Imaginez un instant : vous ouvrez votre application de suivi crypto un lundi matin et découvrez que Bitcoin a perdu plus de 3 000 dollars en quelques heures seulement. Le seuil psychologique des 65 000 $ vient d’être franchi à la baisse, et une question lancinante tourne en boucle dans toutes les têtes : sommes-nous vraiment partis pour un crash sous les 60 000 dollars ?
En cette fin février 2026, le marché des cryptomonnaies traverse l’une de ses phases les plus tendues depuis plusieurs mois. Entre les annonces commerciales agressives de l’administration Trump et les rumeurs persistantes d’un conflit armé avec l’Iran, les investisseurs institutionnels comme les particuliers semblent soudainement prendre leurs distances avec les actifs risqués. Bitcoin, qui avait pourtant l’habitude d’être présenté comme une réserve de valeur alternative, ne parvient plus à jouer son rôle de refuge.
Pourquoi Bitcoin s’effondre-t-il maintenant ?
La chute actuelle n’est pas un simple soubresaut passager. Plusieurs éléments macroéconomiques et géopolitiques se combinent pour créer un cocktail particulièrement explosif pour les cryptos.
Les nouveaux tarifs douaniers de Trump : un retour en force du protectionnisme
L’administration Trump a récemment officialisé une taxe additionnelle de 10 % sur les importations en provenance de tous les pays, sauf exemptions spécifiques. Si ce taux peut paraître modéré comparé aux 15 % initialement redoutés, il n’en reste pas moins un signal fort : Washington repart en guerre commerciale ouverte.
Les traders se souviennent encore très bien du précédent épisode. Au printemps 2025, lorsque les droits de douane sur la Chine avaient atteint 145 %, la capitalisation totale du marché crypto avait fondu de 20 % en moins de deux mois. Bitcoin avait alors perdu près de 28 % en quelques semaines. L’histoire semble se répéter, avec un léger décalage dans les chiffres, mais la même mécanique.
Ce que les investisseurs craignent le plus :
- ralentissement du commerce mondial
- hausse de l’inflation importée aux États-Unis
- réduction des marges des entreprises technologiques dépendantes des chaînes asiatiques
- fuite vers des actifs perçus comme plus sûrs (obligations d’État, or physique)
Dans cet environnement, Bitcoin se retrouve logiquement sanctionné, car il reste perçu comme un actif hautement corrélé aux indices actions technologiques.
Tensions USA-Iran : quand la géopolitique reprend le dessus
Le 19 février 2026, un message publié sur Truth Social par le président américain a fait l’effet d’une bombe : menace explicite d’une action militaire contre l’Iran dans les dix jours suivants si certaines conditions n’étaient pas remplies. Même si ce type de rhétorique fait désormais partie du paysage politique, les marchés détestent l’incertitude.
« Bitcoin n’est pas (encore) un actif refuge. Quand le monde tremble, il tremble avec les actions. »
Trader anonyme sur X – février 2026
Pendant ce temps, l’or physique et certaines devises refuge (yen japonais, franc suisse) affichent des performances bien plus solides. Bitcoin, lui, continue de corriger, confirmant que son statut de « or numérique » reste très contesté dans les moments de vraie panique géopolitique.
Liquidations massives et psychologie de marché
En seulement douze heures, plus de 218 millions de dollars de positions longues ont été liquidées sur les plateformes de dérivés. Sur 24 heures, le total des liquidations crypto dépasse les 369 millions, dont environ 152 millions concernent directement Bitcoin.
Ces cascades de liquidations amplifient mécaniquement la baisse : les stops-loss placés juste sous les 65 000 $ se déclenchent en série, créant un effet boule de neige. C’est exactement ce que les bears espéraient pour reprendre le contrôle.
Les ETF Bitcoin spot n’ont pas tenu leur rôle de stabilisateur
Depuis leur lancement, les ETF spot Bitcoin étaient présentés comme le pont qui allait faire entrer massivement les capitaux institutionnels. Pourtant, lundi dernier, ces véhicules ont enregistré 203,8 millions de dollars de sorties nettes en une seule journée.
BlackRock, via son IBIT, a concentré à lui seul 116,4 millions de dollars de rachats. Ce chiffre montre que même les plus gros acteurs institutionnels préfèrent sécuriser leurs gains ou réduire leur exposition dans le contexte actuel.
Analyse technique : les signaux qui inquiètent vraiment
Sur le graphique journalier, Bitcoin dessine des figures qui font froid dans le dos aux bulls de longue date.
Le double top très classique
Deux sommets presque identiques autour des 66 400–66 500 $, suivis d’une cassure franche de la ligne de neckline vers les 64 800 $. Il s’agit là d’une figure de retournement baissier parmi les plus fiables en analyse technique classique.
En mesurant la hauteur du pattern (environ 5 200 $), on obtient un objectif théorique situé autour des 59 600–60 000 $. Autant dire que le seuil psychologique des 60 000 $ est désormais dans le viseur des vendeurs.
La MACD et l’Aroon confirment la faiblesse
L’indicateur MACD s’apprête à réaliser un nouveau croisement baissier sous la ligne zéro. Dans le même temps, l’Aroon Down affiche 100 %, signe que les vendeurs dominent totalement le marché depuis plusieurs jours.
Signaux techniques baissiers actuels :
- Double top confirmé
- Cassure du support psychologique 65 000 $
- MACD bearish crossover imminent
- Aroon Down à 100 %
- RSI en zone de survente mais sans divergence haussière
Et si les 60 000 $ cédaient ?
Les 60 000 $ constituent aujourd’hui la dernière ligne de défense significative. En cas de rupture franche, plusieurs analystes pointent la zone des 50 000–52 000 $ comme prochain objectif majeur, correspondant à un retracement Fibonacci de 0,618 depuis le creux de 2025.
Une telle correction ne serait pas inédite : Bitcoin a déjà connu des baisses de 30 à 40 % à plusieurs reprises dans ce cycle haussier. La question est désormais de savoir si le marché est prêt à encaisser une nouvelle vague de capitulation.
Que faire face à cette tempête ?
Dans un contexte aussi incertain, plusieurs stratégies coexistent selon le profil de risque de chacun.
Pour les holders long terme
Beaucoup considèrent que ces corrections font partie intégrante du cycle Bitcoin. Historiquement, les plus grosses baisses ont souvent précédé les plus forts rebonds. Accumuler patiemment lors des phases de peur reste une philosophie qui a largement fait ses preuves.
Pour les traders actifs
Attendre une confirmation de retournement haussier (reprise au-dessus des 65 000 $ avec volume) avant de repositionner long. À court terme, les ventes à découvert ou les positions short sur marge peuvent également être envisagées, avec un money management très strict.
Diversification et gestion du risque
Dans les périodes de forte corrélation comme celle que nous vivons, réduire l’exposition globale aux actifs risqués et augmenter la part d’or physique, d’obligations courtes ou de stablecoins rapporte souvent de la sérénité.
Conclusion : vigilance maximale
Bitcoin se trouve à un tournant critique. Les 60 000 $ représentent aujourd’hui le test ultime pour les bulls. Tant que ce niveau tient, il reste possible d’espérer un rebond technique vers les 68 000–70 000 $. Mais une cassure nette ouvrirait la voie à une correction bien plus profonde.
Dans l’immédiat, la combinaison de facteurs macroéconomiques (tarifs), géopolitiques (Iran) et techniques (double top + indicateurs baissiers) incite à la plus grande prudence. Le marché crypto reste jeune et émotionnel : il suffit parfois d’un seul événement déclencheur pour inverser complètement la tendance… dans un sens comme dans l’autre.
Reste à surveiller les prochaines déclarations officielles de Washington, les flux sur les ETF, et surtout le comportement du prix autour des 60 000 $. La réponse à la question « Bitcoin va-t-il vraiment crasher sous 60K$ ? » se trouve probablement dans les prochains jours.
Et vous, quel est votre scénario privilégié pour les prochaines semaines ?

