Imaginez avoir mis 79 000 dollars dans un projet inconnu en 2014, alors que le Bitcoin lui-même peinait encore à convaincre le grand public. Dix ans plus tard, cette même mise vous rapporte plus de 750 millions de dollars. Ce n’est pas une fable, c’est l’histoire bien réelle d’une des toutes premières baleines Ethereum qui vient, fin novembre 2025, de réaliser une prise de bénéfices aussi discrète que colossale.

Quand une baleine de 2014 transforme 79 000 $ en trois quarts de milliard

Le 22 novembre 2025, la firme d’analyse on-chain Lookonchain a repéré un mouvement qui a fait frissonner toute la communauté Ethereum. Une adresse dormante depuis l’ICO a transféré 12 000 ETH vers des exchanges centralisés avant de les convertir en stablecoins pour un montant rondement mené de 60 millions de dollars.

Ce qui rend l’opération vertigineuse, c’est le prix d’achat initial : 0,31 dollar l’Ether lors de la vente privée de juillet 2014. Cette adresse avait alors acquis exactement 254 000 ETH pour la modique somme de 79 000 dollars. Le retour sur investissement ? Un insolent x9 500 sur la partie vendue, et encore x9 500 sur l’ensemble du bag si elle liquidait tout aujourd’hui.

« Cette baleine vient de réaliser en une seule transaction ce que 99,9 % des investisseurs crypto ne verront jamais de leur vie. »

Lookonchain – 22 novembre 2025

Un timing qui interroge en pleine consolidation du marché

Le choix du moment n’est pas anodin. Ethereum navigue depuis plusieurs semaines dans une zone de forte volatilité, oscillant entre 4 800 $ début novembre et un point bas à 2 900 $ mi-novembre. La vente intervient alors que l’ETH tente de se stabiliser autour des 3 800-4 200 dollars, porté par le retour des entrées sur les ETF spot américains.

Beaucoup y voient un signal de prudence : les premiers investisseurs, ceux qui ont cru au projet quand Vitalik Buterin n’était encore qu’un jeune prodige de 20 ans, commencent à sécuriser des décennies de gains. Un comportement classique à l’approche des sommets historiques, mais qui contraste violemment avec le mouvement opposé observé chez d’autres très gros porteurs.

97,6 % de l’offre ETH entre les mains des 1 % les plus riches

Pendant que certains vendent, d’autres accumulent sans relâche. Les données Glassnode sont implacables : la part d’Ethereum détenue par les 1 % d’adresses les plus fournies est passée de 96,1 % il y a un an à 97,6 % aujourd’hui. C’est un record absolu depuis la création du réseau.

Évolution de la concentration d’Ethereum (Glassnode – novembre 2025)

  • Top 1 % des adresses → 97,6 % de l’offre totale
  • Top 10 adresses → 41,2 % de l’offre
  • Adresses avec plus de 10 000 ETH → en hausse de 18 % sur 12 mois
  • Adresses avec moins de 1 ETH → en baisse de 7 % sur 12 mois

Ce chiffre fait débat. Certains y voient la preuve d’une confiance inébranlable des institutionnels et des premiers croyants. D’autres, au contraire, s’inquiètent d’une centralisation croissante qui pourrait fragiliser la narrative décentralisée d’Ethereum à long terme.

Les ETF spot ETH reprennent des couleurs (et préparent le staking)

Paradoxalement, le marché institutionnel semble ignorer ces ventes de baleines historiques. Le 26 novembre, les ETF Ethereum spot américains ont enregistré 60 millions de dollars d’entrées nettes, renversant plusieurs semaines de sorties.

Surtout, BlackRock a officiellement déposé auprès de la SEC pour intégrer le staking directement dans son ETF iShares Ethereum Trust. Si approuvé, cela permettrait aux investisseurs traditionnels de percevoir les rendements du staking (actuellement ~3,2 % annuel) sans toucher aux clés privées – un game-changer potentiel.

Grayscale, Fidelity et Ark Invest ont d’ores et déjà indiqué qu’ils étudieraient des produits similaires. Le staking institutionnel pourrait injecter des dizaines de milliards de dollars de demande supplémentaire sur l’ETH dans les 12 à 24 prochains mois.

Que nous apprend cette opération sur le cycle actuel ?

Les cycles crypto sont toujours marqués par ce genre de dichotomie : une partie des « vieux riches » prend ses bénéfices pendant que de nouveaux acteurs (souvent institutionnels) entrent massivement. On l’a vu avec MicroStrategy et Bitcoin en 2021, on le revoit aujourd’hui avec BlackRock, BitMine ou Metaplanet sur Ethereum.

Le fait que la baleine n’ait vendu « que » 5 % de son stack initial montre aussi que la majorité des premiers investisseurs restent ultra-confiants. 242 000 ETH dorment encore dans ce portefeuille, soit potentiellement 950 millions de dollars au cours actuel.

Et maintenant ? Trois scénarios possibles pour Ethereum

  • Scénario haussier – Le staking dans les ETF est approuvé début 2026 → nouvelle demande institutionnelle + réduction de l’offre circulante → cible 8 000-10 000 $ d’ici fin 2026.
  • Scénario neutre/consolidation – Les ventes de vieilles baleines compensent les entrées ETF → range 3 500-5 500 $ pendant plusieurs mois.
  • Scénario baissier – Cascade de prises de bénéfices des ICO whales + ralentissement macro → retest des 2 500-2 800 $.

Pour l’instant, les indicateurs on-chain (MVRV Z-Score, flux d’exchange, réserves des validateurs) restent globalement haussiers. Mais la concentration extrême concentration de l’offre rend le marché plus sensible que jamais aux mouvements des 100-200 plus grosses adresses.

Une chose est sûre : dix ans après son ICO, Ethereum continue de créer des histoires dignes des plus grands romans financiers. Et tant que des baleines de 2014 peuvent encore transformer 79 000 dollars en presque un milliard, la magie du secteur reste intacte.

À vous de jouer maintenant : gardez-vous vos ETH pour le prochain cycle, ou prenez-vous des bénéfices partiels comme cette baleine, ou attendez-vous le staking institutionnel ? Le débat est ouvert.

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