiatement eu des répercussions sur les prix. Le Bitcoin, qui avait touché les 101 000 $ début janvier 2025, évoluait autour de 89 500 $ le 20 janvier 2026, soit une correction significative. Ethereum, Solana et de nombreux altcoins ont suivi la même tendance baissière.

Cette volatilité rappelle une réalité souvent oubliée : le marché crypto reste extrêmement sensible aux annonces réglementaires, surtout lorsqu’elles viennent des États-Unis, premier marché mondial en volume.

Évolution récente du Bitcoin (janvier 2025 – janvier 2026)

  • Janvier 2025 : ATH à 101 083 $
  • Mi-janvier 2026 : ~89 500 $
  • Correction d’environ -11,4 % depuis le sommet

Mais au-delà des mouvements de prix à court terme, c’est l’absence de cadre légal clair qui pèse le plus lourd sur le développement du secteur. Les entreprises hésitent à investir massivement aux États-Unis tant que les règles du jeu restent floues.

La bataille SEC vs CFTC : un enjeu central

L’un des points les plus conflictuels du CLARITY Act concernait le partage des compétences entre la Securities and Exchange Commission (SEC) et la Commodity Futures Trading Commission (CFTC).

La SEC considère la plupart des tokens comme des valeurs mobilières (securities), ce qui implique une régulation beaucoup plus lourde. La CFTC, elle, les voit comme des commodities, avec un cadre plus souple.

Armstrong et de nombreux acteurs de l’industrie militent pour que la CFTC conserve (voire récupère) une grande partie de la supervision des cryptos, estimant que son approche est plus adaptée à la nature décentralisée et innovante du secteur.

Et maintenant ? Scénarios possibles pour 2026

Plusieurs scénarios se dessinent pour les prochains mois :

  • Scénario optimiste : les négociations aboutissent à un texte révisé plus équilibré qui passe avant la fin 2026
  • Scénario intermédiaire : le sujet est reporté à la prochaine session du Congrès (2027)
  • Scénario pessimiste : absence totale de consensus et poursuite du statu quo réglementaire

Armstrong semble miser sur le premier scénario. Il multiplie les rencontres et les déclarations publiques pour maintenir la pression et montrer que l’industrie est prête à discuter de bonne foi.

De son côté, la nouvelle administration américaine (dont la position exacte sur le crypto reste encore à clarifier) observe attentivement. Certains observateurs estiment que le report du CLARITY Act pourrait même être le signe d’une volonté de repartir sur de nouvelles bases avec un texte plus ambitieux.

La tokenisation : la vraie révolution selon Armstrong

Au-delà des débats réglementaires, Brian Armstrong continue de marteler un message : la vraie disruption viendra de la tokenisation des actifs du monde réel. Immobilier, obligations, actions, œuvres d’art… tout pourrait bientôt exister sous forme de tokens sur blockchain.

Cette tokenisation permettrait une fractionalisation massive, une liquidité accrue et un accès démocratisé aux marchés qui étaient autrefois réservés aux très gros investisseurs.

« La tokenisation va transformer les marchés de capitaux comme Internet a transformé l’information. »

Brian Armstrong

Selon lui, les États-Unis ont une occasion unique de prendre une avance décisive dans ce domaine… à condition d’adopter un cadre réglementaire intelligent et non punitif.

Conclusion : un bras de fer qui pourrait redessiner l’avenir du crypto

Le bras de fer autour du CLARITY Act dépasse largement le simple report d’un vote parlementaire. Il incarne le choc entre deux visions du futur de la finance : l’une décentralisée, innovante et mondiale ; l’autre plus encadrée, traditionnelle et nationale.

Brian Armstrong a pris un risque considérable en faisant dérailler un projet soutenu par une partie de l’establishment politique. Mais ce risque pourrait s’avérer payant s’il permet d’obtenir, in fine, une loi plus favorable à l’innovation crypto.

En attendant, le secteur retient son souffle. Chaque déclaration, chaque rencontre à Davos, chaque rumeur provenant de Washington est scrutée comme un oracle par des millions d’investisseurs à travers le monde.

Une chose est sûre : l’année 2026 sera décisive pour l’avenir de la régulation crypto aux États-Unis. Et Brian Armstrong, volontairement ou non, en est devenu l’un des acteurs centraux.

À suivre de très près.

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